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mardi 21 juillet 2026
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À La Seyne-sur-Mer, la mémoire des Justes au cœur d’une cérémonie solennelle

Entre l’hommage rendu par le maire Dorian Munoz (RN) et le témoignage de Jean Huillet sur le parcours de son père, reconnu Juste parmi les Nations, la Ville a célébré celles et ceux qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie.

Drapeaux tricolores, porte-drapeaux, élus, représentants des autorités civiles et militaires, Conseil municipal des jeunes, lâcher de colombes… Ce dimanche, le parc de la Navale a accueilli la cérémonie de la Journée nationale d’hommage aux Justes de France dans une atmosphère particulièrement solennelle. Cinq allocutions (!) ont rythmé cette fin d’après-midi de recueillement organisée autour de l’œuvre monumentale de trois mètres dédiée aux Justes, érigée face à la rade. Pour Dorian Munoz (RN), il s’agissait du premier hommage aux Justes de France auquel il participait en tant que maire de La Seyne-sur-Mer.

Le souvenir des Justes comme point de départ :

Dorian Munoz a ouvert son allocution en rendant hommage à ces femmes et ces hommes qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont choisi de sauver des Juifs au péril de leur vie. «Ils auraient pu détourner le regard. Ils ont choisi le courage. Ils ont choisi l’humanité. »

Le maire a également évoqué le père de Jean Huillet, reconnu Juste parmi les Nations, en reprenant la citation du Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’Univers tout entier. » Il a enfin adressé à sa famille « toute la reconnaissance de la Ville de La Seyne-sur-Mer ».

Une lecture politique des enjeux contemporains :

Après cet hommage, le premier magistrat a inscrit son discours dans le contexte actuel. « Cet hommage n’aurait aucun sens si nous ne regardions pas notre époque avec lucidité », a-t-il déclaré, avant d’affirmer : « L’antisémitisme n’a pas disparu. Il progresse. »

Évoquant une « recrudescence inquiétante des actes antisémites », qu’il qualifie de « menace pour notre République », Dorian Munoz a également estimé que « certains discours politiques », lorsqu’ils « déguisent l’antisémitisme derrière un prétendu antisionisme », participent à banaliser « la haine des Juifs ». Sans citer de responsable politique, il a toutefois précisé : «Critiquer un État est une liberté. Désigner les Juifs comme des coupables ne l’est pas. »

Un engagement au nom de la Ville :

Revenant à ses responsabilités, Dorian Munoz a affirmé que « la protection de nos concitoyens est une priorité absolue ». Il a également assuré que La Seyne-sur-Mer « sera toujours une ville où chacun doit pouvoir vivre librement sa foi, son identité et ses convictions, sans jamais avoir peur ».

Le maire a conclu son intervention par un appel à la transmission auprès des jeunes générations, avant de résumer son message en une dernière formule : « Face à l’injustice, il existe toujours un choix. Le choix du courage. Le choix de la solidarité. Le choix de l’humanité. »

Le témoignage de Jean Huillet, héritier d’une mémoire familiale : 

Après les prises de parole officielles, la cérémonie a laissé place à un témoignage particulièrement émouvant. Celui de Jean Huillet, venu retracer le parcours de son père, Roland Huillet, reconnu Juste parmi les Nations par Yad Vashem en 2001 pour avoir sauvé plusieurs Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Longtemps, cette histoire est restée au sein de la famille. « Mon père ayant toujours refusé toute reconnaissance de ses actes, j’ai découvert les éléments du dossier à la cinquantaine passée », confie-t-il. Un silence que Jean Huillet a choisi de rompre afin de transmettre cette mémoire, « en particulier aux plus jeunes d’entre nous ».

Une amitié plus forte que la guerre : 

L’histoire remonte aux années précédant le conflit. En Algérie, Roland Huillet et Moïse Hadjadj grandissent ensemble, fréquentent la même école puis sont mobilisés dans le même régiment en 1939. Après la défaite de 1940, les deux amis sont faits prisonniers avant d’être séparés dans un camp allemand.

À Dresde, leurs conditions de détention divergent. Roland Huillet, chrétien, est affecté à la chaufferie d’un hôpital militaire, tandis que Moïse Hadjadj est envoyé dans une usine d’armement réservée aux prisonniers juifs. Malgré les dangers, Roland continue de maintenir le contact avec son ami, lui apportant de la nourriture et les informations qu’il parvient à recueillir auprès de soldats allemands ou de civils.

