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vendredi 8 mai 2026

Quand Tamaris regardait vers l’Orient

À Tamaris, l’histoire de Michel Pacha continue de se lire entre villas, rocailles et vestiges d’un passé mondain tourné vers l’Orient. Pour en découvrir toute la richesse, des visites guidées sont proposées toute l’année par l’office de tourisme. Suivez le guide … 

Entre villas aux accents d’ailleurs et traces d’un passé élégant, Tamaris déroule une histoire singulière, née de la vision de Michel Pacha. À la fin du XIXᵉ siècle, séduit par ce site qui lui rappelle les rives du Bosphore, il imagine une corniche aux lignes souples, à rebours de la rigueur haussmannienne, épousant la mer comme un ruban. Originaire de Sanary et ancien capitaine au long cours, il fait fortune dans l’Empire ottoman en développant un vaste réseau de phares, financé par les droits de passage des navires. Cette réussite lui permet de concrétiser une ambition personnelle : faire de Tamaris une station balnéaire raffinée, pensée pour une clientèle aisée, organisée autour d’un château et ouverte sur la mer.

Quand Tamaris devient un lieu de villégiature prisé :  

Le contraste est alors saisissant. À quelques encablures d’une Seyne tournée vers ses chantiers navals, Tamaris attire une société élégante en quête de repos. Les frères Lumière ou encore Gustave Eiffel y séjournent. Le casino devient le cœur de cette vie mondaine, entre dîners, spectacles et soirées prolongées.

Une villa entre rêve et drame :  

Parmi les projets les plus ambitieux figure la Villa Tamaris. Édifiée à partir de 1890, elle devait être la plus imposante du domaine. Avec ses 3 700 m², elle illustre l’éclectisme architectural de l’époque, mêlant influences méditerranéennes, toscanes et orientales. Mais derrière cette ambition, l’histoire bascule brutalement. Restée inachevée, la villa voit son chantier interrompu en 1893, après un drame familial. Cette année-là, l’épouse de Michel Pacha, Augustine-Élodie, est assassinée au cimetière de Sanary, alors qu’elle se recueillait sur la tombe de leurs enfants disparus. « On est face à une histoire à la fois brillante et profondément tragique. La villa reste comme suspendue, figée dans ces drames familiaux », souligne le conférencier Martin Grange. Longtemps laissée en l’état, elle est finalement réhabilitée par la ville en 1991, avant d’ouvrir en 1995 comme centre d’art contemporain.

Un patrimoine toujours visible :

 Si le château, autrefois situé face au port du Manteau, a disparu, d’autres éléments témoignent encore de cette époque : le kiosque, la chapelle, la maison du gardien ou encore les rocailles, très en vogue à la fin du XIXᵉ siècle. On en dénombre près d’une soixantaine dans le quartier. Et dans les hauteurs, au-delà des façades d’inspiration orientale, c’est tout un mélange de styles qui se révèle :  « On découvre un ensemble étonnant : italien, alpin, méditerranéen… Tamaris est un véritable catalogue architectural à ciel ouvert », explique Martin Grange. Si les villas construites à l’époque de Michel Pacha sont encore visibles, la famille s’en est progressivement séparée. Une seule demeure fait exception : celle offerte autrefois à son cocher, toujours habitée par ses descendants, comme un lien vivant entre passé et présent. À travers ses visites, Martin Grange propose une immersion sensible dans l’histoire de Tamaris, entre mémoire, architecture et récits méconnus, révélant un quartier où chaque détail raconte encore un fragment d’histoire.

Prochaines visites  28 mai, de 9h30 à 11h30. Tarif : 11 € adultes, 4 € enfants. Inscription au 04 94 07 02 21. Infos : www.provencemed.com

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Quand Tamaris regardait vers l’Orient

À Tamaris, l’histoire de Michel Pacha continue de se lire entre villas, rocailles et vestiges d’un passé mondain tourné vers l’Orient. Pour en découvrir toute la richesse, des visites guidées sont proposées toute l’année par l’office de tourisme. Suivez le guide … 

Entre villas aux accents d’ailleurs et traces d’un passé élégant, Tamaris déroule une histoire singulière, née de la vision de Michel Pacha. À la fin du XIXᵉ siècle, séduit par ce site qui lui rappelle les rives du Bosphore, il imagine une corniche aux lignes souples, à rebours de la rigueur haussmannienne, épousant la mer comme un ruban. Originaire de Sanary et ancien capitaine au long cours, il fait fortune dans l’Empire ottoman en développant un vaste réseau de phares, financé par les droits de passage des navires. Cette réussite lui permet de concrétiser une ambition personnelle : faire de Tamaris une station balnéaire raffinée, pensée pour une clientèle aisée, organisée autour d’un château et ouverte sur la mer.

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Le contraste est alors saisissant. À quelques encablures d’une Seyne tournée vers ses chantiers navals, Tamaris attire une société élégante en quête de repos. Les frères Lumière ou encore Gustave Eiffel y séjournent. Le casino devient le cœur de cette vie mondaine, entre dîners, spectacles et soirées prolongées.

