20.2 C
Toulon
mercredi 28 octobre 2026
KAMBA-12
previous arrow
next arrow

Au Brusc, Mimi Dodero a laissé bien des souvenirs

Au Brusc, le nom de Mimi Dodero évoque autant les poissons fraîchement débarqués que les bouillabaisses partagées entre amis. Disparue en avril, cette figure du petit port avait consacré une grande partie de sa vie à la pêche, aux marchés et surtout aux autres. À 94 ans, son époux Léon se souvient de leur première rencontre, un soir de réveillon. Elle avait 26 ans, lui 27. De cette histoire d’amour sont nés deux enfants et quatre petits-enfants. « On a fait du bon boulot », glisse-t-il avec malice.

Une poissonnière qui aimait rire

Dans la famille Dodero, le commerce du poisson remonte à plusieurs générations. Bien avant Mimi, Berthe, la grand-mère de Léon, sillonnait les campagnes avec une brouette pour écouler la pêche. Une vieille balance conservée par le couple rappelle encore cette époque.

Mimi avait naturellement trouvé sa place dans cette tradition. Pendant que Léon prenait la mer, elle assurait la vente sur les marchés, avec une aisance que son mari reconnaît ne jamais avoir eue. « Dès qu’il fallait blaguer, elle était là. Dès qu’il fallait parler, elle était là. Dès qu’il fallait rire, elle était là », raconte-t-il. Les journées étaient parfois longues, notamment lorsqu’une pêche généreuse l’obligeait à prendre la route de la criée de Toulon dès 4 heures du matin. Mais de cette vie exigeante, elle retenait surtout le bonheur : « C’étaient des années très heureuses. »

Le jour où les champions ont goûté sa bouillabaisse

Au-delà des marchés, Mimi s’était forgé une solide réputation derrière les fourneaux. Sa spécialité ? La bouillabaisse, qu’elle préparait notamment lors des fêtes organisées autour du restaurant de sa fille, sur le quai de la Prud’homie. Les tablées pouvaient accueillir jusqu’à une centaine de convives, pas davantage : il fallait pouvoir servir tout le monde.

En 1987, sa cuisine prend même des airs de troisième mi-temps historique. Le Rugby Club Toulonnais vient de décrocher le titre de champion de France. Léon, qui avait promis une bouillabaisse à Bernard Herrero en cas de victoire, doit tenir parole. Les joueurs arrivent au Brusc en car, accompagnés du prestigieux Bouclier de Brennus. Pour les recevoir, Mimi a préparé cinq marmites ! Une fête restée gravée dans les souvenirs de Léon, amoureux de la mer autant que du ballon ovale.

À 94 ans, Léon n’a rien perdu de sa répartie

Aujourd’hui, la maison des Dodero, face aux pointus, continue de vivre au rythme du port. Chaque matin, dès 8 heures, les voisins et les habitués s’y retrouvent autour d’un café et du journal. Certains entrent même sans frapper.

Un matin récent, alors qu’une centaine de kilos de daurades viennent d’être débarqués, un ami des pêcheurs pousse la porte pour réclamer des sacs. Léon ne manque pas l’occasion : « Tu es pêcheur et tu n’as pas de sacs ? Tu n’espérais rien pêcher ? Allez, sors de là ! »

Et lorsque Toulon joue au rugby, le salon accueille ceux qui ne disposent pas de Canal+. Chacun participe à sa façon : « Il y en a un qui apporte toujours les crêpes, un autre le cidre. Et le troisième, on ne peut pas dire qu’il vienne les mains vides… parce qu’il vient toujours avec l’appétit ! »

À 94 ans, Léon a conservé cet humour qui faisait aussi le bonheur de Mimi. Une façon de perpétuer, entre amis et souvenirs, l’esprit d’une maison où la porte est toujours ouverte.

spot_img
spot_img
KAMBA-12
previous arrow
next arrow

Au Brusc, Mimi Dodero a laissé bien des souvenirs

Au Brusc, le nom de Mimi Dodero évoque autant les poissons fraîchement débarqués que les bouillabaisses partagées entre amis. Disparue en avril, cette figure du petit port avait consacré une grande partie de sa vie à la pêche, aux marchés et surtout aux autres. À 94 ans, son époux Léon se souvient de leur première rencontre, un soir de réveillon. Elle avait 26 ans, lui 27. De cette histoire d’amour sont nés deux enfants et quatre petits-enfants. « On a fait du bon boulot », glisse-t-il avec malice.

Une poissonnière qui aimait rire

Dans la famille Dodero, le commerce du poisson remonte à plusieurs générations. Bien avant Mimi, Berthe, la grand-mère de Léon, sillonnait les campagnes avec une brouette pour écouler la pêche. Une vieille balance conservée par le couple rappelle encore cette époque.

