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lundi 19 janvier 2026

Bric-à-Brac Merveilleux : quand la seconde main raconte des vies

Tout a réellement démarré en 2018. Mais dans la tête de Lydie Eisenbarth, le projet existait depuis longtemps : imaginer un endroit où les objets ne seraient pas condamnés à finir au rebut, un lieu où l’on viendrait autant pour chiner que pour retrouver un morceau de mémoire.

Cette année-là, elle se lance avec une première boutique modeste, à peine vingt mètres carrés, près de l’avenue Laennec. Le public répond immédiatement présent. Très vite, le local se révèle trop petit. Les visiteurs sont nombreux, la rotation des objets intense… et l’idée grandit : pour continuer, il faut voir plus grand.

Pour Lydie, ce succès tient à deux raisons très nettes. « Il y a d’abord une vraie tendance, explique-t-elle. Le vintage, la brocante, la seconde main séduisent parce qu’ils ont une âme, parce qu’ils racontent quelque chose, loin de la consommation jetable. Et puis il y a une réalité simple : tout coûte plus cher. Un lieu où l’on peut trouver de tout à prix doux est devenu indispensable pour certaines personnes. »

Un décor où les époques se croisent

Dans les allées, on ne sait plus où poser les yeux. Ici, l’on peut tomber sur une ancienne presse, sur une collection surprenante de Charlie Hebdo datant de 1992, sur des bandes dessinées oubliées, une marmotte en fonte transformée en plafonnier, des poupées des années 1970 à l’effigie de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, des patins disco, ou encore une vaisselle illustrant les métiers parisiens du XIXe siècle.

Le lieu ressemble à un inventaire vivant, où chaque objet semble dialoguer avec un autre. On vient pour trouver ce qu’on cherche… et bien souvent, pour découvrir ce qu’on n’imaginait même pas.

Deux hangars et près de 400 m² de trouvailles

Aujourd’hui, l’activité n’a plus rien à voir avec les débuts. Lydie gère désormais deux hangars mitoyens, l’un consacré au vintage, l’autre au tout-venant. Au total, ce sont près de 400 m² d’objets collectés auprès de particuliers : vide-maisons, meubles dont on veut se séparer, dons… Les arrivages sont constants.

Mais tout ne rentre pas dans les stocks. Matelas, canapés, dictionnaires et encyclopédies ne sont pas acceptés. « Tout ne déclenche pas de nostalgie, sourit-elle. Il faut que ça vive, que ça tourne, qu’on puisse réassortir presque tous les jours. L’objectif, c’est d’éviter d’accumuler ce que personne ne veut. »

Une équipe de bénévoles et une chasse au trésor au quotidien

Derrière cette grande machine, une vingtaine de bénévoles s’affairent chaque jour. Les raisons de leur présence sont multiples : rompre la solitude, rester actif après une retraite, garder un rôle utile, ou tout simplement vivre une passion.

Car ici, le quotidien a un parfum d’aventure. « On peut vraiment parler de chasse au trésor. J’ai déjà vu des jeunes actifs venir donner un coup de main après leur journée de travail, juste pour participer et découvrir ce qui arrive », raconte Lydie.

Et il faut dire que les débarras réservent parfois des scènes inattendues. Environ 60 % des interventions concernent des personnes âgées qui entrent en Ehpad et doivent vider leur logement. « On ne sait jamais ce qu’on va tomber, confie-t-elle. Une fois, on a même découvert une boîte remplie… de dents humaines. »

Dans cet endroit à part, les objets ne sont jamais de simples produits. Ils sont des traces, des souvenirs, des fragments de vies. Et une fois remis en circulation, ils sont prêts à repartir… pour commencer une nouvelle histoire.

Association Bric à Brac Merveilleux : 50 rue de l’avenir, ZI des Playes. Lundi 9h-12h 14h-18h. Du mardi au vendredi 13h-18h. Le premier samedi du mois 9h-13h.

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Bric-à-Brac Merveilleux : quand la seconde main raconte des vies

Tout a réellement démarré en 2018. Mais dans la tête de Lydie Eisenbarth, le projet existait depuis longtemps : imaginer un endroit où les objets ne seraient pas condamnés à finir au rebut, un lieu où l’on viendrait autant pour chiner que pour retrouver un morceau de mémoire.

Cette année-là, elle se lance avec une première boutique modeste, à peine vingt mètres carrés, près de l’avenue Laennec. Le public répond immédiatement présent. Très vite, le local se révèle trop petit. Les visiteurs sont nombreux, la rotation des objets intense… et l’idée grandit : pour continuer, il faut voir plus grand.

Pour Lydie, ce succès tient à deux raisons très nettes. « Il y a d’abord une vraie tendance, explique-t-elle. Le vintage, la brocante, la seconde main séduisent parce qu’ils ont une âme, parce qu’ils racontent quelque chose, loin de la consommation jetable. Et puis il y a une réalité simple : tout coûte plus cher. Un lieu où l’on peut trouver de tout à prix doux est devenu indispensable pour certaines personnes. »

Un décor où les époques se croisent

Dans les allées, on ne sait plus où poser les yeux. Ici, l’on peut tomber sur une ancienne presse, sur une collection surprenante de Charlie Hebdo datant de 1992, sur des bandes dessinées oubliées, une marmotte en fonte transformée en plafonnier, des poupées des années 1970 à l’effigie de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, des patins disco, ou encore une vaisselle illustrant les métiers parisiens du XIXe siècle.

Le lieu ressemble à un inventaire vivant, où chaque objet semble dialoguer avec un autre. On vient pour trouver ce qu’on cherche… et bien souvent, pour découvrir ce qu’on n’imaginait même pas.

