Une initiation au tir à l’arc, une rencontre amoureuse et la naissance d’un club : derrière les Archers seynois se dessine l’histoire de Jean-Luc Girardot et de son épouse Laure. Disparu fin 2025, le fondateur de l’association a désormais un pas de tir à son nom, au gymnase Renan.
Parfois, les plus belles histoires commencent par un hasard. Pour Jean-Luc Girardot, tout débute dans un parc d’attractions, lors d’une initiation au tir à l’arc. Conquis par cette découverte, il cherche à poursuivre la discipline près de chez lui. Faute de club à La Seyne-sur-Mer, il rejoint une association voisine. C’est là qu’il rencontre Laure, archère depuis plus de vingt ans et entraîneuse expérimentée. Une amitié se noue pendant trois ans, avant de laisser place à une histoire d’amour qui ne quittera plus les pas de tir. Alors, lorsqu’on demande à Laure ce qui avait tant séduit Jean-Luc dans cette discipline, elle répond, le sourire malicieux : « Peut-être que c’était moi ! »
Une passion commune devenue un projet de vie
Pendant dix ans, le couple partage son amour du tir à l’arc. Puis vient la retraite de Laure et, avec elle, l’envie de se lancer dans une nouvelle aventure : offrir enfin aux Seynois leur propre club. Laure met son expérience d’entraîneuse au service du projet, tandis que Jean-Luc se forme à l’arbitrage et en prend la présidence. En 2022, les Archers seynois voient le jour. « C’était notre bébé », confie Laure Acciaro, aujourd’hui trésorière de l’association. Un projet commun, certes, mais dont elle rappelle qu’il était avant tout le rêve de son mari.
Samedi, au gymnase Renan, l’émotion était palpable lorsque le maire Dorian Munoz a dévoilé la plaque baptisant le pas de tir du nom de Jean-Luc Girardot. Disparu fin 2025, le fondateur laisse derrière lui bien davantage qu’une association sportive. Dans son discours, le maire a rendu hommage à un homme généreux, bienveillant et profondément attaché aux autres. Il a notamment salué sa volonté de rendre la discipline accessible à chacun, concrétisée par la création d’une section accueillant les personnes en situation de handicap.
Bien plus qu’une discipline sportive
Aujourd’hui, les Archers seynois réunissent une quarantaine de passionnés, âgés de 9 à plus de 80 ans. Une diversité qui illustre parfaitement la philosophie de leur fondateur. « Il n’y a pas d’âge pour avoir le bon geste », souligne Hervé Perez, vice-président du club. Concentration, coordination, maîtrise des émotions ou simple plaisir de se retrouver : chacun trouve dans cette pratique une manière de s’épanouir, quel que soit son niveau.
Pour saluer la mémoire de son ami, Hervé Perez a préféré les vers aux discours. Dans un poème empreint de tendresse, il évoque celui qu’il surnomme « l’Homme Sage », sa bonté et les souvenirs qu’il laisse à ses proches. « Elle flotte au-dessus de nous, ton aura. Ton absence est présence ! » Des mots qui résonnent particulièrement pour Laure, émue de voir la Ville reconnaître l’engagement de son époux.
Un héritage entre de bonnes mains
L’histoire des Archers seynois continue désormais sans celui qui l’a initiée, mais toujours avec Laure. Entraîneuse et trésorière, elle veille sur cette association qui porte tant de leurs souvenirs. Lorsqu’on l’interroge sur son avenir au sein du club, Hervé Perez la devance aussitôt : « Elle n’a pas le choix ! » Éclats de rire complices. Laure assure qu’elle compte encore consacrer deux années à former ceux qui prendront la relève, avant de s’accorder un peu de repos.
Mais difficile d’imaginer qu’elle s’éloignera vraiment de ce lieu où tout rappelle leur histoire. Car derrière chaque flèche décochée, chaque nouvel archer accueilli et chaque sourire partagé, c’est aussi un peu du rêve de Jean-Luc qui continue de vivre. Sur ce pas de tir qui porte désormais son nom.