Mimi avait naturellement trouvé sa place dans cette tradition. Pendant que Léon prenait la mer, elle assurait la vente sur les marchés, avec une aisance que son mari reconnaît ne jamais avoir eue. « Dès qu’il fallait blaguer, elle était là. Dès qu’il fallait parler, elle était là. Dès qu’il fallait rire, elle était là », raconte-t-il. Les journées étaient parfois longues, notamment lorsqu’une pêche généreuse l’obligeait à prendre la route de la criée de Toulon dès 4 heures du matin. Mais de cette vie exigeante, elle retenait surtout le bonheur : « C’étaient des années très heureuses. »

Le jour où les champions ont goûté sa bouillabaisse

Au-delà des marchés, Mimi s’était forgé une solide réputation derrière les fourneaux. Sa spécialité ? La bouillabaisse, qu’elle préparait notamment lors des fêtes organisées autour du restaurant de sa fille, sur le quai de la Prud’homie. Les tablées pouvaient accueillir jusqu’à une centaine de convives, pas davantage : il fallait pouvoir servir tout le monde.

En 1987, sa cuisine prend même des airs de troisième mi-temps historique. Le Rugby Club Toulonnais vient de décrocher le titre de champion de France. Léon, qui avait promis une bouillabaisse à Bernard Herrero en cas de victoire, doit tenir parole. Les joueurs arrivent au Brusc en car, accompagnés du prestigieux Bouclier de Brennus. Pour les recevoir, Mimi a préparé cinq marmites ! Une fête restée gravée dans les souvenirs de Léon, amoureux de la mer autant que du ballon ovale.

À 94 ans, Léon n’a rien perdu de sa répartie

Aujourd’hui, la maison des Dodero, face aux pointus, continue de vivre au rythme du port. Chaque matin, dès 8 heures, les voisins et les habitués s’y retrouvent autour d’un café et du journal. Certains entrent même sans frapper.

Un matin récent, alors qu’une centaine de kilos de daurades viennent d’être débarqués, un ami des pêcheurs pousse la porte pour réclamer des sacs. Léon ne manque pas l’occasion : « Tu es pêcheur et tu n’as pas de sacs ? Tu n’espérais rien pêcher ? Allez, sors de là ! »

Et lorsque Toulon joue au rugby, le salon accueille ceux qui ne disposent pas de Canal+. Chacun participe à sa façon : « Il y en a un qui apporte toujours les crêpes, un autre le cidre. Et le troisième, on ne peut pas dire qu’il vienne les mains vides… parce qu’il vient toujours avec l’appétit ! »

À 94 ans, Léon a conservé cet humour qui faisait aussi le bonheur de Mimi. Une façon de perpétuer, entre amis et souvenirs, l’esprit d’une maison où la porte est toujours ouverte.

spot_img

Au Brusc, Mimi Dodero a laissé bien des souvenirs

Au Brusc, le nom de Mimi Dodero évoque autant les poissons fraîchement débarqués que les bouillabaisses partagées entre amis. Disparue en avril, cette figure du petit port avait consacré une grande partie de sa vie à la pêche, aux marchés et surtout aux autres. À 94 ans, son époux Léon se souvient de leur première rencontre, un soir de réveillon. Elle avait 26 ans, lui 27. De cette histoire d’amour sont nés deux enfants et quatre petits-enfants. « On a fait du bon boulot », glisse-t-il avec malice.

Une poissonnière qui aimait rire

Dans la famille Dodero, le commerce du poisson remonte à plusieurs générations. Bien avant Mimi, Berthe, la grand-mère de Léon, sillonnait les campagnes avec une brouette pour écouler la pêche. Une vieille balance conservée par le couple rappelle encore cette époque.

Mimi avait naturellement trouvé sa place dans cette tradition. Pendant que Léon prenait la mer, elle assurait la vente sur les marchés, avec une aisance que son mari reconnaît ne jamais avoir eue. « Dès qu’il fallait blaguer, elle était là. Dès qu’il fallait parler, elle était là. Dès qu’il fallait rire, elle était là », raconte-t-il. Les journées étaient parfois longues, notamment lorsqu’une pêche généreuse l’obligeait à prendre la route de la criée de Toulon dès 4 heures du matin. Mais de cette vie exigeante, elle retenait surtout le bonheur : « C’étaient des années très heureuses. »

Le jour où les champions ont goûté sa bouillabaisse

Au-delà des marchés, Mimi s’était forgé une solide réputation derrière les fourneaux. Sa spécialité ? La bouillabaisse, qu’elle préparait notamment lors des fêtes organisées autour du restaurant de sa fille, sur le quai de la Prud’homie. Les tablées pouvaient accueillir jusqu’à une centaine de convives, pas davantage : il fallait pouvoir servir tout le monde.

En 1987, sa cuisine prend même des airs de troisième mi-temps historique. Le Rugby Club Toulonnais vient de décrocher le titre de champion de France. Léon, qui avait promis une bouillabaisse à Bernard Herrero en cas de victoire, doit tenir parole. Les joueurs arrivent au Brusc en car, accompagnés du prestigieux Bouclier de Brennus. Pour les recevoir, Mimi a préparé cinq marmites ! Une fête restée gravée dans les souvenirs de Léon, amoureux de la mer autant que du ballon ovale.

