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vendredi 8 mai 2026

Au Brusc, le souvenir continue de jouer

« Tant qu’il y aura un bon vent d’est, la pluie restera au large. » Au Brusc, la phrase revient souvent au bord des terrains, entre deux discussions et quelques regards levés vers le ciel. Lundi, la finale du challenge souvenir Jean-Claude et Fanfan Escriva est venue clôturer plusieurs jours de compétition lancés samedi. Organisé par La Boule Joyeuse des Îles, désormais présidée par Bruno Roure, l’événement a rassemblé 99 triplettes venues de tout le Var mais aussi des Alpes-Maritimes.

Un concours devenu incontournable

Pour cette première édition portée par le nouveau bureau, l’organisation a dû voir grand. Les rencontres se sont déroulées sur trois sites différents : l’île du Gaou, le boulodrome des Charmettes et le parking du stade Baptiste, transformé pour l’occasion grâce à un apport de sable fourni par la municipalité puis retiré dès la fin de la journée. Une installation temporaire, discrète mais indispensable pour accueillir un tournoi qui a pris de l’ampleur au fil des années.

Côté sportif, le niveau était au rendez-vous avec la présence de joueurs reconnus dans le monde du jeu provençal. Parmi eux, Juan Lopez, champion de France, mais aussi Thierry Terreno, figure emblématique de la discipline et plusieurs fois titré au niveau national.

Une histoire de famille et de transmission

Au-delà de la compétition, ce challenge reste avant tout une histoire profondément liée au Brusc et à ceux qui y ont grandi.

Fanfan et Jean-Claude Escriva, père et fils, étaient tous deux pêcheurs et connus de nombreux habitants du quartier. Emmanuel Escriva se souvient : « Il y a 24 ans, après la disparition de son père, Jean-Claude, qui jouait lui-même, a voulu créer ce challenge. Fanfan n’était pas spécialement un grand joueur, mais tout le monde le connaissait ici. La première année, il y avait 35 doublettes et c’était déjà énorme pour nous. »

Avec le temps, le rendez-vous a continué de grandir. « Quand Jean-Claude est parti à son tour, son prénom a été ajouté au challenge. Aujourd’hui, c’est devenu un moment où la famille, les amis et les anciens se retrouvent une fois par an. »

Stéphane Escriva évoque lui aussi cet attachement au territoire : « Certains viennent de Nice uniquement pour participer. D’autres découvrent le Brusc grâce à ce concours. Ce quartier nous a énormément apporté quand nous étions enfants. Organiser ce rendez-vous, c’est aussi une manière de préserver ce lien et de rendre un peu de ce qu’on a reçu. »

Entre sport et mémoire

Sur les terrains, la victoire est revenue à Olivier Domenge, Jérémy Jean et Anthony Khemissi, opposés en finale à Thierry Terreno, Jacques Dubois et Christophe Job.

Au Brusc, entre le sable, le vent d’est et les souvenirs des anciens pêcheurs, le challenge continue surtout de faire vivre une certaine idée de la Provence : populaire, conviviale et fidèle à ses racines.

Le saviez-vous ? La pétanque est née pour qu’un joueur puisse continuer à jouer : 

Avant de devenir l’un des symboles les plus populaires du Sud, la pétanque était loin d’exister sous sa forme actuelle. À l’époque, sur les places provençales, on pratiquait surtout le jeu provençal, surnommé « la longue » par les habitués. Un jeu plus physique, disputé sur de grands terrains, où les joueurs prenaient plusieurs pas d’élan avant de lancer leurs boules.

L’histoire bascule en 1907, à La Ciotat. Jules Lenoir, joueur réputé, souffre alors de rhumatismes et ne peut plus courir comme l’impose le règlement du jeu provençal. Plutôt que de l’écarter des parties, ses amis décident d’adapter la pratique : les distances sont réduites et les joueurs lancent désormais sans élan, les pieds fixes dans un cercle.

Ce qui n’était au départ qu’une solution pour permettre à un homme de continuer à jouer va progressivement donner naissance à un nouveau sport. La pétanque apparaît ainsi presque par hasard. Son nom vient de l’expression provençale « pè tanca », qui signifie « pieds plantés ».

Avec cette évolution, le jeu change profondément d’esprit. L’endurance laisse davantage place à la précision, au geste et à la stratégie. Surtout, la discipline devient plus accessible, permettant à des joueurs de tous âges de partager les mêmes terrains.

