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lundi 26 janvier 2026

Et si on remontait le fil du temps… jusqu’au Toulon médiéval ?

À 82 ans, l’historien et archéologue Henri Ribot continue de faire parler les siècles : des vestiges de La Seyne aux trésors exhumés à Ollioules, il n’a jamais cessé de chercher et de transmettre. Prochain rendez-vous : une conférence ce dimanche 25 janvier à 16h à Daudet, consacrée à « Le Moyen Âge en Provence de 1245 à 1480 ». Un événement proposé par Les Matriochkas. 

De 1261 jusqu’à la Révolution, la petite baillie royale de Toulon dépendait de la viguerie de Hyères. Un territoire vaste et stratégique, réunissant les terroirs de Toulon, Ollioules, Le Castellet, La Garde, Le Revest, La Valette, Tourris, Évenos et Six-Fours, confronté aux grands bouleversements politiques et aux aléas des guerres, au rythme de l’évolution du pouvoir comtal.

Un voyage passionnant dans l’histoire locale, jusqu’à un tournant majeur : les ordonnances de Richelieu, qui feront de Toulon le grand port de guerre français en Méditerranée.

Henri Ribot, l’archéologue qui transmet la Provence : 

Henri Ribot fait partie de ces passeurs qui donnent du relief au territoire. Ancien professeur d’histoire-géographie à Beaussier, médiéviste et historien de la Provence, archéologue depuis 1972, officier d’artillerie, il n’a jamais séparé la recherche de la transmission.

Une curiosité née très tôt, dans une ville marquée par la guerre

Chez lui, tout commence tôt. Il arrive à La Seyne à l’âge de 10 ans, dans une ville encore marquée par la guerre. Ce paysage d’après-bombardements, entre traces et vestiges, devient pour l’enfant une sorte de livre à ciel ouvert. Son amour du savoir et des contrées lointaines est aussi nourri par son frère, engagé dans la Marine nationale, qui lui offre un jour un dictionnaire illustré Larousse. « J’étais enfant, mais je l’ai lu d’une traite », se souvient-il. Un objet fondateur, qui ouvre une porte : celle d’un monde où les images, les mots et les dates deviennent des histoires à comprendre, pas seulement à apprendre.

Enseigner, transmettre, chercher : un même fil conducteur

Cette curiosité le mène vers l’enseignement : professeur d’histoire-géographie, puis chef d’établissement, tout en poursuivant en parallèle son travail d’archéologue, au plus près des traces et des sites. Une trajectoire guidée par la même idée : comprendre le passé et le rendre accessible à tous.

Un pionnier de l’archéologie préventive dans le Var

Précurseur dans le Var, devenu règle en France : dès 1978, Henri Ribot concourt à la création à Toulon du Centre archéologique du Var, chargé, sous l’autorité du ministère de la Culture, d’identifier les sites sensibles et de mener des fouilles de vérification. Entre 1982 et 1994, il participe à un vaste programme de recherches sur l’Ouest varois, couvrant treize communes. Objectif : repérer et cartographier les zones sensibles, afin que les vestiges ne disparaissent pas sous les chantiers.

Ce travail de fond a contribué à renforcer ce que l’on appelle aujourd’hui l’archéologie préventive : cette démarche qui consiste à étudier les sols avant les travaux, pour préserver la mémoire des lieux. Il raconte : « Au début, il y a eu des plaintes. Les entreprises pensaient que cela rallongerait les délais. Au final, travailler en amont permet de lancer un chantier avec la certitude qu’il ne sera pas arrêté du jour au lendemain, avec des ouvriers bloqués le temps des fouilles. Cette méthode est un gain d’argent. »

Le trésor d’Ollioules, une découverte inattendue

Parmi les souvenirs les plus marquants d’Henri Ribot, il y a cette découverte à Ollioules, sur le site de La Courtine, qu’il raconte encore avec la même émotion. « Rien ne nous indiquait que nous allions trouver cela. C’est un site qui avait déjà été fouillé. C’était une belle surprise », confie-t-il.

Lors des fouilles, l’équipe met au jour un trésor de monnaies antiques, attribuées à Marseille, vieux de plus de 2 000 ans et constitué de plusieurs milliers de pièces, toutes cachées dans les fondations des anciennes demeures.

