Un dossier longtemps considéré comme insoluble enfin débloqué
Pendant sept ans, les automobilistes n’ont cessé de s’interroger. Conçu dès son origine pour fonctionner dans les deux sens, le pont de la Traverse de la Reppe, inauguré en 2019, est pourtant resté limité à une circulation unique de Six-Fours vers Sanary. Une situation qui rallongeait les trajets quotidiens, compliquait les déplacements des habitants et allongeait également les temps d’intervention des services de secours.
Construit pour 1,3 million d’euros en 2019, le pont n’aura nécessité qu’une intervention de 45 000 euros et trois jours de chantier pour retrouver enfin la configuration pour laquelle il avait été imaginé.
Lundi 29 juin, élus, représentants de l’État, du Département, de la Métropole Toulon Provence Méditerranée et des forces de sécurité se sont réunis pour inaugurer officiellement sa mise en double sens. Une opération réalisée en seulement trois jours de travaux, pour un coût de 45 000 euros financé intégralement par la Métropole TPM.
« Une Arlésienne » enfin résolue
Le préfet du Var, Simon Babre, n’a pas manqué d’humour pour résumer ce dossier devenu presque légendaire.

« Si Flaubert avait connu le nom de la Reppe, il l’aurait sans doute ajouté à son Dictionnaire des idées reçues. C’était devenu une Arlésienne, un marronnier. Tout le monde en parlait. Lors de l’inauguration du nouveau commissariat de Sanary, nous évoquions déjà ce dossier. Il était urgent de le débloquer. Pour les secours comme pour les forces de l’ordre, ce sens unique représentait une véritable perte de temps. »
« Sept ans de blocage pour trois mois d’action »
Pour Frédéric Boccaletti, le paradoxe est évident : un pont construit pour fonctionner dans les deux sens est finalement resté à sens unique pendant près de sept ans.

« Ce pont a été construit en 2019 pour fonctionner dans les deux sens, mais il est resté pendant sept ans en sens unique. Il aura finalement suffi de trois jours de travaux et d’une opération de 45 000 euros pour résoudre un problème qui durait depuis sept ans. »
Le député-maire estime que cette réalisation démontre qu’un dialogue entre collectivités permet parfois de débloquer rapidement des dossiers réputés complexes.
« Cette mise en double sens était attendue depuis plusieurs années. Trois mois seulement après notre installation, nous sommes heureux de voir ce projet aboutir. Cela démontre qu’avec de la volonté, du dialogue entre collectivités et le soutien de nos partenaires institutionnels, il est possible d’apporter rapidement des réponses concrètes aux préoccupations du quotidien. »
Il rappelle également les conséquences très concrètes pour les habitants.
« Beaucoup nous expliquaient qu’il leur fallait quarante-cinq minutes de train pour rejoindre Marseille, puis presque autant pour parcourir les quelques kilomètres entre Sanary et Six-Fours. Cela ne pouvait plus durer. »
Pour l’élu, ce chantier est aussi le symbole d’une nouvelle coopération entre les deux communes.
« Au-delà de l’aménagement routier, cette réalisation symbolise une nouvelle manière de travailler entre nos communes, dans l’intérêt exclusif de nos habitants. »
« Six-Fours et Sanary ne sont plus étrangères l’une à l’autre »

Même constat du côté de Philippe Héno, maire de Sanary-sur-Mer, qui voit dans cette ouverture un changement de méthode entre les deux communes.
« C’est un projet enfin débloqué. C’est une première étape vers une gestion plus intelligente du territoire. Six-Fours et Sanary ne sont plus étrangères l’une à l’autre. »
La Métropole salue « l’intérêt général »

Présent au nom de la Métropole TPM, le maire d’Ollioules, Robert Bénéventi, représentant la présidente Josée Massi, a insisté sur la rapidité avec laquelle les deux municipalités sont parvenues à un accord.
« Je suis heureux de voir que les deux maires se sont très vite mis d’accord. Lorsqu’on laisse de côté les ambitions politiques pour regarder l’intérêt général, les projets avancent. Je les félicite d’avoir eu l’audace d’ouvrir ce double sens. »
Il a également rappelé que cette évolution devra s’accompagner d’une réflexion plus large sur les déplacements autour de la gare SNCF d’Ollioules–Sanary.
« Beaucoup d’usagers utilisent cette gare. La question du stationnement reste entière. Il faudra que la mairie, la Région, la SNCF et la Métropole travaillent ensemble pour trouver des solutions. »
Le Département rappelle avoir anticipé cette évolution

Vice-présidente du Conseil départemental, Laetitia Quilici a rappelé que le Département avait conçu dès l’origine l’ouvrage (construit pour 1,3 million d’euros) pour qu’il puisse évoluer vers une circulation à double sens si les besoins du territoire le justifiaient.
« Le Département avait réalisé cet ouvrage en anticipant la possibilité du double sens. C’est la preuve que le Département sait être à l’écoute des communes. Nous ne sommes pas là pour figer les infrastructures, mais pour les adapter à l’évolution des besoins des territoires. »
L’intérêt général prime sur les intérêts particuliers.
Si de nombreux automobilistes devraient saluer cette mise en double sens, synonyme de trajets simplifiés et d’embouteillages réduits entre Six-Fours et Sanary, plusieurs riverains des rues concernées ont, à l’inverse, exprimé leurs inquiétudes face à l’augmentation attendue du trafic. En conclusion de l’inauguration, Frédéric Boccaletti a rappelé qu’« en politique, on ne peut jamais faire l’unanimité », mais que « l’intérêt général doit toujours primer » sur les intérêts particuliers.