Derrière la pétanque, il y a donc avant tout une histoire de fidélité et de convivialité : celle d’amis qui ont préféré modifier les règles plutôt que de laisser l’un des leurs quitter la partie.

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Au Brusc, le souvenir continue de jouer

« Tant qu’il y aura un bon vent d’est, la pluie restera au large. » Au Brusc, la phrase revient souvent au bord des terrains, entre deux discussions et quelques regards levés vers le ciel. Lundi, la finale du challenge souvenir Jean-Claude et Fanfan Escriva est venue clôturer plusieurs jours de compétition lancés samedi. Organisé par La Boule Joyeuse des Îles, désormais présidée par Bruno Roure, l’événement a rassemblé 99 triplettes venues de tout le Var mais aussi des Alpes-Maritimes.

Un concours devenu incontournable

Pour cette première édition portée par le nouveau bureau, l’organisation a dû voir grand. Les rencontres se sont déroulées sur trois sites différents : l’île du Gaou, le boulodrome des Charmettes et le parking du stade Baptiste, transformé pour l’occasion grâce à un apport de sable fourni par la municipalité puis retiré dès la fin de la journée. Une installation temporaire, discrète mais indispensable pour accueillir un tournoi qui a pris de l’ampleur au fil des années.

Côté sportif, le niveau était au rendez-vous avec la présence de joueurs reconnus dans le monde du jeu provençal. Parmi eux, Juan Lopez, champion de France, mais aussi Thierry Terreno, figure emblématique de la discipline et plusieurs fois titré au niveau national.

Une histoire de famille et de transmission

Au-delà de la compétition, ce challenge reste avant tout une histoire profondément liée au Brusc et à ceux qui y ont grandi.

Fanfan et Jean-Claude Escriva, père et fils, étaient tous deux pêcheurs et connus de nombreux habitants du quartier. Emmanuel Escriva se souvient : « Il y a 24 ans, après la disparition de son père, Jean-Claude, qui jouait lui-même, a voulu créer ce challenge. Fanfan n’était pas spécialement un grand joueur, mais tout le monde le connaissait ici. La première année, il y avait 35 doublettes et c’était déjà énorme pour nous. »

Avec le temps, le rendez-vous a continué de grandir. « Quand Jean-Claude est parti à son tour, son prénom a été ajouté au challenge. Aujourd’hui, c’est devenu un moment où la famille, les amis et les anciens se retrouvent une fois par an. »

Stéphane Escriva évoque lui aussi cet attachement au territoire : « Certains viennent de Nice uniquement pour participer. D’autres découvrent le Brusc grâce à ce concours. Ce quartier nous a énormément apporté quand nous étions enfants. Organiser ce rendez-vous, c’est aussi une manière de préserver ce lien et de rendre un peu de ce qu’on a reçu. »

Entre sport et mémoire

Sur les terrains, la victoire est revenue à Olivier Domenge, Jérémy Jean et Anthony Khemissi, opposés en finale à Thierry Terreno, Jacques Dubois et Christophe Job.

Au Brusc, entre le sable, le vent d’est et les souvenirs des anciens pêcheurs, le challenge continue surtout de faire vivre une certaine idée de la Provence : populaire, conviviale et fidèle à ses racines.

Le saviez-vous ? La pétanque est née pour qu’un joueur puisse continuer à jouer : 

Avant de devenir l’un des symboles les plus populaires du Sud, la pétanque était loin d’exister sous sa forme actuelle. À l’époque, sur les places provençales, on pratiquait surtout le jeu provençal, surnommé « la longue » par les habitués. Un jeu plus physique, disputé sur de grands terrains, où les joueurs prenaient plusieurs pas d’élan avant de lancer leurs boules.

L’histoire bascule en 1907, à La Ciotat. Jules Lenoir, joueur réputé, souffre alors de rhumatismes et ne peut plus courir comme l’impose le règlement du jeu provençal. Plutôt que de l’écarter des parties, ses amis décident d’adapter la pratique : les distances sont réduites et les joueurs lancent désormais sans élan, les pieds fixes dans un cercle.

Ce qui n’était au départ qu’une solution pour permettre à un homme de continuer à jouer va progressivement donner naissance à un nouveau sport. La pétanque apparaît ainsi presque par hasard. Son nom vient de l’expression provençale « pè tanca », qui signifie « pieds plantés ».