Au-delà de la valeur numismatique, l’archéologue y voit surtout une croyance : « À cette époque, la monnaie n’était pas considérée comme quelque chose fait pour le commerce. C’était une protection.», explique-t-il, rappelant qu’elle pouvait être cachée comme un rempart symbolique contre les difficultés. Une reproduction de ce trésor est aujourd’hui visible au musée Bottin-Layet, à Ollioules, prolongeant cette histoire remontée du sol jusqu’à la mémoire collective.

« On ne peut pas arrêter d’être curieux »

À 82 ans, inutile de lui parler de retraite : Henri Ribot préfère les pirouettes. « Officiellement, c’est fait. Mais je travaille sur un ouvrage de la découverte des pièces. On ne peut pas arrêter d’être curieux ni faire taire son désir de savoir. »

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Et si on remontait le fil du temps… jusqu’au Toulon médiéval ?

À 82 ans, l’historien et archéologue Henri Ribot continue de faire parler les siècles : des vestiges de La Seyne aux trésors exhumés à Ollioules, il n’a jamais cessé de chercher et de transmettre. Prochain rendez-vous : une conférence ce dimanche 25 janvier à 16h à Daudet, consacrée à « Le Moyen Âge en Provence de 1245 à 1480 ». Un événement proposé par Les Matriochkas. 

De 1261 jusqu’à la Révolution, la petite baillie royale de Toulon dépendait de la viguerie de Hyères. Un territoire vaste et stratégique, réunissant les terroirs de Toulon, Ollioules, Le Castellet, La Garde, Le Revest, La Valette, Tourris, Évenos et Six-Fours, confronté aux grands bouleversements politiques et aux aléas des guerres, au rythme de l’évolution du pouvoir comtal.

Un voyage passionnant dans l’histoire locale, jusqu’à un tournant majeur : les ordonnances de Richelieu, qui feront de Toulon le grand port de guerre français en Méditerranée.

Henri Ribot, l’archéologue qui transmet la Provence : 

Henri Ribot fait partie de ces passeurs qui donnent du relief au territoire. Ancien professeur d’histoire-géographie à Beaussier, médiéviste et historien de la Provence, archéologue depuis 1972, officier d’artillerie, il n’a jamais séparé la recherche de la transmission.

Une curiosité née très tôt, dans une ville marquée par la guerre

Chez lui, tout commence tôt. Il arrive à La Seyne à l’âge de 10 ans, dans une ville encore marquée par la guerre. Ce paysage d’après-bombardements, entre traces et vestiges, devient pour l’enfant une sorte de livre à ciel ouvert. Son amour du savoir et des contrées lointaines est aussi nourri par son frère, engagé dans la Marine nationale, qui lui offre un jour un dictionnaire illustré Larousse. « J’étais enfant, mais je l’ai lu d’une traite », se souvient-il. Un objet fondateur, qui ouvre une porte : celle d’un monde où les images, les mots et les dates deviennent des histoires à comprendre, pas seulement à apprendre.

Enseigner, transmettre, chercher : un même fil conducteur

Cette curiosité le mène vers l’enseignement : professeur d’histoire-géographie, puis chef d’établissement, tout en poursuivant en parallèle son travail d’archéologue, au plus près des traces et des sites. Une trajectoire guidée par la même idée : comprendre le passé et le rendre accessible à tous.

Un pionnier de l’archéologie préventive dans le Var

Précurseur dans le Var, devenu règle en France : dès 1978, Henri Ribot concourt à la création à Toulon du Centre archéologique du Var, chargé, sous l’autorité du ministère de la Culture, d’identifier les sites sensibles et de mener des fouilles de vérification. Entre 1982 et 1994, il participe à un vaste programme de recherches sur l’Ouest varois, couvrant treize communes. Objectif : repérer et cartographier les zones sensibles, afin que les vestiges ne disparaissent pas sous les chantiers.

Ce travail de fond a contribué à renforcer ce que l’on appelle aujourd’hui l’archéologie préventive : cette démarche qui consiste à étudier les sols avant les travaux, pour préserver la mémoire des lieux. Il raconte : « Au début, il y a eu des plaintes. Les entreprises pensaient que cela rallongerait les délais. Au final, travailler en amont permet de lancer un chantier avec la certitude qu’il ne sera pas arrêté du jour au lendemain, avec des ouvriers bloqués le temps des fouilles. Cette méthode est un gain d’argent. »

Le trésor d’Ollioules, une découverte inattendue

Parmi les souvenirs les plus marquants d’Henri Ribot, il y a cette découverte à Ollioules, sur le site de La Courtine, qu’il raconte encore avec la même émotion. « Rien ne nous indiquait que nous allions trouver cela. C’est un site qui avait déjà été fouillé. C’était une belle surprise », confie-t-il.

