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mercredi 1 avril 2026

À Pépiole, les Rameaux font vivre une tradition ancienne

Ce dimanche 29 mars, la petite Chapelle de Pépiole, nichée au cœur de Six-Fours-les-Plages, a accueilli les fidèles venus célébrer la fête des Rameaux.
Un rendez-vous à la fois religieux et profondément ancré dans les traditions locales.

Sous les pierres chargées d’histoire de ce site emblématique, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, rameaux d’olivier à la main, pour assister à la bénédiction précédant la messe.
Un geste simple, mais porteur d’une symbolique vieille de plus de deux mille ans.

Une fête héritée de Jérusalem

La fête des Rameaux commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem, accueilli par une foule agitant des branches de palmier en signe d’honneur.
Dans les régions méditerranéennes comme la Provence, le palmier a naturellement laissé place à l’olivier, arbre emblématique du territoire.

À Pépiole, une tradition qui traverse les siècles

À la Chapelle de Pépiole, ce moment prend une dimension particulière.
Construite dès le VIe siècle, elle est considérée comme l’un des plus anciens édifices chrétiens de la région.
Chaque célébration y résonne avec une profondeur singulière, comme un écho du passé.

Ici, la bénédiction des rameaux se fait souvent à l’extérieur, sous les oliviers, avant que les fidèles n’entrent en procession dans la chapelle.
Un rituel simple, presque hors du temps, qui rappelle les origines mêmes de la fête.

Pépiole, la chapelle qui a défié le temps : 

Discrète, presque cachée au milieu de la végétation, la chapelle Notre-Dame de Pépiole traverse les siècles comme une survivante.
Édifiée au VIe siècle, à l’époque mérovingienne, elle compte parmi les plus anciens édifices paléochrétiens encore debout en France.

Une histoire faite de menaces évitées

Invasions, pillages, abandon, projets d’aménagement…
À chaque époque, la chapelle a vacillé. Comme si son existence ne tenait qu’à un fil.

Et pourtant, à chaque fois, quelqu’un est intervenu.

Au début du XXe siècle, le danger est bien réel.
Déjà vendue à un particulier, la chapelle échappe aux protections instaurées après la loi de 1905.
En pleine Première Guerre mondiale, un projet émerge : la transformer en grange.

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Mais un homme refuse.
Jules Jonquier alerte le maire de Six-Fours, Marcelin Bérard.
Après de longues démarches, la commune rachète finalement l’édifice.
Pépiole ne deviendra pas un lieu de stockage. Elle restera un lieu de mémoire.

Une renaissance portée par un homme

Lorsqu’il découvre les lieux en 1956, le père Célestin Charlier, moine bénédictin venu de Belgique, fait face à une chapelle en ruine.

Il aurait pu passer son chemin.
Il choisit l’inverse.

Porté par une volonté de comprendre autant que de restaurer, il mobilise des dons, parfois venus de l’étranger, et redonne vie au site.
Le clocheton est reconstruit à partir d’archives anciennes.
Les vitraux, eux, sont réalisés à partir de bouteilles colorées, dessinant des scènes bibliques inattendues.

Dans le même temps, des fouilles mettent au jour des sépultures du XIIe siècle ainsi qu’un vase liturgique, témoins silencieux d’une histoire bien plus vaste.

En 1967, cette richesse est officiellement reconnue : la chapelle est classée monument historique par André Malraux.

Une statue sauvée des flammes

Mais l’épisode le plus marquant reste sans doute celui de la Révolution française.

En 1794, une foule pénètre dans la chapelle et détruit son mobilier.
Une statue de la Vierge est arrachée et jetée dans un brasier.

Tout semble perdu.

Un paysan, témoin silencieux, attend le départ des émeutiers.
Puis, au péril de ses mains, il plonge dans les flammes pour sauver la statue.
Il la cache, la protège, et transmet à ses descendants une promesse : la restituer lorsque la chapelle retrouvera sa vocation.

Il faudra plus d’un siècle.

Le 15 août 1959, jour de l’Assomption, la statue de la Vierge à l’Enfant retrouve enfin sa place à Pépiole, au moment même où le lieu renaît.

