Logements pour les jeunes actifs, réparations dans les écoles, réhabilitation de la bibliothèque Armand-Gatti, préservation du hameau Pouillon et remise en culture de terrains communaux : le conseil municipal du 22 septembre a examiné plusieurs dossiers qui touchent au quotidien des Seynois. Avec, derrière les projets, des financements à mobiliser et des contreparties à négocier.
Construire de nouveaux logements tout en entretenant les équipements et le patrimoine existants. Ces deux préoccupations ont traversé le conseil municipal du 22 septembre à La Seyne-sur-Mer. Les programmes immobiliers Altavilla et Eugénie-Cotton ont notamment suscité un échange entre l’ancien maire Jo Minniti et son successeur Dorian Munoz. Mais les dossiers présentés aux élus concernaient aussi les toitures des écoles, les planchers dégradés d’une bibliothèque et l’avenir agricole de près de trois hectares communaux.
Altavilla : 41 logements pour les jeunes actifs :
Sur la friche de l’ancien magasin Altavilla, avenue Pierre-Mendès-France, Adoma prévoit une résidence de 41 logements pour jeunes actifs, composée de T1 et de T1 bis. Elle comprendra des locaux communs et un espace commercial de 140 m².
Le programme vise les jeunes de 18 à 35 ans qui rencontrent des difficultés à se loger à un prix abordable, même lorsqu’ils travaillent. Un accompagnement professionnel et social est prévu sur place. Le bâtiment, limité à deux étages avec un troisième étage partiel, doit s’inscrire en bordure d’une future place publique sur laquelle ouvrira le commerce.
La participation municipale est fixée à 140 000 euros, dont 50 000 euros pour l’acquisition du foncier et 90 000 euros pour la construction. Selon la note présentée aux élus, cette dépense doit être déduite du prélèvement versé par la commune au titre de son déficit de logements sociaux.
Le versement de la subvention est conditionné à une convention garantissant des contreparties à la Ville : des droits de réservation sur huit logements et un droit de préférence pour le local commercial.
Eugénie-Cotton : 26 logements, mais un projet revu :
Sur le terrain de l’ancienne école Eugénie-Cotton, rue François-Villon, 26 logements sociaux restent prévus. Mais pour permettre leur construction, la Ville accepte de revoir les conditions du projet.
Les logements auront des loyers plus élevés que ceux envisagés initialement. La surface des locaux mis à disposition de la commune pendant quarante ans sera également réduite, passant d’environ 900 à 180 m². La cession du terrain à Unicil pour un euro symbolique est maintenue, avec la rétrocession à la commune d’environ un tiers du terrain pour un futur aménagement d’intérêt collectif. Le reste sera cédé à Unicil pour un euro symbolique.
Selon la note municipale, la hausse des coûts de construction a fragilisé le financement du programme. Sans adaptation, les difficultés risquaient aussi de compromettre la réhabilitation de vingt logements rue d’Alsace et la construction de neuf logements rue Beaussier.
La vente du terrain reste donc conditionnée à la réalisation des opérations confiées au bailleur. Le document rappelle également qu’Unicil, ou un autre opérateur, devra réaliser 26 logements aux conditions de loyers plus modestes prévues dans les engagements de renouvellement urbain. Leur emplacement et leur calendrier ne sont pas précisés.
Lors des échanges, Jo Minniti a interrogé Dorian Munoz sur ses engagements antérieurs contre la construction de logements sociaux. Le maire a expliqué que le projet Altavilla était déjà engagé et que, pour Eugénie-Cotton, un refus aurait pu fragiliser l’ensemble du programme de rénovation urbaine.
« Nous prenons nos responsabilités », a-t-il affirmé, avant de renvoyer son prédécesseur au bilan de l’ancienne équipe : « Votre action des six dernières années m’a un peu forcé la main. L’équipe précédente m’a laissé ce cadeau ; je ne la remercie pas ! »
Des réparations urgentes dans trois écoles
L’entretien des bâtiments publics figurait également parmi les dossiers soumis au conseil. Un programme de 116 003,04 euros HT concerne les toitures de trois établissements scolaires.