Lors des fouilles, l’équipe met au jour un trésor de monnaies antiques, attribuées à Marseille, vieux de plus de 2 000 ans et constitué de plusieurs milliers de pièces, toutes cachées dans les fondations des anciennes demeures.

Au-delà de la valeur numismatique, l’archéologue y voit surtout une croyance : « À cette époque, la monnaie n’était pas considérée comme quelque chose fait pour le commerce. C’était une protection.», explique-t-il, rappelant qu’elle pouvait être cachée comme un rempart symbolique contre les difficultés. Une reproduction de ce trésor est aujourd’hui visible au musée Bottin-Layet, à Ollioules, prolongeant cette histoire remontée du sol jusqu’à la mémoire collective.

« On ne peut pas arrêter d’être curieux »

À 82 ans, inutile de lui parler de retraite : Henri Ribot préfère les pirouettes. « Officiellement, c’est fait. Mais je travaille sur un ouvrage de la découverte des pièces. On ne peut pas arrêter d’être curieux ni faire taire son désir de savoir. »

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De 1261 jusqu’à la Révolution, la petite baillie royale de Toulon dépendait de la viguerie de Hyères. Un territoire vaste et stratégique, réunissant les terroirs de Toulon, Ollioules, Le Castellet, La Garde, Le Revest, La Valette, Tourris, Évenos et Six-Fours, confronté aux grands bouleversements politiques et aux aléas des guerres, au rythme de l’évolution du pouvoir comtal.

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Henri Ribot fait partie de ces passeurs qui donnent du relief au territoire. Ancien professeur d’histoire-géographie à Beaussier, médiéviste et historien de la Provence, archéologue depuis 1972, officier d’artillerie, il n’a jamais séparé la recherche de la transmission.

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Chez lui, tout commence tôt. Il arrive à La Seyne à l’âge de 10 ans, dans une ville encore marquée par la guerre. Ce paysage d’après-bombardements, entre traces et vestiges, devient pour l’enfant une sorte de livre à ciel ouvert. Son amour du savoir et des contrées lointaines est aussi nourri par son frère, engagé dans la Marine nationale, qui lui offre un jour un dictionnaire illustré Larousse. « J’étais enfant, mais je l’ai lu d’une traite », se souvient-il. Un objet fondateur, qui ouvre une porte : celle d’un monde où les images, les mots et les dates deviennent des histoires à comprendre, pas seulement à apprendre.

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Ce travail de fond a contribué à renforcer ce que l’on appelle aujourd’hui l’archéologie préventive : cette démarche qui consiste à étudier les sols avant les travaux, pour préserver la mémoire des lieux. Il raconte : « Au début, il y a eu des plaintes. Les entreprises pensaient que cela rallongerait les délais. Au final, travailler en amont permet de lancer un chantier avec la certitude qu’il ne sera pas arrêté du jour au lendemain, avec des ouvriers bloqués le temps des fouilles. Cette méthode est un gain d’argent. »

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Parmi les souvenirs les plus marquants d’Henri Ribot, il y a cette découverte à Ollioules, sur le site de La Courtine, qu’il raconte encore avec la même émotion. « Rien ne nous indiquait que nous allions trouver cela. C’est un site qui avait déjà été fouillé. C’était une belle surprise », confie-t-il.

Lors des fouilles, l’équipe met au jour un trésor de monnaies antiques, attribuées à Marseille, vieux de plus de 2 000 ans et constitué de plusieurs milliers de pièces, toutes cachées dans les fondations des anciennes demeures.

Au-delà de la valeur numismatique, l’archéologue y voit surtout une croyance : « À cette époque, la monnaie n’était pas considérée comme quelque chose fait pour le commerce. C’était une protection.», explique-t-il, rappelant qu’elle pouvait être cachée comme un rempart symbolique contre les difficultés. Une reproduction de ce trésor est aujourd’hui visible au musée Bottin-Layet, à Ollioules, prolongeant cette histoire remontée du sol jusqu’à la mémoire collective.

« On ne peut pas arrêter d’être curieux »

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