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lundi 28 septembre 2026
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Diable, possession, maisons hantées : un exorciste raconte ce qu’il dit avoir vécu

Chaque semaine, une dizaine de personnes franchissent sa porte. Et lorsque l’abbé Henri Forestier s’est retrouvé seul à assurer ce ministère dans le Var, il estime en avoir reçu près d’un millier en l’espace d’un an. Des chiffres impressionnants qui ne signifient pourtant pas que toutes ces personnes relèvent de l’exorcisme. Bien au contraire. Selon le prêtre, exorciste depuis plus de dix ans, environ 90 % de ceux qui viennent le consulter « n’ont pas de vrai problème avec le diable ».

Avant d’envisager une quelconque prière d’exorcisme, tout commence donc par une étape qu’il juge indispensable : le discernement.

Comment devient-on exorciste ?

« On ne choisit pas. C’est l’évêque qui vous appelle. » Pour remplir cette mission, l’abbé Henri Forestier évoque quelques qualités essentielles : ne pas être facilement impressionnable, savoir garder son calme et faire preuve de bon sens et de jugement.

Lui-même n’avait d’ailleurs pas spécialement cherché à endosser ce rôle. Lorsque son évêque le lui a proposé, il reconnaît avoir d’abord tenté de le convaincre de choisir quelqu’un d’autre.

Avez-vous déjà eu peur ?

« La première fois, oui. »

Car certains cas auxquels il dit avoir été confronté peuvent donner lieu à des réactions particulièrement impressionnantes. Il évoque des personnes qui se roulent au sol, crachent, insultent ou dont le comportement change brutalement.

Un épisode l’a particulièrement marqué. Alors qu’il priait pour une personne, celle-ci s’est mise à parler et lui aurait lancé : « Ce soir, tu vas voir, je m’occupe de toi. »

La menace l’accompagne jusqu’au soir. « J’avoue que j’étais un peu inquiet en me couchant. » Il raconte alors avoir prié la Sainte Vierge pour lui demander de le protéger. « Et je n’ai jamais aussi bien dormi ! »

Avec le recul, il dit avoir compris la mécanique de cette peur : « C’était de la menace, de la terreur », sans conséquence réelle pour lui. Avec les années et l’expérience, assure-t-il, cette appréhension a fini par disparaître.

Comment savoir si le diable est réellement en cause ?

C’est précisément toute la difficulté de son ministère. Avant d’aller plus loin, le prêtre cherche à éliminer les explications ordinaires : les difficultés de la vie, mais aussi les éventuels troubles psychologiques.

Il prend un exemple volontairement simple. Une personne qui lui explique que son chien est mort et qu’elle a l’impression que les malheurs s’accumulent dans son existence ne relève pas nécessairement, selon lui, d’un phénomène diabolique.

Le questionnement devient différent lorsqu’on lui rapporte des manifestations beaucoup plus inhabituelles. Il cite le cas hypothétique d’une personne lui disant : « Quand je me couche le soir, je vois du sang couler sur les murs et j’entends une voix qui me dit : “Tu vas mourir”. » Dans une telle situation, explique-t-il, il faut chercher à comprendre l’origine de ce qui est vécu.

Et comment distinguer ces phénomènes d’un trouble psychologique ?

L’entretien occupe une place centrale. Le prêtre écoute le récit de la personne, son parcours, mais aussi les maladies ou fragilités qu’elle a pu connaître. Lorsqu’un doute subsiste, il peut solliciter l’avis d’un psychologue ou d’un psychiatre afin de déterminer ce qui pourrait relever de leur domaine.

Cette collaboration fonctionne d’ailleurs dans les deux sens, affirme-t-il. Certains psychiatres lui adresseraient également des patients lorsqu’ils ne trouvent pas d’explication à ce qui leur est rapporté.

Pour l’abbé Henri Forestier, l’essentiel est de ne pas prétendre tout expliquer : chacun doit savoir reconnaître les limites de son domaine. Lorsqu’il estime qu’une personne doit être accompagnée par un professionnel de santé, il l’oriente vers lui. « Le but, c’est qu’elle aille mieux. »

Vous suivez malgré tout des cas que vous considérez comme sérieux ?