Une villa entre rêve et drame :  

Parmi les projets les plus ambitieux figure la Villa Tamaris. Édifiée à partir de 1890, elle devait être la plus imposante du domaine. Avec ses 3 700 m², elle illustre l’éclectisme architectural de l’époque, mêlant influences méditerranéennes, toscanes et orientales. Mais derrière cette ambition, l’histoire bascule brutalement. Restée inachevée, la villa voit son chantier interrompu en 1893, après un drame familial. Cette année-là, l’épouse de Michel Pacha, Augustine-Élodie, est assassinée au cimetière de Sanary, alors qu’elle se recueillait sur la tombe de leurs enfants disparus. « On est face à une histoire à la fois brillante et profondément tragique. La villa reste comme suspendue, figée dans ces drames familiaux », souligne le conférencier Martin Grange. Longtemps laissée en l’état, elle est finalement réhabilitée par la ville en 1991, avant d’ouvrir en 1995 comme centre d’art contemporain.

Un patrimoine toujours visible :

 Si le château, autrefois situé face au port du Manteau, a disparu, d’autres éléments témoignent encore de cette époque : le kiosque, la chapelle, la maison du gardien ou encore les rocailles, très en vogue à la fin du XIXᵉ siècle. On en dénombre près d’une soixantaine dans le quartier. Et dans les hauteurs, au-delà des façades d’inspiration orientale, c’est tout un mélange de styles qui se révèle :  « On découvre un ensemble étonnant : italien, alpin, méditerranéen… Tamaris est un véritable catalogue architectural à ciel ouvert », explique Martin Grange. Si les villas construites à l’époque de Michel Pacha sont encore visibles, la famille s’en est progressivement séparée. Une seule demeure fait exception : celle offerte autrefois à son cocher, toujours habitée par ses descendants, comme un lien vivant entre passé et présent. À travers ses visites, Martin Grange propose une immersion sensible dans l’histoire de Tamaris, entre mémoire, architecture et récits méconnus, révélant un quartier où chaque détail raconte encore un fragment d’histoire.

Prochaines visites  28 mai, de 9h30 à 11h30. Tarif : 11 € adultes, 4 € enfants. Inscription au 04 94 07 02 21. Infos : www.provencemed.com

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Entre villas aux accents d’ailleurs et traces d’un passé élégant, Tamaris déroule une histoire singulière, née de la vision de Michel Pacha. À la fin du XIXᵉ siècle, séduit par ce site qui lui rappelle les rives du Bosphore, il imagine une corniche aux lignes souples, à rebours de la rigueur haussmannienne, épousant la mer comme un ruban. Originaire de Sanary et ancien capitaine au long cours, il fait fortune dans l’Empire ottoman en développant un vaste réseau de phares, financé par les droits de passage des navires. Cette réussite lui permet de concrétiser une ambition personnelle : faire de Tamaris une station balnéaire raffinée, pensée pour une clientèle aisée, organisée autour d’un château et ouverte sur la mer.

Quand Tamaris devient un lieu de villégiature prisé :  

Le contraste est alors saisissant. À quelques encablures d’une Seyne tournée vers ses chantiers navals, Tamaris attire une société élégante en quête de repos. Les frères Lumière ou encore Gustave Eiffel y séjournent. Le casino devient le cœur de cette vie mondaine, entre dîners, spectacles et soirées prolongées.

Une villa entre rêve et drame :  

Parmi les projets les plus ambitieux figure la Villa Tamaris. Édifiée à partir de 1890, elle devait être la plus imposante du domaine. Avec ses 3 700 m², elle illustre l’éclectisme architectural de l’époque, mêlant influences méditerranéennes, toscanes et orientales. Mais derrière cette ambition, l’histoire bascule brutalement. Restée inachevée, la villa voit son chantier interrompu en 1893, après un drame familial. Cette année-là, l’épouse de Michel Pacha, Augustine-Élodie, est assassinée au cimetière de Sanary, alors qu’elle se recueillait sur la tombe de leurs enfants disparus. « On est face à une histoire à la fois brillante et profondément tragique. La villa reste comme suspendue, figée dans ces drames familiaux », souligne le conférencier Martin Grange. Longtemps laissée en l’état, elle est finalement réhabilitée par la ville en 1991, avant d’ouvrir en 1995 comme centre d’art contemporain.

Un patrimoine toujours visible :

 Si le château, autrefois situé face au port du Manteau, a disparu, d’autres éléments témoignent encore de cette époque : le kiosque, la chapelle, la maison du gardien ou encore les rocailles, très en vogue à la fin du XIXᵉ siècle. On en dénombre près d’une soixantaine dans le quartier. Et dans les hauteurs, au-delà des façades d’inspiration orientale, c’est tout un mélange de styles qui se révèle :  « On découvre un ensemble étonnant : italien, alpin, méditerranéen… Tamaris est un véritable catalogue architectural à ciel ouvert », explique Martin Grange. Si les villas construites à l’époque de Michel Pacha sont encore visibles, la famille s’en est progressivement séparée. Une seule demeure fait exception : celle offerte autrefois à son cocher, toujours habitée par ses descendants, comme un lien vivant entre passé et présent. À travers ses visites, Martin Grange propose une immersion sensible dans l’histoire de Tamaris, entre mémoire, architecture et récits méconnus, révélant un quartier où chaque détail raconte encore un fragment d’histoire.

Prochaines visites  28 mai, de 9h30 à 11h30. Tarif : 11 € adultes, 4 € enfants. Inscription au 04 94 07 02 21. Infos : www.provencemed.com

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