Sauvé au cœur du chaos :

Lorsque Dresde est ravagée par les bombardements alliés en février 1945, la situation bascule. Peu après, les prisonniers juifs sont rassemblés pour une évacuation dont beaucoup pressentent l’issue tragique. Prévenu par Roland Huillet, Moïse Hadjadj profite de la confusion pour s’échapper.

Jean Huillet raconte alors le geste décisif de son père. Celui-ci cache son ami dans une chambre de l’hôpital militaire, récupère les papiers d’identité d’un prisonnier français décédé lors des bombardements et lui permet d’endosser une nouvelle identité, celle d’un aide-soignant chrétien. Une initiative qui lui permettra d’échapper à la déportation jusqu’à la fin de la guerre.

Trois autres personnes protégées :

Le témoignage rappelle également que Roland Huillet est venu en aide à trois autres Juifs polonais : Anton Piotrowski, son épouse Ida et la sœur de cette dernière, Hanna, employés dans les cuisines de l’hôpital militaire.

« Durant des années de captivité, mon père garde le secret sur leur judaïté, les aide, leur fournit de faux documents puis organise plus tard leur fuite », rapporte Jean Huillet, soulignant que ces actes ont été accomplis au péril de sa propre vie.

Une distinction qu’il n’avait jamais recherchée : 

Après la guerre, Roland Huillet reprend une vie discrète et refuse toujours que ses actions soient mises en avant. Ce n’est que plusieurs décennies plus tard, alors que la maladie de Parkinson le fragilise, que Moïse Hadjadj entreprend des démarches auprès de Yad Vashem afin que son ancien compagnon de captivité soit officiellement reconnu Juste parmi les Nations.

Jean Huillet garde en mémoire la cérémonie de remise de la distinction. « Mon père tient, par fierté, à quitter son fauteuil roulant pour recevoir debout la distinction, soutenu par celui qui l’appelle « son frère ». »

Après cette reconnaissance, les deux hommes poursuivent leur amitié en se retrouvant régulièrement. À la mort de Roland Huillet, Moïse Hadjadj continuera pendant de longues années à fleurir sa tombe. Aujourd’hui encore, les deux amis reposent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, comme un ultime symbole d’une fraternité née bien avant la guerre et restée intacte jusqu’à la fin de leur vie.

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À La Seyne-sur-Mer, la mémoire des Justes au cœur d’une cérémonie solennelle

Entre l’hommage rendu par le maire Dorian Munoz (RN) et le témoignage de Jean Huillet sur le parcours de son père, reconnu Juste parmi les Nations, la Ville a célébré celles et ceux qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie.

Drapeaux tricolores, porte-drapeaux, élus, représentants des autorités civiles et militaires, Conseil municipal des jeunes, lâcher de colombes… Ce dimanche, le parc de la Navale a accueilli la cérémonie de la Journée nationale d’hommage aux Justes de France dans une atmosphère particulièrement solennelle. Cinq allocutions (!) ont rythmé cette fin d’après-midi de recueillement organisée autour de l’œuvre monumentale de trois mètres dédiée aux Justes, érigée face à la rade. Pour Dorian Munoz (RN), il s’agissait du premier hommage aux Justes de France auquel il participait en tant que maire de La Seyne-sur-Mer.

Le souvenir des Justes comme point de départ :

Dorian Munoz a ouvert son allocution en rendant hommage à ces femmes et ces hommes qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont choisi de sauver des Juifs au péril de leur vie. «Ils auraient pu détourner le regard. Ils ont choisi le courage. Ils ont choisi l’humanité. »

Le maire a également évoqué le père de Jean Huillet, reconnu Juste parmi les Nations, en reprenant la citation du Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’Univers tout entier. » Il a enfin adressé à sa famille « toute la reconnaissance de la Ville de La Seyne-sur-Mer ».

Une lecture politique des enjeux contemporains :

Après cet hommage, le premier magistrat a inscrit son discours dans le contexte actuel. « Cet hommage n’aurait aucun sens si nous ne regardions pas notre époque avec lucidité », a-t-il déclaré, avant d’affirmer : « L’antisémitisme n’a pas disparu. Il progresse. »

Évoquant une « recrudescence inquiétante des actes antisémites », qu’il qualifie de « menace pour notre République », Dorian Munoz a également estimé que « certains discours politiques », lorsqu’ils « déguisent l’antisémitisme derrière un prétendu antisionisme », participent à banaliser « la haine des Juifs ». Sans citer de responsable politique, il a toutefois précisé : «Critiquer un État est une liberté. Désigner les Juifs comme des coupables ne l’est pas. »

Un engagement au nom de la Ville :

Revenant à ses responsabilités, Dorian Munoz a affirmé que « la protection de nos concitoyens est une priorité absolue ». Il a également assuré que La Seyne-sur-Mer « sera toujours une ville où chacun doit pouvoir vivre librement sa foi, son identité et ses convictions, sans jamais avoir peur ».