Avec cette évolution, le jeu change profondément d’esprit. L’endurance laisse davantage place à la précision, au geste et à la stratégie. Surtout, la discipline devient plus accessible, permettant à des joueurs de tous âges de partager les mêmes terrains.

Derrière la pétanque, il y a donc avant tout une histoire de fidélité et de convivialité : celle d’amis qui ont préféré modifier les règles plutôt que de laisser l’un des leurs quitter la partie.

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Un concours devenu incontournable

Pour cette première édition portée par le nouveau bureau, l’organisation a dû voir grand. Les rencontres se sont déroulées sur trois sites différents : l’île du Gaou, le boulodrome des Charmettes et le parking du stade Baptiste, transformé pour l’occasion grâce à un apport de sable fourni par la municipalité puis retiré dès la fin de la journée. Une installation temporaire, discrète mais indispensable pour accueillir un tournoi qui a pris de l’ampleur au fil des années.

Côté sportif, le niveau était au rendez-vous avec la présence de joueurs reconnus dans le monde du jeu provençal. Parmi eux, Juan Lopez, champion de France, mais aussi Thierry Terreno, figure emblématique de la discipline et plusieurs fois titré au niveau national.

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Au-delà de la compétition, ce challenge reste avant tout une histoire profondément liée au Brusc et à ceux qui y ont grandi.

Fanfan et Jean-Claude Escriva, père et fils, étaient tous deux pêcheurs et connus de nombreux habitants du quartier. Emmanuel Escriva se souvient : « Il y a 24 ans, après la disparition de son père, Jean-Claude, qui jouait lui-même, a voulu créer ce challenge. Fanfan n’était pas spécialement un grand joueur, mais tout le monde le connaissait ici. La première année, il y avait 35 doublettes et c’était déjà énorme pour nous. »

Avec le temps, le rendez-vous a continué de grandir. « Quand Jean-Claude est parti à son tour, son prénom a été ajouté au challenge. Aujourd’hui, c’est devenu un moment où la famille, les amis et les anciens se retrouvent une fois par an. »

Stéphane Escriva évoque lui aussi cet attachement au territoire : « Certains viennent de Nice uniquement pour participer. D’autres découvrent le Brusc grâce à ce concours. Ce quartier nous a énormément apporté quand nous étions enfants. Organiser ce rendez-vous, c’est aussi une manière de préserver ce lien et de rendre un peu de ce qu’on a reçu. »

Entre sport et mémoire

Sur les terrains, la victoire est revenue à Olivier Domenge, Jérémy Jean et Anthony Khemissi, opposés en finale à Thierry Terreno, Jacques Dubois et Christophe Job.

Au Brusc, entre le sable, le vent d’est et les souvenirs des anciens pêcheurs, le challenge continue surtout de faire vivre une certaine idée de la Provence : populaire, conviviale et fidèle à ses racines.

Le saviez-vous ? La pétanque est née pour qu’un joueur puisse continuer à jouer : 

Avant de devenir l’un des symboles les plus populaires du Sud, la pétanque était loin d’exister sous sa forme actuelle. À l’époque, sur les places provençales, on pratiquait surtout le jeu provençal, surnommé « la longue » par les habitués. Un jeu plus physique, disputé sur de grands terrains, où les joueurs prenaient plusieurs pas d’élan avant de lancer leurs boules.

L’histoire bascule en 1907, à La Ciotat. Jules Lenoir, joueur réputé, souffre alors de rhumatismes et ne peut plus courir comme l’impose le règlement du jeu provençal. Plutôt que de l’écarter des parties, ses amis décident d’adapter la pratique : les distances sont réduites et les joueurs lancent désormais sans élan, les pieds fixes dans un cercle.

Ce qui n’était au départ qu’une solution pour permettre à un homme de continuer à jouer va progressivement donner naissance à un nouveau sport. La pétanque apparaît ainsi presque par hasard. Son nom vient de l’expression provençale « pè tanca », qui signifie « pieds plantés ».

Avec cette évolution, le jeu change profondément d’esprit. L’endurance laisse davantage place à la précision, au geste et à la stratégie. Surtout, la discipline devient plus accessible, permettant à des joueurs de tous âges de partager les mêmes terrains.

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