À Victor-Hugo, les interventions portent sur la salle polyvalente de l’élémentaire et une toiture de la maternelle. À Lucie-Aubrac, elles concernent la toiture du centre de loisirs. À Saint-Exupéry, l’ensemble des toitures est concerné.
La note évoque des travaux urgents, comprenant des recherches de fuites. Le plan de financement prévisionnel repose à 60 % sur le Département, à 20 % sur la Métropole TPM et à 20 % sur la commune. Le dossier présenté aux élus vise notamment à solliciter un fonds de concours auprès de TPM.
À Armand-Gatti, des planchers à renforcer
À la bibliothèque de théâtre Armand-Gatti, qui dispose d’un fonds de 12 000 ouvrages, les travaux répondent notamment à un enjeu de sécurité. Les planchers sont décrits dans la note municipale comme étant « en très mauvais état ».
Le programme prévoit leur renforcement aux premier et deuxième étages, ainsi que celui de l’escalier. S’y ajoutent des reprises partielles de sols, la pose de plaques de plâtre aux plafonds, le remplacement d’une quinzaine de tuiles et des interventions sur une fenêtre, les peintures et l’éclairage.
Le coût prévisionnel atteint 165 443,46 euros HT. La commune sollicite une aide de l’État de 25 643,74 euros au titre de la Dotation de soutien à l’investissement local. Le plan de financement prévoit également une participation du Département du Var de 49 633 euros.
Préserver le hameau Pouillon
Aux Sablettes, la Ville poursuit son accompagnement à la restauration du hameau Pouillon, reconstruit au début des années 1950 par l’architecte Fernand Pouillon.
Instauré en 2014, le dispositif permet d’aider les propriétaires à rénover leur bien et les commerçants à restaurer leurs devantures et leurs enseignes, dans le respect des caractéristiques architecturales du quartier. L’objectif est de préserver ce patrimoine tout en entretenant l’attractivité des Sablettes. Une demande concernant le remplacement de l’enseigne du restaurant Le Grilladin figurait ainsi à l’ordre du jour.
Coste-Chaude : près de trois hectares à cultiver
Autre destination pour le foncier communal : l’agriculture. À Coste-Chaude, 28 821 m² doivent accueillir l’activité de la SAS L’Enregado, présidée par Isabelle Pertois.
Sa candidature a été retenue parmi cinq offres, après un second appel à manifestation d’intérêt. Selon la note municipale, une étude de la Chambre d’agriculture du Var a confirmé le potentiel agricole des terrains, classés en zone agricole au Plan local d’urbanisme.
L’exploitante souhaite y diversifier ses productions, notamment par la culture de fruits exotiques présentés dans le dossier comme adaptés aux changements climatiques.
Le bail a été signé le 1er octobre en mairie. Les conditions présentées au conseil prévoient une durée de neuf ans et un fermage de 435 euros par mois, révisé chaque année. Une exonération des trois premiers mois est prévue sous réserve d’une première phase de travaux significative.
Les documents du dossier prévoient certaines interventions à la charge de la commune, notamment des réparations du bâtiment et la pose d’une clôture. Les autres aménagements nécessaires à l’installation de l’exploitation doivent être supportés par la porteuse du projet.
Former des animateurs et soutenir les secours
Le partenariat « Parcours Jeunes Bafa » avec TPM doit faciliter l’accès des jeunes à la formation d’animateur. La commune prévoit d’accueillir les bénéficiaires pour leur stage pratique, dans la limite de ses capacités, et de favoriser leur recrutement selon les besoins de ses accueils de loisirs et du périscolaire.
Enfin, le conseil municipal a adopté à l’unanimité un vœu de soutien aux sapeurs-pompiers. Le texte demande à l’État de garantir les moyens matériels, humains et financiers nécessaires aux secours. Il encourage également les employeurs locaux à faciliter la disponibilité des salariés engagés comme pompiers volontaires.