À 94 ans, Léon n’a rien perdu de sa répartie

Aujourd’hui, la maison des Dodero, face aux pointus, continue de vivre au rythme du port. Chaque matin, dès 8 heures, les voisins et les habitués s’y retrouvent autour d’un café et du journal. Certains entrent même sans frapper.

Un matin récent, alors qu’une centaine de kilos de daurades viennent d’être débarqués, un ami des pêcheurs pousse la porte pour réclamer des sacs. Léon ne manque pas l’occasion : « Tu es pêcheur et tu n’as pas de sacs ? Tu n’espérais rien pêcher ? Allez, sors de là ! »

Et lorsque Toulon joue au rugby, le salon accueille ceux qui ne disposent pas de Canal+. Chacun participe à sa façon : « Il y en a un qui apporte toujours les crêpes, un autre le cidre. Et le troisième, on ne peut pas dire qu’il vienne les mains vides… parce qu’il vient toujours avec l’appétit ! »

À 94 ans, Léon a conservé cet humour qui faisait aussi le bonheur de Mimi. Une façon de perpétuer, entre amis et souvenirs, l’esprit d’une maison où la porte est toujours ouverte.

Nos derniers articles

Au Brusc, Mimi Dodero a laissé bien des souvenirs

Au Brusc, le nom de Mimi Dodero évoque autant les poissons fraîchement débarqués que les bouillabaisses partagées entre amis. Disparue en avril, cette figure du petit port avait consacré une grande partie de sa vie à la pêche, aux marchés et surtout aux autres. À 94 ans, son époux Léon se souvient de leur première rencontre, un soir de réveillon. Elle avait 26 ans, lui 27. De cette histoire d’amour sont nés deux enfants et quatre petits-enfants. « On a fait du bon boulot », glisse-t-il avec malice.

Une poissonnière qui aimait rire

Dans la famille Dodero, le commerce du poisson remonte à plusieurs générations. Bien avant Mimi, Berthe, la grand-mère de Léon, sillonnait les campagnes avec une brouette pour écouler la pêche. Une vieille balance conservée par le couple rappelle encore cette époque.

Mimi avait naturellement trouvé sa place dans cette tradition. Pendant que Léon prenait la mer, elle assurait la vente sur les marchés, avec une aisance que son mari reconnaît ne jamais avoir eue. « Dès qu’il fallait blaguer, elle était là. Dès qu’il fallait parler, elle était là. Dès qu’il fallait rire, elle était là », raconte-t-il. Les journées étaient parfois longues, notamment lorsqu’une pêche généreuse l’obligeait à prendre la route de la criée de Toulon dès 4 heures du matin. Mais de cette vie exigeante, elle retenait surtout le bonheur : « C’étaient des années très heureuses. »

Le jour où les champions ont goûté sa bouillabaisse

Au-delà des marchés, Mimi s’était forgé une solide réputation derrière les fourneaux. Sa spécialité ? La bouillabaisse, qu’elle préparait notamment lors des fêtes organisées autour du restaurant de sa fille, sur le quai de la Prud’homie. Les tablées pouvaient accueillir jusqu’à une centaine de convives, pas davantage : il fallait pouvoir servir tout le monde.

En 1987, sa cuisine prend même des airs de troisième mi-temps historique. Le Rugby Club Toulonnais vient de décrocher le titre de champion de France. Léon, qui avait promis une bouillabaisse à Bernard Herrero en cas de victoire, doit tenir parole. Les joueurs arrivent au Brusc en car, accompagnés du prestigieux Bouclier de Brennus. Pour les recevoir, Mimi a préparé cinq marmites ! Une fête restée gravée dans les souvenirs de Léon, amoureux de la mer autant que du ballon ovale.

À 94 ans, Léon n’a rien perdu de sa répartie

Aujourd’hui, la maison des Dodero, face aux pointus, continue de vivre au rythme du port. Chaque matin, dès 8 heures, les voisins et les habitués s’y retrouvent autour d’un café et du journal. Certains entrent même sans frapper.

Un matin récent, alors qu’une centaine de kilos de daurades viennent d’être débarqués, un ami des pêcheurs pousse la porte pour réclamer des sacs. Léon ne manque pas l’occasion : « Tu es pêcheur et tu n’as pas de sacs ? Tu n’espérais rien pêcher ? Allez, sors de là ! »

Et lorsque Toulon joue au rugby, le salon accueille ceux qui ne disposent pas de Canal+. Chacun participe à sa façon : « Il y en a un qui apporte toujours les crêpes, un autre le cidre. Et le troisième, on ne peut pas dire qu’il vienne les mains vides… parce qu’il vient toujours avec l’appétit ! »

À 94 ans, Léon a conservé cet humour qui faisait aussi le bonheur de Mimi. Une façon de perpétuer, entre amis et souvenirs, l’esprit d’une maison où la porte est toujours ouverte.

spot_img

Nos derniers articles

Vous aimez nos articles ?


Abonnez-vous à notre newsletter !