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À Pépiole, les Rameaux font vivre une tradition ancienne

Ce dimanche 29 mars, la petite Chapelle de Pépiole, nichée au cœur de Six-Fours-les-Plages, a accueilli les fidèles venus célébrer la fête des Rameaux.
Un rendez-vous à la fois religieux et profondément ancré dans les traditions locales.

Sous les pierres chargées d’histoire de ce site emblématique, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, rameaux d’olivier à la main, pour assister à la bénédiction précédant la messe.
Un geste simple, mais porteur d’une symbolique vieille de plus de deux mille ans.

Une fête héritée de Jérusalem

La fête des Rameaux commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem, accueilli par une foule agitant des branches de palmier en signe d’honneur.
Dans les régions méditerranéennes comme la Provence, le palmier a naturellement laissé place à l’olivier, arbre emblématique du territoire.

À Pépiole, une tradition qui traverse les siècles

À la Chapelle de Pépiole, ce moment prend une dimension particulière.
Construite dès le VIe siècle, elle est considérée comme l’un des plus anciens édifices chrétiens de la région.
Chaque célébration y résonne avec une profondeur singulière, comme un écho du passé.

Ici, la bénédiction des rameaux se fait souvent à l’extérieur, sous les oliviers, avant que les fidèles n’entrent en procession dans la chapelle.
Un rituel simple, presque hors du temps, qui rappelle les origines mêmes de la fête.

Pépiole, la chapelle qui a défié le temps : 

Discrète, presque cachée au milieu de la végétation, la chapelle Notre-Dame de Pépiole traverse les siècles comme une survivante.
Édifiée au VIe siècle, à l’époque mérovingienne, elle compte parmi les plus anciens édifices paléochrétiens encore debout en France.

Une histoire faite de menaces évitées

Invasions, pillages, abandon, projets d’aménagement…
À chaque époque, la chapelle a vacillé. Comme si son existence ne tenait qu’à un fil.

Et pourtant, à chaque fois, quelqu’un est intervenu.

Au début du XXe siècle, le danger est bien réel.
Déjà vendue à un particulier, la chapelle échappe aux protections instaurées après la loi de 1905.
En pleine Première Guerre mondiale, un projet émerge : la transformer en grange.

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Mais un homme refuse.
Jules Jonquier alerte le maire de Six-Fours, Marcelin Bérard.
Après de longues démarches, la commune rachète finalement l’édifice.
Pépiole ne deviendra pas un lieu de stockage. Elle restera un lieu de mémoire.

Une renaissance portée par un homme

Lorsqu’il découvre les lieux en 1956, le père Célestin Charlier, moine bénédictin venu de Belgique, fait face à une chapelle en ruine.

Il aurait pu passer son chemin.
Il choisit l’inverse.

Porté par une volonté de comprendre autant que de restaurer, il mobilise des dons, parfois venus de l’étranger, et redonne vie au site.
Le clocheton est reconstruit à partir d’archives anciennes.
Les vitraux, eux, sont réalisés à partir de bouteilles colorées, dessinant des scènes bibliques inattendues.

Dans le même temps, des fouilles mettent au jour des sépultures du XIIe siècle ainsi qu’un vase liturgique, témoins silencieux d’une histoire bien plus vaste.

En 1967, cette richesse est officiellement reconnue : la chapelle est classée monument historique par André Malraux.

Une statue sauvée des flammes

Mais l’épisode le plus marquant reste sans doute celui de la Révolution française.

En 1794, une foule pénètre dans la chapelle et détruit son mobilier.
Une statue de la Vierge est arrachée et jetée dans un brasier.

Tout semble perdu.

Un paysan, témoin silencieux, attend le départ des émeutiers.
Puis, au péril de ses mains, il plonge dans les flammes pour sauver la statue.
Il la cache, la protège, et transmet à ses descendants une promesse : la restituer lorsque la chapelle retrouvera sa vocation.

Il faudra plus d’un siècle.

Le 15 août 1959, jour de l’Assomption, la statue de la Vierge à l’Enfant retrouve enfin sa place à Pépiole, au moment même où le lieu renaît.