Oui. Le prêtre évoque « une petite dizaine » de personnes qu’il accompagne pour des manifestations qu’il juge particulièrement fortes, parfois durant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Il décrit notamment des difficultés à prier, des douleurs auxquelles les médecins n’auraient pas trouvé d’explication, des pensées obsessionnelles, des troubles du sommeil ou encore des voix.

Parfois, les témoignages concernent non plus seulement la personne, mais son environnement : bruits inexpliqués, objets qui semblent se déplacer ou phénomènes associés, dans l’imaginaire collectif, aux « maisons hantées ».

Le discernement devient alors encore plus complexe. Une maison, souligne-t-il, ne peut évidemment pas raconter ce qu’il s’y passe : le prêtre doit donc s’appuyer sur les témoignages de ceux qui y vivent. Il affirme néanmoins avoir déjà constaté l’arrêt de certains phénomènes après des prières.

Quand le surnaturel fascine toujours autant

Alors que la religion semble avoir perdu une partie de sa place dans la société, l’abbé Henri Forestier constate un phénomène qu’il juge paradoxal : l’intérêt pour le surnaturel, lui, reste particulièrement présent.

« On vit une époque où il y a une curiosité immense. » Séries, mangas ou productions populaires mettent régulièrement en scène des pouvoirs surnaturels, des démons ou des forces mystérieuses. Pour le prêtre, cette omniprésence témoigne d’une véritable fascination contemporaine.

Une curiosité qui, selon lui, dépasse largement la fiction. Il observe notamment l’attrait pour certaines thérapies alternatives ou pratiques de bien-être auxquelles des personnes peuvent avoir recours sans toujours, estime-t-il, s’interroger sur leurs origines.

Ouija, divination, magie, recours aux médiums : autant de pratiques qu’il rattache à l’ésotérisme. Il le définit comme la recherche d’une « puissance cachée » à laquelle on ferait appel pour accéder à des réalités inconnues ou obtenir des capacités qui dépasseraient celles de l’être humain.

C’est à cet endroit que le prêtre place une limite. Ces pratiques relèvent, dans la doctrine de l’Église catholique, de la divination ou de la magie et sont à ce titre déconseillées. Certaines personnes, ajoute-t-il, peuvent parfois aller plus loin tout en ayant conscience de s’adresser à quelque chose qu’elles considèrent elles-mêmes comme néfaste.

Et aucun âge ne serait particulièrement épargné. « Tout arrive aujourd’hui. Tous les âges peuvent être concernés. »

Mais derrière les récits spectaculaires, l’abbé Henri Forestier veut surtout attirer l’attention sur ceux qu’il considère comme confrontés à de véritables phénomènes diaboliques. Il décrit des personnes souvent très isolées, qui hésitent à raconter ce qu’elles vivent de peur d’être incomprises, rejetées ou de perdre certains proches.

Une réalité humaine qu’il tient à replacer au centre du sujet : « Ce sont des personnes comme vous et moi. Elles sont nos frères. »

L’exorcisme au cinéma : réalité ou grand spectacle ?

Les films d’exorcisme sont-ils totalement éloignés de ce que le prêtre affirme rencontrer dans son ministère ? « Oui et non », répond l’abbé Henri Forestier.

Certaines scènes lui rappellent des comportements qu’il dit avoir déjà observés. Il évoque notamment des changements d’expression ou d’attitude si soudains qu’une personne peut sembler avoir un visage différent.

Il se souvient ainsi d’une femme pour laquelle il priait en présence de son mari. Au moment où sa voix et son comportement se modifiaient, raconte-t-il, son époux lui-même disait ne plus reconnaître la femme qu’il avait devant lui.

Mais entre ce type d’expérience et sa représentation sur grand écran, il place une limite nette. Le cinéma, rappelle-t-il, doit aussi captiver son public.

« Il y a quand même un “péché originel”, si vous me permettez l’expression, dans les films hollywoodiens : il faut que cela puisse se vendre et que cela fasse un film fameux. Donc ils en rajoutent toujours. »

Autrement dit, certains phénomènes montrés à l’écran peuvent, selon lui, avoir un écho avec ce qu’il rencontre, mais leur mise en scène est amplifiée par les impératifs du spectacle.

Pourquoi certains et pas d’autres ?

