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dimanche 31 août 2025

De l’Atlas à la Provence : la djellaba de Sami Ali, mémoire des goumiers

Lors de la cérémonie de la Libération, un uniforme inhabituel a retenu l’attention du public : la djellaba de laine des tabors marocains. Sous ce vêtement traditionnel de près de huit kilos, symbole des bergers et montagnards de l’Atlas, se trouvait Bernard Gianelli, membre de l’association GMC et passionné de reconstitution historique.

Des combattants venus de l’Atlas jusqu’en Provence

Les tabors marocains étaient les bataillons des goumiers, soldats issus du protectorat français du Maroc.

Ils ont combattu sur de nombreux fronts : en Tunisie, en Sicile, en Corse, en Italie, puis en France lors du Débarquement de Provence, le 15 août 1944. Spécialistes des combats en montagne et des attaques nocturnes, les goumiers furent employés dans les massifs des Maures et de l’Esterel, où ils ouvrirent la voie aux troupes alliées vers Toulon et Marseille.

Considérés comme supplétifs, les goumiers et leurs familles ne bénéficiaient pourtant d’aucun droit auprès de l’État français, contrairement aux tirailleurs algériens et tunisiens. Cela n’empêcha pas leur engagement massif. Leur bravoure, de la Corse à la Provence, leur valut d’être considérés comme des troupes d’élite.

Une djellaba devenue symbole

L’histoire de la djellaba portée par Bernard Gianelli illustre ce lien de mémoire. Il y a quelques années, en parcourant Internet, il découvre le message du fils d’un ancien goumier, Sami Ali, engagé à 17 ans et décoré par François Hollande lors du 70ᵉ anniversaire de la libération de la Corse en 2013. Ce dernier cherchait à réunir 250 € pour ériger une stèle en hommage à son père dans son village natal.
Bernard envoie 100 €. « J’ai simplement voulu donner un coup de main… C’était ma façon de rendre hommage », raconte-t-il.

Quelques semaines plus tard, un colis lui parvient : le fils du goumier lui a envoyé la djellaba paternelle. Depuis, Bernard la porte fièrement lors de chaque anniversaire de la Libération, transformant ce vêtement de berger marocain en un puissant symbole de reconnaissance et de mémoire partagée.

📊 Chiffres clés des goumiers et troupes coloniales

  • 1 goum = ~200 hommes

  • 1 tabor = 3 à 4 goums (~900 hommes)

  • 1 GTM (Groupement de Tabors Marocains) = 3 tabors (~3 000 hommes)

  • 4 GTM engagés en 1939–45 = ~12 000 goumiers

  • Pertes des goumiers (1942–1945) : ~8 018 hommes hors de combat, dont 1 625 tués au combat

  • Décorations : 17 citations à l’ordre de l’armée, 9 à l’ordre du corps d’armée, plusieurs fourragères

  • Débarquement de Provence (15 août 1944) : environ 120 000 soldats coloniaux (tirailleurs, goumiers, spahis, etc.)

  • Mobilisation globale 1939–45 :

    • ~178 000 Africains & Malgaches, dont ~21 500 morts

    • ~320 000 Maghrébins, dont ~16 600 morts

  • Devise des goumiers : « Zidou l’gouddam ! » (« Passez devant ! »)

  • Insigne : une koummya (dague marocaine)

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De l’Atlas à la Provence : la djellaba de Sami Ali, mémoire des goumiers

Lors de la cérémonie de la Libération, un uniforme inhabituel a retenu l’attention du public : la djellaba de laine des tabors marocains. Sous ce vêtement traditionnel de près de huit kilos, symbole des bergers et montagnards de l’Atlas, se trouvait Bernard Gianelli, membre de l’association GMC et passionné de reconstitution historique.

Des combattants venus de l’Atlas jusqu’en Provence

Les tabors marocains étaient les bataillons des goumiers, soldats issus du protectorat français du Maroc.

Ils ont combattu sur de nombreux fronts : en Tunisie, en Sicile, en Corse, en Italie, puis en France lors du Débarquement de Provence, le 15 août 1944. Spécialistes des combats en montagne et des attaques nocturnes, les goumiers furent employés dans les massifs des Maures et de l’Esterel, où ils ouvrirent la voie aux troupes alliées vers Toulon et Marseille.

Considérés comme supplétifs, les goumiers et leurs familles ne bénéficiaient pourtant d’aucun droit auprès de l’État français, contrairement aux tirailleurs algériens et tunisiens. Cela n’empêcha pas leur engagement massif. Leur bravoure, de la Corse à la Provence, leur valut d’être considérés comme des troupes d’élite.