Le maire a conclu son intervention par un appel à la transmission auprès des jeunes générations, avant de résumer son message en une dernière formule : « Face à l’injustice, il existe toujours un choix. Le choix du courage. Le choix de la solidarité. Le choix de l’humanité. »

Le témoignage de Jean Huillet, héritier d’une mémoire familiale : 

Après les prises de parole officielles, la cérémonie a laissé place à un témoignage particulièrement émouvant. Celui de Jean Huillet, venu retracer le parcours de son père, Roland Huillet, reconnu Juste parmi les Nations par Yad Vashem en 2001 pour avoir sauvé plusieurs Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Longtemps, cette histoire est restée au sein de la famille. « Mon père ayant toujours refusé toute reconnaissance de ses actes, j’ai découvert les éléments du dossier à la cinquantaine passée », confie-t-il. Un silence que Jean Huillet a choisi de rompre afin de transmettre cette mémoire, « en particulier aux plus jeunes d’entre nous ».

Une amitié plus forte que la guerre : 

L’histoire remonte aux années précédant le conflit. En Algérie, Roland Huillet et Moïse Hadjadj grandissent ensemble, fréquentent la même école puis sont mobilisés dans le même régiment en 1939. Après la défaite de 1940, les deux amis sont faits prisonniers avant d’être séparés dans un camp allemand.

À Dresde, leurs conditions de détention divergent. Roland Huillet, chrétien, est affecté à la chaufferie d’un hôpital militaire, tandis que Moïse Hadjadj est envoyé dans une usine d’armement réservée aux prisonniers juifs. Malgré les dangers, Roland continue de maintenir le contact avec son ami, lui apportant de la nourriture et les informations qu’il parvient à recueillir auprès de soldats allemands ou de civils.

Sauvé au cœur du chaos :

Lorsque Dresde est ravagée par les bombardements alliés en février 1945, la situation bascule. Peu après, les prisonniers juifs sont rassemblés pour une évacuation dont beaucoup pressentent l’issue tragique. Prévenu par Roland Huillet, Moïse Hadjadj profite de la confusion pour s’échapper.

Jean Huillet raconte alors le geste décisif de son père. Celui-ci cache son ami dans une chambre de l’hôpital militaire, récupère les papiers d’identité d’un prisonnier français décédé lors des bombardements et lui permet d’endosser une nouvelle identité, celle d’un aide-soignant chrétien. Une initiative qui lui permettra d’échapper à la déportation jusqu’à la fin de la guerre.

Trois autres personnes protégées :

Le témoignage rappelle également que Roland Huillet est venu en aide à trois autres Juifs polonais : Anton Piotrowski, son épouse Ida et la sœur de cette dernière, Hanna, employés dans les cuisines de l’hôpital militaire.

« Durant des années de captivité, mon père garde le secret sur leur judaïté, les aide, leur fournit de faux documents puis organise plus tard leur fuite », rapporte Jean Huillet, soulignant que ces actes ont été accomplis au péril de sa propre vie.

Une distinction qu’il n’avait jamais recherchée : 

Après la guerre, Roland Huillet reprend une vie discrète et refuse toujours que ses actions soient mises en avant. Ce n’est que plusieurs décennies plus tard, alors que la maladie de Parkinson le fragilise, que Moïse Hadjadj entreprend des démarches auprès de Yad Vashem afin que son ancien compagnon de captivité soit officiellement reconnu Juste parmi les Nations.

Jean Huillet garde en mémoire la cérémonie de remise de la distinction. « Mon père tient, par fierté, à quitter son fauteuil roulant pour recevoir debout la distinction, soutenu par celui qui l’appelle « son frère ». »

Après cette reconnaissance, les deux hommes poursuivent leur amitié en se retrouvant régulièrement. À la mort de Roland Huillet, Moïse Hadjadj continuera pendant de longues années à fleurir sa tombe. Aujourd’hui encore, les deux amis reposent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, comme un ultime symbole d’une fraternité née bien avant la guerre et restée intacte jusqu’à la fin de leur vie.