Pourquoi une personne serait-elle confrontée à ces phénomènes quand une autre ne le sera jamais ? Sur ce point, l’abbé Henri Forestier ne prétend pas avoir de réponse définitive.

« C’est un grand mystère », reconnaît-il.

Et il refuse d’établir un lien automatique entre la conduite morale d’une personne et ce qui pourrait lui arriver. Des individus peuvent commettre « des choses atroces » sans jamais connaître de telles manifestations, tandis que d’autres, menant une existence parfaitement ordinaire, peuvent selon lui y être confrontés.

Dans certaines situations, le prêtre estime néanmoins pouvoir identifier un élément déclencheur. Il évoque notamment des personnes ayant mené des « expériences sulfureuses et dangereuses » à travers certaines pratiques ésotériques. Dans d’autres dossiers, il parle de « la malice des autres ».

Mais aucune mécanique ne permettrait d’expliquer systématiquement pourquoi une personne est touchée plutôt qu’une autre.

Sur un point, en revanche, il se veut catégorique : « Ce n’est pas contagieux. »

Selon lui, côtoyer une personne concernée ne suffit donc pas à transmettre quoi que ce soit. La croyance religieuse ne constituerait pas non plus une protection ou une condition préalable : ces phénomènes peuvent, affirme-t-il, concerner des croyants comme des non-croyants, mais également des personnes appartenant à d’autres religions.

À NOTER. L’abbé Henri Forestier sera présent mardi 29 au Six N’Étoiles pour la projection du documentaire Délivre-nous du mal, à 20H30 consacré à l’exorcisme. Il répondra aux questions du public. Réservations conseillées.

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Diable, possession, maisons hantées : un exorciste raconte ce qu’il dit avoir vécu

Chaque semaine, une dizaine de personnes franchissent sa porte. Et lorsque l’abbé Henri Forestier s’est retrouvé seul à assurer ce ministère dans le Var, il estime en avoir reçu près d’un millier en l’espace d’un an. Des chiffres impressionnants qui ne signifient pourtant pas que toutes ces personnes relèvent de l’exorcisme. Bien au contraire. Selon le prêtre, exorciste depuis plus de dix ans, environ 90 % de ceux qui viennent le consulter « n’ont pas de vrai problème avec le diable ».

Avant d’envisager une quelconque prière d’exorcisme, tout commence donc par une étape qu’il juge indispensable : le discernement.

Comment devient-on exorciste ?

« On ne choisit pas. C’est l’évêque qui vous appelle. » Pour remplir cette mission, l’abbé Henri Forestier évoque quelques qualités essentielles : ne pas être facilement impressionnable, savoir garder son calme et faire preuve de bon sens et de jugement.

Lui-même n’avait d’ailleurs pas spécialement cherché à endosser ce rôle. Lorsque son évêque le lui a proposé, il reconnaît avoir d’abord tenté de le convaincre de choisir quelqu’un d’autre.

Avez-vous déjà eu peur ?

« La première fois, oui. »

Car certains cas auxquels il dit avoir été confronté peuvent donner lieu à des réactions particulièrement impressionnantes. Il évoque des personnes qui se roulent au sol, crachent, insultent ou dont le comportement change brutalement.

Un épisode l’a particulièrement marqué. Alors qu’il priait pour une personne, celle-ci s’est mise à parler et lui aurait lancé : « Ce soir, tu vas voir, je m’occupe de toi. »

La menace l’accompagne jusqu’au soir. « J’avoue que j’étais un peu inquiet en me couchant. » Il raconte alors avoir prié la Sainte Vierge pour lui demander de le protéger. « Et je n’ai jamais aussi bien dormi ! »

Avec le recul, il dit avoir compris la mécanique de cette peur : « C’était de la menace, de la terreur », sans conséquence réelle pour lui. Avec les années et l’expérience, assure-t-il, cette appréhension a fini par disparaître.

Comment savoir si le diable est réellement en cause ?

C’est précisément toute la difficulté de son ministère. Avant d’aller plus loin, le prêtre cherche à éliminer les explications ordinaires : les difficultés de la vie, mais aussi les éventuels troubles psychologiques.