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Ce dimanche 29 mars, la petite Chapelle de Pépiole, nichée au cœur de Six-Fours-les-Plages, a accueilli les fidèles venus célébrer la fête des Rameaux.
Un rendez-vous à la fois religieux et profondément ancré dans les traditions locales.

Sous les pierres chargées d’histoire de ce site emblématique, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, rameaux d’olivier à la main, pour assister à la bénédiction précédant la messe.
Un geste simple, mais porteur d’une symbolique vieille de plus de deux mille ans.

Une fête héritée de Jérusalem

La fête des Rameaux commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem, accueilli par une foule agitant des branches de palmier en signe d’honneur.
Dans les régions méditerranéennes comme la Provence, le palmier a naturellement laissé place à l’olivier, arbre emblématique du territoire.

À Pépiole, une tradition qui traverse les siècles

À la Chapelle de Pépiole, ce moment prend une dimension particulière.
Construite dès le VIe siècle, elle est considérée comme l’un des plus anciens édifices chrétiens de la région.
Chaque célébration y résonne avec une profondeur singulière, comme un écho du passé.

Ici, la bénédiction des rameaux se fait souvent à l’extérieur, sous les oliviers, avant que les fidèles n’entrent en procession dans la chapelle.
Un rituel simple, presque hors du temps, qui rappelle les origines mêmes de la fête.

Pépiole, la chapelle qui a défié le temps : 

Discrète, presque cachée au milieu de la végétation, la chapelle Notre-Dame de Pépiole traverse les siècles comme une survivante.
Édifiée au VIe siècle, à l’époque mérovingienne, elle compte parmi les plus anciens édifices paléochrétiens encore debout en France.

Une histoire faite de menaces évitées

Invasions, pillages, abandon, projets d’aménagement…
À chaque époque, la chapelle a vacillé. Comme si son existence ne tenait qu’à un fil.

Et pourtant, à chaque fois, quelqu’un est intervenu.

Au début du XXe siècle, le danger est bien réel.
Déjà vendue à un particulier, la chapelle échappe aux protections instaurées après la loi de 1905.
En pleine Première Guerre mondiale, un projet émerge : la transformer en grange.

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Mais un homme refuse.
Jules Jonquier alerte le maire de Six-Fours, Marcelin Bérard.
Après de longues démarches, la commune rachète finalement l’édifice.
Pépiole ne deviendra pas un lieu de stockage. Elle restera un lieu de mémoire.

Une renaissance portée par un homme

Lorsqu’il découvre les lieux en 1956, le père Célestin Charlier, moine bénédictin venu de Belgique, fait face à une chapelle en ruine.

Il aurait pu passer son chemin.
Il choisit l’inverse.

Porté par une volonté de comprendre autant que de restaurer, il mobilise des dons, parfois venus de l’étranger, et redonne vie au site.
Le clocheton est reconstruit à partir d’archives anciennes.
Les vitraux, eux, sont réalisés à partir de bouteilles colorées, dessinant des scènes bibliques inattendues.

Dans le même temps, des fouilles mettent au jour des sépultures du XIIe siècle ainsi qu’un vase liturgique, témoins silencieux d’une histoire bien plus vaste.

En 1967, cette richesse est officiellement reconnue : la chapelle est classée monument historique par André Malraux.

Une statue sauvée des flammes

Mais l’épisode le plus marquant reste sans doute celui de la Révolution française.

En 1794, une foule pénètre dans la chapelle et détruit son mobilier.
Une statue de la Vierge est arrachée et jetée dans un brasier.

Tout semble perdu.

Un paysan, témoin silencieux, attend le départ des émeutiers.
Puis, au péril de ses mains, il plonge dans les flammes pour sauver la statue.
Il la cache, la protège, et transmet à ses descendants une promesse : la restituer lorsque la chapelle retrouvera sa vocation.

Il faudra plus d’un siècle.

Le 15 août 1959, jour de l’Assomption, la statue de la Vierge à l’Enfant retrouve enfin sa place à Pépiole, au moment même où le lieu renaît.

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