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À La Seyne-sur-Mer, la mémoire des Justes au cœur d’une cérémonie solennelle

Entre l’hommage rendu par le maire Dorian Munoz (RN) et le témoignage de Jean Huillet sur le parcours de son père, reconnu Juste parmi les Nations, la Ville a célébré celles et ceux qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie.

Drapeaux tricolores, porte-drapeaux, élus, représentants des autorités civiles et militaires, Conseil municipal des jeunes, lâcher de colombes… Ce dimanche, le parc de la Navale a accueilli la cérémonie de la Journée nationale d’hommage aux Justes de France dans une atmosphère particulièrement solennelle. Cinq allocutions (!) ont rythmé cette fin d’après-midi de recueillement organisée autour de l’œuvre monumentale de trois mètres dédiée aux Justes, érigée face à la rade. Pour Dorian Munoz (RN), il s’agissait du premier hommage aux Justes de France auquel il participait en tant que maire de La Seyne-sur-Mer.

Le souvenir des Justes comme point de départ :

Dorian Munoz a ouvert son allocution en rendant hommage à ces femmes et ces hommes qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont choisi de sauver des Juifs au péril de leur vie. «Ils auraient pu détourner le regard. Ils ont choisi le courage. Ils ont choisi l’humanité. »

Le maire a également évoqué le père de Jean Huillet, reconnu Juste parmi les Nations, en reprenant la citation du Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’Univers tout entier. » Il a enfin adressé à sa famille « toute la reconnaissance de la Ville de La Seyne-sur-Mer ».

Une lecture politique des enjeux contemporains :

Après cet hommage, le premier magistrat a inscrit son discours dans le contexte actuel. « Cet hommage n’aurait aucun sens si nous ne regardions pas notre époque avec lucidité », a-t-il déclaré, avant d’affirmer : « L’antisémitisme n’a pas disparu. Il progresse. »

Évoquant une « recrudescence inquiétante des actes antisémites », qu’il qualifie de « menace pour notre République », Dorian Munoz a également estimé que « certains discours politiques », lorsqu’ils « déguisent l’antisémitisme derrière un prétendu antisionisme », participent à banaliser « la haine des Juifs ». Sans citer de responsable politique, il a toutefois précisé : «Critiquer un État est une liberté. Désigner les Juifs comme des coupables ne l’est pas. »

Un engagement au nom de la Ville :

Revenant à ses responsabilités, Dorian Munoz a affirmé que « la protection de nos concitoyens est une priorité absolue ». Il a également assuré que La Seyne-sur-Mer « sera toujours une ville où chacun doit pouvoir vivre librement sa foi, son identité et ses convictions, sans jamais avoir peur ».

Le maire a conclu son intervention par un appel à la transmission auprès des jeunes générations, avant de résumer son message en une dernière formule : « Face à l’injustice, il existe toujours un choix. Le choix du courage. Le choix de la solidarité. Le choix de l’humanité. »

Le témoignage de Jean Huillet, héritier d’une mémoire familiale : 

Après les prises de parole officielles, la cérémonie a laissé place à un témoignage particulièrement émouvant. Celui de Jean Huillet, venu retracer le parcours de son père, Roland Huillet, reconnu Juste parmi les Nations par Yad Vashem en 2001 pour avoir sauvé plusieurs Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Longtemps, cette histoire est restée au sein de la famille. « Mon père ayant toujours refusé toute reconnaissance de ses actes, j’ai découvert les éléments du dossier à la cinquantaine passée », confie-t-il. Un silence que Jean Huillet a choisi de rompre afin de transmettre cette mémoire, « en particulier aux plus jeunes d’entre nous ».

Une amitié plus forte que la guerre : 

L’histoire remonte aux années précédant le conflit. En Algérie, Roland Huillet et Moïse Hadjadj grandissent ensemble, fréquentent la même école puis sont mobilisés dans le même régiment en 1939. Après la défaite de 1940, les deux amis sont faits prisonniers avant d’être séparés dans un camp allemand.

À Dresde, leurs conditions de détention divergent. Roland Huillet, chrétien, est affecté à la chaufferie d’un hôpital militaire, tandis que Moïse Hadjadj est envoyé dans une usine d’armement réservée aux prisonniers juifs. Malgré les dangers, Roland continue de maintenir le contact avec son ami, lui apportant de la nourriture et les informations qu’il parvient à recueillir auprès de soldats allemands ou de civils.

