Récoltées au Domaine du Plan de la Mer puis commercialisées sur le marché aux fleurs de Hyères, certaines tulipes ont finalement rejoint les compositions florales du palais princier de Monaco. Une destination prestigieuse qui témoigne de la qualité de cette première production.
Lorsque les premières tulipes ont fleuri cet hiver au Domaine du Plan de la Mer, c’est tout un pan de l’histoire horticole locale qui refaisait surface. Quarante ans après avoir disparu des terres familiales, cette culture autrefois emblématique a fait son retour à Six-Fours sous l’impulsion de Gabrielle Priolio, douzième génération d’agriculteurs à exploiter le domaine.
Un pari qui, malgré une météo particulièrement difficile, semble avoir trouvé son public.

Une tradition familiale remise au goût du jour
L’an dernier, Gabrielle Priolio a repris les rênes de l’exploitation familiale dont les origines remontent à bien avant la Révolution française. Si la jeune agricultrice poursuit aujourd’hui l’activité maraîchère du domaine, elle souhaitait également renouer avec une partie de l’histoire familiale.
Pendant des décennies, fleurs et légumes cohabitaient sur ces terres. Puis, comme dans de nombreuses exploitations du Var, les cultures florales ont progressivement disparu au profit d’autres productions.
Pour faire revivre cette tradition, 10 000 bulbes de tulipes ont été plantés cet hiver sur une parcelle du domaine, marquant le retour de cette fleur à Six-Fours après près de quarante ans d’absence.
Une première saison riche en enseignements
Comme souvent dans le monde agricole, la nature a rapidement rappelé qu’elle restait la seule maîtresse du calendrier.
Les fortes pluies de la saison ont entraîné la perte d’une partie importante de la récolte.
« Ce fut une belle expérience même s’il y a eu son lot de surprises et de travers, comme toujours quand on travaille avec Dame Nature », confie Gabrielle Priolio. « Les grosses pluies nous ont surpris et nous avons perdu 40 % de la récolte. Mais cela nous a aussi permis d’apprendre. L’an prochain, nous creuserons des sillons moins profonds pour éviter que l’eau ne noie les bulbes. »
Malgré ces difficultés, l’expérience est jugée positive.

Les bouquets séduisent les habitués du domaine
Au fil des semaines, les tulipes ont rapidement trouvé leur place auprès de la clientèle du Plan de la Mer.
Beaucoup d’habitués venus acheter leurs fruits et légumes sont repartis avec un bouquet fraîchement coupé.
« Les gens qui venaient chercher leurs fruits et légumes de la semaine partaient souvent avec un bouquet. Certains revenaient même changer les fleurs toutes les trois semaines », sourit la jeune agricultrice.
Une scène qui rappelle l’époque où les habitants venaient directement chez les producteurs pour acheter des fleurs cultivées à quelques mètres seulement de leur lieu de vente.
Une qualité remarquée bien au-delà de Six-Fours
Le succès ne s’est pas limité à la vente directe. Une partie de la production a également été commercialisée sur le marché aux fleurs de Hyères.
Au fil des semaines, plusieurs professionnels ont remarqué la qualité de ces tulipes cultivées en pleine terre à Six-Fours. Certaines ont ainsi intégré des compositions florales destinées au palais princier de Monaco.
Un clin d’œil symbolique pour la famille Priolio, dont l’histoire avec les fleurs remonte à plusieurs générations.
« Dans les années 1980 et 1990, nous cultivions aussi des œillets. Chaque année, une importante commande partait même à l’Élysée », se souvient Robert Priolio.
Une production déjà appelée à grandir
Forte de cette première saison encourageante, l’exploitation ne compte pas s’arrêter là.
L’hiver prochain, 15 000 bulbes seront plantés sur le domaine, avec une dizaine de variétés différentes.
De quoi poursuivre le retour de cette culture oubliée et confirmer que, quarante ans après avoir disparu des champs six-fournais, la tulipe a peut-être retrouvé sa place au Plan de la Mer.












