À l’espace Malraux, une association propose aux enfants de découvrir la mécanique, l’électronique et la programmation à travers un outil aussi ludique que formateur : le robot. Depuis quatre ans, ces ateliers séduisent un nombre croissant de jeunes, attirés par une approche concrète de l’apprentissage, faite d’essais, d’erreurs et de réussites.
D’un atelier familial à près de 400 jeunes participants :
À l’origine de cette initiative, Jean-Michel Moreira, ingénieur de formation. Tout est parti d’une envie simple : transmettre ses connaissances à son fils, alors âgé de huit ans. «Les mathématiques, la science, le codage, ça peut vite devenir rébarbatif. Alors j’ai trouvé une astuce : on s’est mis à construire des robots », explique-t-il. Très rapidement, les amis du garçon se joignent à l’aventure, puis d’autres parents prennent contact. Le projet dépasse le cadre familial. « Avec les papas, on s’est dit qu’il fallait créer une association. Et voilà où nous en sommes aujourd’hui. »
L’association démarre avec une quarantaine d’enfants. Quatre ans plus tard, elle accueille près de 400 jeunes. Pour faire face à cet engouement, plusieurs niveaux ont été mis en place, avec des ateliers adaptés aux enfants dès sept ans jusqu’aux adolescents de plus de quinze ans.
L’apprentissage se fait par étapes. Les plus jeunes commencent par des robots simples, capables d’avancer lorsqu’un bouton est actionné. « Cela signifie qu’ils ont structuré un programme, intégré une condition », précise Jean-Michel Moreira. En grandissant, les projets gagnent en complexité. Les adolescents s’attaquent notamment à des robots bipèdes, un défi qui introduit des notions supplémentaires comme l’équilibre et la gravité.
Au-delà des compétences techniques, ces ateliers jouent un rôle important dans la construction de la confiance en soi. « La science, c’est l’école de la frustration. Rien ne fonctionne jamais du premier coup. On se pose des questions, on cherche, et à force d’essais, on finit par atteindre ses objectifs », résume le président.
Cette année, l’association a été invitée à participer à un concours de drones marins organisé dans l’anse du Mourillon, au mois de mai. Elle pourrait être la seule à présenter des équipes composées exclusivement de mineurs. Par ailleurs, un partenariat avec l’ISEN Toulon permet à de jeunes ingénieurs d’accompagner chaque semaine les adolescents dans la programmation et la résolution de problèmes. « C’est une façon de leur ouvrir des perspectives, de créer une passerelle vers l’avenir. Ils rencontrent des ingénieurs, ils peuvent se projeter », souligne Jean-Michel Moreira.
L’association ne manque pas d’idées pour la suite. Elle souhaite notamment organiser une compétition locale en juin, sur les plages de la ville ou dans les communes voisines, et proposer des conférences ouvertes au public autour de la programmation, de la robotique ou de l’intelligence artificielle. Mais un frein apparaît : faute de locaux disponibles, les ateliers pour adolescents du mardi soir ne pourront plus être maintenus à l’espace Malraux l’an prochain. Certains stages ont déjà été déplacés pendant les vacances et sont désormais proposés à Bandol.
Former, intégrer, puis transmettre à son tour:
Enfin, l’association joue également un rôle social. Elle accompagne des jeunes en difficulté, les forme, puis leur permet de transmettre à leur tour. En lien avec la Mission locale, certains intègrent l’association dans le cadre d’un contrat civique, afin de bénéficier d’un environnement structurant. « Ils viennent avec nous, on les forme, puis ils enseignent. L’objectif est de leur redonner confiance et de les accompagner jusqu’à un contrat d’animateur », conclut Jean-Michel Moreira.













