Le projet culturel de la Villa Simone ne verra pas le jour sous la forme imaginée par la précédente municipalité. Frédéric Boccaletti a annoncé l’abandon de l’auditorium de 500 places, tout en maintenant la construction d’un nouveau conservatoire. La demeure, elle, doit être préservée et pourrait devenir une « maison de la Provence ». Un nouveau chapitre pour cet ancien hameau autrefois entouré de vignes.
Des vignes, plusieurs maisons et un hameau qui ne formait pas encore la Villa Simone telle qu’on la connaît aujourd’hui. Près de deux siècles plus tard, c’est aussi au nom de cette identité que le devenir du site s’est invité au conseil municipal.
Interrogé sur le projet culturel engagé sous la précédente mandature, le maire Frédéric Boccaletti a confirmé l’abandon de l’auditorium de 500 places qui devait accompagner le nouveau conservatoire métropolitain.
Pour expliquer son choix, l’élu a fait diffuser devant l’assemblée les images du projet architectural retenu. « Vous pouvez voir que la Villa Simone telle qu’on la connaît est totalement détruite, pour être remplacée par un bâtiment avec des cubes en bois dessus », a-t-il affirmé, avant d’insister sur le coût de l’équipement : « Rien que l’auditorium, c’est 8 millions d’euros ! »
28 millions d’euros pour l’opération globale
Portée par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), l’opération représentait une enveloppe globale annoncée de 28 millions d’euros TTC. Elle devait réunir un nouveau conservatoire de musique et de danse capable d’accueillir 450 élèves, contre près de 300 actuellement, et un auditorium modulable de 500 places.
Pour les seuls travaux, l’enveloppe prévisionnelle s’élevait à 16,5 millions d’euros HT : 7,5 millions pour le conservatoire, 8 millions pour l’auditorium et un million pour les aménagements, le parvis, les accès et les voiries.
Frédéric Boccaletti affirme avoir échangé sur l’avenir du dossier avec Josée Massi, présidente de TPM, ainsi qu’avec plusieurs maires de la Métropole. Selon lui, un accord s’est dégagé pour renoncer à l’auditorium.
Pas question, en revanche, d’abandonner le conservatoire. Le maire a indiqué avoir confirmé à Josée Massi sa volonté de maintenir cet équipement, les jeunes musiciens ayant besoin de davantage d’espace. Il serait construit dans le jardin, tandis que la Villa Simone serait préservée.
Une Villa pour raconter la Provence
C’est là que le projet prend une autre orientation. « On ne touchera pas à la Villa Simone », a assuré Frédéric Boccaletti. La demeure doit être réhabilitée et le maire envisage d’y créer une « maison de la Provence », susceptible notamment d’accueillir des associations.
Une vocation qui ne serait finalement pas étrangère à l’histoire des lieux. Bien avant d’être rattrapé par l’urbanisation six-fournaise, le domaine appartenait à un paysage rural profondément méditerranéen, largement occupé par la vigne.
L’abandon de l’auditorium doit également libérer une partie des sommes prévues pour l’opération. Frédéric Boccaletti entend qu’elles servent à d’autres investissements : « Comptez sur moi pour que les fonds initialement prévus soient réorientés pour d’autres projets dans l’intérêt des Six-Fournais », a-t-il déclaré.
Vialatte conteste la « destruction » de la Villa
Reste que la présentation du précédent projet par le nouveau maire est contestée.
Contacté par Var-Matin après le conseil municipal, l’ancien maire Jean-Sébastien Vialatte assure que la demeure n’avait pas vocation à disparaître. « L’architecte qui avait été retenu prévoyait de conserver l’entièreté des façades de la Villa Simone », explique-t-il. L’intérieur devait en revanche être réaménagé, notamment en raison de sa succession de petites pièces et d’escaliers.
Le désaccord porte donc moins sur l’intérêt patrimonial de la Villa que sur la manière de le préserver. Frédéric Boccaletti considère que le projet architectural aurait fait disparaître la Villa Simone telle qu’on la connaît ; Jean-Sébastien Vialatte affirme que ses façades devaient être intégralement conservées.
Du hameau Simon à la Villa Simone
Et l’histoire apporte à ce débat un curieux écho. Car cette Villa que l’on cherche aujourd’hui à préserver n’a elle-même pas toujours ressemblé à une seule demeure.
Au XIXe siècle, il faut imaginer à cet endroit le hameau Simon, plusieurs maisons posées dans un paysage où la vigne dominait largement. Trois demeures y sont notamment recensées comme résidences secondaires, appartenant à un cordonnier et à deux notables de la famille Étienne.
Au fil des acquisitions et des transmissions familiales, les différentes propriétés sont progressivement réunies. Émile Gérard, époux de Juliette Paul, participe à l’aménagement et à la végétalisation du domaine avant sa mort en 1938. Sa veuve poursuit ensuite son embellissement.
Des travaux réalisés au XXe siècle, notamment sur les toitures, finissent par harmoniser les différentes constructions et leur donner cette apparence de demeure unique qui caractérise aujourd’hui la Villa Simone.
Du hameau au milieu des vignes à la Villa entourée par la ville, le lieu porte donc déjà près de deux siècles de transformations. La prochaine pourrait paradoxalement consister à revenir à ses racines : faire de cette ancienne propriété six-fournaise une maison consacrée à la Provence.