Deux hangars et près de 400 m² de trouvailles

Aujourd’hui, l’activité n’a plus rien à voir avec les débuts. Lydie gère désormais deux hangars mitoyens, l’un consacré au vintage, l’autre au tout-venant. Au total, ce sont près de 400 m² d’objets collectés auprès de particuliers : vide-maisons, meubles dont on veut se séparer, dons… Les arrivages sont constants.

Mais tout ne rentre pas dans les stocks. Matelas, canapés, dictionnaires et encyclopédies ne sont pas acceptés. « Tout ne déclenche pas de nostalgie, sourit-elle. Il faut que ça vive, que ça tourne, qu’on puisse réassortir presque tous les jours. L’objectif, c’est d’éviter d’accumuler ce que personne ne veut. »

Une équipe de bénévoles et une chasse au trésor au quotidien

Derrière cette grande machine, une vingtaine de bénévoles s’affairent chaque jour. Les raisons de leur présence sont multiples : rompre la solitude, rester actif après une retraite, garder un rôle utile, ou tout simplement vivre une passion.

Car ici, le quotidien a un parfum d’aventure. « On peut vraiment parler de chasse au trésor. J’ai déjà vu des jeunes actifs venir donner un coup de main après leur journée de travail, juste pour participer et découvrir ce qui arrive », raconte Lydie.

Et il faut dire que les débarras réservent parfois des scènes inattendues. Environ 60 % des interventions concernent des personnes âgées qui entrent en Ehpad et doivent vider leur logement. « On ne sait jamais ce qu’on va tomber, confie-t-elle. Une fois, on a même découvert une boîte remplie… de dents humaines. »

Dans cet endroit à part, les objets ne sont jamais de simples produits. Ils sont des traces, des souvenirs, des fragments de vies. Et une fois remis en circulation, ils sont prêts à repartir… pour commencer une nouvelle histoire.

Association Bric à Brac Merveilleux : 50 rue de l’avenir, ZI des Playes. Lundi 9h-12h 14h-18h. Du mardi au vendredi 13h-18h. Le premier samedi du mois 9h-13h.

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Cette année-là, elle se lance avec une première boutique modeste, à peine vingt mètres carrés, près de l’avenue Laennec. Le public répond immédiatement présent. Très vite, le local se révèle trop petit. Les visiteurs sont nombreux, la rotation des objets intense… et l’idée grandit : pour continuer, il faut voir plus grand.

Pour Lydie, ce succès tient à deux raisons très nettes. « Il y a d’abord une vraie tendance, explique-t-elle. Le vintage, la brocante, la seconde main séduisent parce qu’ils ont une âme, parce qu’ils racontent quelque chose, loin de la consommation jetable. Et puis il y a une réalité simple : tout coûte plus cher. Un lieu où l’on peut trouver de tout à prix doux est devenu indispensable pour certaines personnes. »

Un décor où les époques se croisent

Dans les allées, on ne sait plus où poser les yeux. Ici, l’on peut tomber sur une ancienne presse, sur une collection surprenante de Charlie Hebdo datant de 1992, sur des bandes dessinées oubliées, une marmotte en fonte transformée en plafonnier, des poupées des années 1970 à l’effigie de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, des patins disco, ou encore une vaisselle illustrant les métiers parisiens du XIXe siècle.

Le lieu ressemble à un inventaire vivant, où chaque objet semble dialoguer avec un autre. On vient pour trouver ce qu’on cherche… et bien souvent, pour découvrir ce qu’on n’imaginait même pas.

Deux hangars et près de 400 m² de trouvailles

Aujourd’hui, l’activité n’a plus rien à voir avec les débuts. Lydie gère désormais deux hangars mitoyens, l’un consacré au vintage, l’autre au tout-venant. Au total, ce sont près de 400 m² d’objets collectés auprès de particuliers : vide-maisons, meubles dont on veut se séparer, dons… Les arrivages sont constants.

Mais tout ne rentre pas dans les stocks. Matelas, canapés, dictionnaires et encyclopédies ne sont pas acceptés. « Tout ne déclenche pas de nostalgie, sourit-elle. Il faut que ça vive, que ça tourne, qu’on puisse réassortir presque tous les jours. L’objectif, c’est d’éviter d’accumuler ce que personne ne veut. »

Une équipe de bénévoles et une chasse au trésor au quotidien

Derrière cette grande machine, une vingtaine de bénévoles s’affairent chaque jour. Les raisons de leur présence sont multiples : rompre la solitude, rester actif après une retraite, garder un rôle utile, ou tout simplement vivre une passion.

Car ici, le quotidien a un parfum d’aventure. « On peut vraiment parler de chasse au trésor. J’ai déjà vu des jeunes actifs venir donner un coup de main après leur journée de travail, juste pour participer et découvrir ce qui arrive », raconte Lydie.

Et il faut dire que les débarras réservent parfois des scènes inattendues. Environ 60 % des interventions concernent des personnes âgées qui entrent en Ehpad et doivent vider leur logement. « On ne sait jamais ce qu’on va tomber, confie-t-elle. Une fois, on a même découvert une boîte remplie… de dents humaines. »

Dans cet endroit à part, les objets ne sont jamais de simples produits. Ils sont des traces, des souvenirs, des fragments de vies. Et une fois remis en circulation, ils sont prêts à repartir… pour commencer une nouvelle histoire.

Association Bric à Brac Merveilleux : 50 rue de l’avenir, ZI des Playes. Lundi 9h-12h 14h-18h. Du mardi au vendredi 13h-18h. Le premier samedi du mois 9h-13h.

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