Sauvé au cœur du chaos :

Lorsque Dresde est ravagée par les bombardements alliés en février 1945, la situation bascule. Peu après, les prisonniers juifs sont rassemblés pour une évacuation dont beaucoup pressentent l’issue tragique. Prévenu par Roland Huillet, Moïse Hadjadj profite de la confusion pour s’échapper.

Jean Huillet raconte alors le geste décisif de son père. Celui-ci cache son ami dans une chambre de l’hôpital militaire, récupère les papiers d’identité d’un prisonnier français décédé lors des bombardements et lui permet d’endosser une nouvelle identité, celle d’un aide-soignant chrétien. Une initiative qui lui permettra d’échapper à la déportation jusqu’à la fin de la guerre.

Trois autres personnes protégées :

Le témoignage rappelle également que Roland Huillet est venu en aide à trois autres Juifs polonais : Anton Piotrowski, son épouse Ida et la sœur de cette dernière, Hanna, employés dans les cuisines de l’hôpital militaire.

« Durant des années de captivité, mon père garde le secret sur leur judaïté, les aide, leur fournit de faux documents puis organise plus tard leur fuite », rapporte Jean Huillet, soulignant que ces actes ont été accomplis au péril de sa propre vie.

Une distinction qu’il n’avait jamais recherchée : 

Après la guerre, Roland Huillet reprend une vie discrète et refuse toujours que ses actions soient mises en avant. Ce n’est que plusieurs décennies plus tard, alors que la maladie de Parkinson le fragilise, que Moïse Hadjadj entreprend des démarches auprès de Yad Vashem afin que son ancien compagnon de captivité soit officiellement reconnu Juste parmi les Nations.

Jean Huillet garde en mémoire la cérémonie de remise de la distinction. « Mon père tient, par fierté, à quitter son fauteuil roulant pour recevoir debout la distinction, soutenu par celui qui l’appelle « son frère ». »

Après cette reconnaissance, les deux hommes poursuivent leur amitié en se retrouvant régulièrement. À la mort de Roland Huillet, Moïse Hadjadj continuera pendant de longues années à fleurir sa tombe. Aujourd’hui encore, les deux amis reposent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, comme un ultime symbole d’une fraternité née bien avant la guerre et restée intacte jusqu’à la fin de leur vie.

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Drapeaux tricolores, porte-drapeaux, élus, représentants des autorités civiles et militaires, Conseil municipal des jeunes, lâcher de colombes… Ce dimanche, le parc de la Navale a accueilli la cérémonie de la Journée nationale d’hommage aux Justes de France dans une atmosphère particulièrement solennelle. Cinq allocutions (!) ont rythmé cette fin d’après-midi de recueillement organisée autour de l’œuvre monumentale de trois mètres dédiée aux Justes, érigée face à la rade. Pour Dorian Munoz (RN), il s’agissait du premier hommage aux Justes de France auquel il participait en tant que maire de La Seyne-sur-Mer.

Le souvenir des Justes comme point de départ :

Dorian Munoz a ouvert son allocution en rendant hommage à ces femmes et ces hommes qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont choisi de sauver des Juifs au péril de leur vie. «Ils auraient pu détourner le regard. Ils ont choisi le courage. Ils ont choisi l’humanité. »

Le maire a également évoqué le père de Jean Huillet, reconnu Juste parmi les Nations, en reprenant la citation du Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’Univers tout entier. » Il a enfin adressé à sa famille « toute la reconnaissance de la Ville de La Seyne-sur-Mer ».

Une lecture politique des enjeux contemporains :

Après cet hommage, le premier magistrat a inscrit son discours dans le contexte actuel. « Cet hommage n’aurait aucun sens si nous ne regardions pas notre époque avec lucidité », a-t-il déclaré, avant d’affirmer : « L’antisémitisme n’a pas disparu. Il progresse. »

Évoquant une « recrudescence inquiétante des actes antisémites », qu’il qualifie de « menace pour notre République », Dorian Munoz a également estimé que « certains discours politiques », lorsqu’ils « déguisent l’antisémitisme derrière un prétendu antisionisme », participent à banaliser « la haine des Juifs ». Sans citer de responsable politique, il a toutefois précisé : «Critiquer un État est une liberté. Désigner les Juifs comme des coupables ne l’est pas. »

Un engagement au nom de la Ville :

Revenant à ses responsabilités, Dorian Munoz a affirmé que « la protection de nos concitoyens est une priorité absolue ». Il a également assuré que La Seyne-sur-Mer « sera toujours une ville où chacun doit pouvoir vivre librement sa foi, son identité et ses convictions, sans jamais avoir peur ».