Une djellaba devenue symbole

L’histoire de la djellaba portée par Bernard Gianelli illustre ce lien de mémoire. Il y a quelques années, en parcourant Internet, il découvre le message du fils d’un ancien goumier, Sami Ali, engagé à 17 ans et décoré par François Hollande lors du 70ᵉ anniversaire de la libération de la Corse en 2013. Ce dernier cherchait à réunir 250 € pour ériger une stèle en hommage à son père dans son village natal.
Bernard envoie 100 €. « J’ai simplement voulu donner un coup de main… C’était ma façon de rendre hommage », raconte-t-il.

Quelques semaines plus tard, un colis lui parvient : le fils du goumier lui a envoyé la djellaba paternelle. Depuis, Bernard la porte fièrement lors de chaque anniversaire de la Libération, transformant ce vêtement de berger marocain en un puissant symbole de reconnaissance et de mémoire partagée.

📊 Chiffres clés des goumiers et troupes coloniales

  • 1 goum = ~200 hommes

  • 1 tabor = 3 à 4 goums (~900 hommes)

  • 1 GTM (Groupement de Tabors Marocains) = 3 tabors (~3 000 hommes)

  • 4 GTM engagés en 1939–45 = ~12 000 goumiers

  • Pertes des goumiers (1942–1945) : ~8 018 hommes hors de combat, dont 1 625 tués au combat

  • Décorations : 17 citations à l’ordre de l’armée, 9 à l’ordre du corps d’armée, plusieurs fourragères

  • Débarquement de Provence (15 août 1944) : environ 120 000 soldats coloniaux (tirailleurs, goumiers, spahis, etc.)

  • Mobilisation globale 1939–45 :

    • ~178 000 Africains & Malgaches, dont ~21 500 morts

    • ~320 000 Maghrébins, dont ~16 600 morts

  • Devise des goumiers : « Zidou l’gouddam ! » (« Passez devant ! »)

  • Insigne : une koummya (dague marocaine)

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Des combattants venus de l’Atlas jusqu’en Provence

Les tabors marocains étaient les bataillons des goumiers, soldats issus du protectorat français du Maroc.

Ils ont combattu sur de nombreux fronts : en Tunisie, en Sicile, en Corse, en Italie, puis en France lors du Débarquement de Provence, le 15 août 1944. Spécialistes des combats en montagne et des attaques nocturnes, les goumiers furent employés dans les massifs des Maures et de l’Esterel, où ils ouvrirent la voie aux troupes alliées vers Toulon et Marseille.

Considérés comme supplétifs, les goumiers et leurs familles ne bénéficiaient pourtant d’aucun droit auprès de l’État français, contrairement aux tirailleurs algériens et tunisiens. Cela n’empêcha pas leur engagement massif. Leur bravoure, de la Corse à la Provence, leur valut d’être considérés comme des troupes d’élite.

Une djellaba devenue symbole

L’histoire de la djellaba portée par Bernard Gianelli illustre ce lien de mémoire. Il y a quelques années, en parcourant Internet, il découvre le message du fils d’un ancien goumier, Sami Ali, engagé à 17 ans et décoré par François Hollande lors du 70ᵉ anniversaire de la libération de la Corse en 2013. Ce dernier cherchait à réunir 250 € pour ériger une stèle en hommage à son père dans son village natal.
Bernard envoie 100 €. « J’ai simplement voulu donner un coup de main… C’était ma façon de rendre hommage », raconte-t-il.

Quelques semaines plus tard, un colis lui parvient : le fils du goumier lui a envoyé la djellaba paternelle. Depuis, Bernard la porte fièrement lors de chaque anniversaire de la Libération, transformant ce vêtement de berger marocain en un puissant symbole de reconnaissance et de mémoire partagée.

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  • 1 goum = ~200 hommes

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  • 1 GTM (Groupement de Tabors Marocains) = 3 tabors (~3 000 hommes)

  • 4 GTM engagés en 1939–45 = ~12 000 goumiers

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  • Décorations : 17 citations à l’ordre de l’armée, 9 à l’ordre du corps d’armée, plusieurs fourragères

  • Débarquement de Provence (15 août 1944) : environ 120 000 soldats coloniaux (tirailleurs, goumiers, spahis, etc.)

  • Mobilisation globale 1939–45 :

    • ~178 000 Africains & Malgaches, dont ~21 500 morts

    • ~320 000 Maghrébins, dont ~16 600 morts

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