Trois policiers résistants sont morts le 21 août 1944, alors que la Libération de La Seyne semblait imminente. 82 ans plus tard, la ville leur a rendu hommage place Germain-Loro, avant de poursuivre les commémorations du 26 août.
Ils pensaient sans doute que la guerre touchait à sa fin. Elle allait pourtant encore tuer. Ce mercredi 26 août, avant de commémorer la Libération de La Seyne, la ville a rendu hommage à Xavier Franceschini, Jacques Brès et Maurice Marcoul, trois policiers résistants morts cinq jours seulement avant l’arrivée de la liberté.
La cérémonie s’est déroulée place Germain-Loro, en présence notamment du maire Dorian Munoz, du député de la circonscription Frédéric Boccaletti, d’élus, de porte-drapeaux et de représentants des autorités civiles et militaires. Face à l’assistance, le commandant de police nationale Bernard Garcia est revenu sur ces heures tragiques d’août 1944.
Quelques heures d’espoir
Le 21 août, six jours se sont écoulés depuis le débarquement de Provence. À La Seyne, une information se répand : des soldats américains auraient atteint le rond-point de la Pyrotechnie. La nouvelle laisse croire que la Libération est proche.
Au commissariat, où se retrouvent des policiers résistants, des FFI et des civils assurant les liaisons avec la Résistance, le drapeau tricolore est installé. Trois soldats allemands sont capturés. Une barricade est dressée rue Gounod.
L’espoir sera de courte durée.
Vers 17 heures, les forces allemandes attaquent le commissariat. Une grenade est lancée, les policiers ripostent et les combats se poursuivent. Pour venir à bout de ceux qui résistent encore à l’intérieur, les Allemands incendient finalement le bâtiment.
Quatre hommes se retrouvent pris au piège dans les étages : Xavier Franceschini, 30 ans, Jacques Brès, 25 ans, Maurice Marcoul, 25 ans, chef du réseau de la Résistance et de Police, et Charles Le Hir, engagé lui aussi dans la Résistance.
Du toit au peloton d’exécution
À mesure que l’incendie progresse, l’air devient irrespirable. Franceschini s’approche d’une fenêtre pour chercher de l’air. Il est abattu.
Brès, Marcoul et Le Hir réussissent à rejoindre le toit avant de tenter une descente par une gouttière. Un prêtre de l’institution Sainte-Marie intervient auprès des soldats allemands. Il leur apporte les derniers sacrements, mais ne peut empêcher l’exécution.
Jacques Brès et Maurice Marcoul sont fusillés. Charles Le Hir doit connaître le même sort. Pourtant, au moment où les coups de feu partent, un officier allemand le saisit par le bras et l’écarte. Il survivra, sera conduit au fort Napoléon et réussira à s’en évader dès la nuit suivante.
Le 26 août 1944, cinq jours après la mort des trois policiers, La Seyne est finalement libérée.
Une chronologie qui explique pourquoi, 82 ans plus tard, leur souvenir reste associé aux cérémonies de la Libération.

« Le sacrifice de nos collègues seynois est un de ces multiples témoignages qu’au sein de notre institution agissent des fonctionnaires courageux et déterminés, capables d’aller au bout de leur action jusqu’à y laisser leur vie », a souligné Bernard Garcia au cours de la cérémonie.
Le commandant a également inscrit cet hommage dans une mémoire plus large, celle des policiers morts depuis dans l’exercice de leurs fonctions. Des hommes séparés par les époques et les circonstances, mais dont le combat avait, selon ses mots, une origine commune : « la lutte pour la défense de nos libertés ».
Une liberté que La Seyne célébrait ce 26 août, après avoir commencé par se souvenir de ceux qui étaient tombés à seulement quelques jours de pouvoir la retrouver.