Le maire a conclu son intervention par un appel à la transmission auprès des jeunes générations, avant de résumer son message en une dernière formule : « Face à l’injustice, il existe toujours un choix. Le choix du courage. Le choix de la solidarité. Le choix de l’humanité. »

Le témoignage de Jean Huillet, héritier d’une mémoire familiale : 

Après les prises de parole officielles, la cérémonie a laissé place à un témoignage particulièrement émouvant. Celui de Jean Huillet, venu retracer le parcours de son père, Roland Huillet, reconnu Juste parmi les Nations par Yad Vashem en 2001 pour avoir sauvé plusieurs Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Longtemps, cette histoire est restée au sein de la famille. « Mon père ayant toujours refusé toute reconnaissance de ses actes, j’ai découvert les éléments du dossier à la cinquantaine passée », confie-t-il. Un silence que Jean Huillet a choisi de rompre afin de transmettre cette mémoire, « en particulier aux plus jeunes d’entre nous ».

Une amitié plus forte que la guerre : 

L’histoire remonte aux années précédant le conflit. En Algérie, Roland Huillet et Moïse Hadjadj grandissent ensemble, fréquentent la même école puis sont mobilisés dans le même régiment en 1939. Après la défaite de 1940, les deux amis sont faits prisonniers avant d’être séparés dans un camp allemand.

À Dresde, leurs conditions de détention divergent. Roland Huillet, chrétien, est affecté à la chaufferie d’un hôpital militaire, tandis que Moïse Hadjadj est envoyé dans une usine d’armement réservée aux prisonniers juifs. Malgré les dangers, Roland continue de maintenir le contact avec son ami, lui apportant de la nourriture et les informations qu’il parvient à recueillir auprès de soldats allemands ou de civils.

Sauvé au cœur du chaos :

Lorsque Dresde est ravagée par les bombardements alliés en février 1945, la situation bascule. Peu après, les prisonniers juifs sont rassemblés pour une évacuation dont beaucoup pressentent l’issue tragique. Prévenu par Roland Huillet, Moïse Hadjadj profite de la confusion pour s’échapper.

Jean Huillet raconte alors le geste décisif de son père. Celui-ci cache son ami dans une chambre de l’hôpital militaire, récupère les papiers d’identité d’un prisonnier français décédé lors des bombardements et lui permet d’endosser une nouvelle identité, celle d’un aide-soignant chrétien. Une initiative qui lui permettra d’échapper à la déportation jusqu’à la fin de la guerre.

Trois autres personnes protégées :

Le témoignage rappelle également que Roland Huillet est venu en aide à trois autres Juifs polonais : Anton Piotrowski, son épouse Ida et la sœur de cette dernière, Hanna, employés dans les cuisines de l’hôpital militaire.

« Durant des années de captivité, mon père garde le secret sur leur judaïté, les aide, leur fournit de faux documents puis organise plus tard leur fuite », rapporte Jean Huillet, soulignant que ces actes ont été accomplis au péril de sa propre vie.

Une distinction qu’il n’avait jamais recherchée : 

Après la guerre, Roland Huillet reprend une vie discrète et refuse toujours que ses actions soient mises en avant. Ce n’est que plusieurs décennies plus tard, alors que la maladie de Parkinson le fragilise, que Moïse Hadjadj entreprend des démarches auprès de Yad Vashem afin que son ancien compagnon de captivité soit officiellement reconnu Juste parmi les Nations.

Jean Huillet garde en mémoire la cérémonie de remise de la distinction. « Mon père tient, par fierté, à quitter son fauteuil roulant pour recevoir debout la distinction, soutenu par celui qui l’appelle « son frère ». »

Après cette reconnaissance, les deux hommes poursuivent leur amitié en se retrouvant régulièrement. À la mort de Roland Huillet, Moïse Hadjadj continuera pendant de longues années à fleurir sa tombe. Aujourd’hui encore, les deux amis reposent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, comme un ultime symbole d’une fraternité née bien avant la guerre et restée intacte jusqu’à la fin de leur vie.

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