Il prend un exemple volontairement simple. Une personne qui lui explique que son chien est mort et qu’elle a l’impression que les malheurs s’accumulent dans son existence ne relève pas nécessairement, selon lui, d’un phénomène diabolique.

Le questionnement devient différent lorsqu’on lui rapporte des manifestations beaucoup plus inhabituelles. Il cite le cas hypothétique d’une personne lui disant : « Quand je me couche le soir, je vois du sang couler sur les murs et j’entends une voix qui me dit : “Tu vas mourir”. » Dans une telle situation, explique-t-il, il faut chercher à comprendre l’origine de ce qui est vécu.

Et comment distinguer ces phénomènes d’un trouble psychologique ?

L’entretien occupe une place centrale. Le prêtre écoute le récit de la personne, son parcours, mais aussi les maladies ou fragilités qu’elle a pu connaître. Lorsqu’un doute subsiste, il peut solliciter l’avis d’un psychologue ou d’un psychiatre afin de déterminer ce qui pourrait relever de leur domaine.

Cette collaboration fonctionne d’ailleurs dans les deux sens, affirme-t-il. Certains psychiatres lui adresseraient également des patients lorsqu’ils ne trouvent pas d’explication à ce qui leur est rapporté.

Pour l’abbé Henri Forestier, l’essentiel est de ne pas prétendre tout expliquer : chacun doit savoir reconnaître les limites de son domaine. Lorsqu’il estime qu’une personne doit être accompagnée par un professionnel de santé, il l’oriente vers lui. « Le but, c’est qu’elle aille mieux. »

Vous suivez malgré tout des cas que vous considérez comme sérieux ?

Oui. Le prêtre évoque « une petite dizaine » de personnes qu’il accompagne pour des manifestations qu’il juge particulièrement fortes, parfois durant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Il décrit notamment des difficultés à prier, des douleurs auxquelles les médecins n’auraient pas trouvé d’explication, des pensées obsessionnelles, des troubles du sommeil ou encore des voix.

Parfois, les témoignages concernent non plus seulement la personne, mais son environnement : bruits inexpliqués, objets qui semblent se déplacer ou phénomènes associés, dans l’imaginaire collectif, aux « maisons hantées ».

Le discernement devient alors encore plus complexe. Une maison, souligne-t-il, ne peut évidemment pas raconter ce qu’il s’y passe : le prêtre doit donc s’appuyer sur les témoignages de ceux qui y vivent. Il affirme néanmoins avoir déjà constaté l’arrêt de certains phénomènes après des prières.

Quand le surnaturel fascine toujours autant

Alors que la religion semble avoir perdu une partie de sa place dans la société, l’abbé Henri Forestier constate un phénomène qu’il juge paradoxal : l’intérêt pour le surnaturel, lui, reste particulièrement présent.

« On vit une époque où il y a une curiosité immense. » Séries, mangas ou productions populaires mettent régulièrement en scène des pouvoirs surnaturels, des démons ou des forces mystérieuses. Pour le prêtre, cette omniprésence témoigne d’une véritable fascination contemporaine.

Une curiosité qui, selon lui, dépasse largement la fiction. Il observe notamment l’attrait pour certaines thérapies alternatives ou pratiques de bien-être auxquelles des personnes peuvent avoir recours sans toujours, estime-t-il, s’interroger sur leurs origines.

Ouija, divination, magie, recours aux médiums : autant de pratiques qu’il rattache à l’ésotérisme. Il le définit comme la recherche d’une « puissance cachée » à laquelle on ferait appel pour accéder à des réalités inconnues ou obtenir des capacités qui dépasseraient celles de l’être humain.

C’est à cet endroit que le prêtre place une limite. Ces pratiques relèvent, dans la doctrine de l’Église catholique, de la divination ou de la magie et sont à ce titre déconseillées. Certaines personnes, ajoute-t-il, peuvent parfois aller plus loin tout en ayant conscience de s’adresser à quelque chose qu’elles considèrent elles-mêmes comme néfaste.

Et aucun âge ne serait particulièrement épargné. « Tout arrive aujourd’hui. Tous les âges peuvent être concernés. »

Mais derrière les récits spectaculaires, l’abbé Henri Forestier veut surtout attirer l’attention sur ceux qu’il considère comme confrontés à de véritables phénomènes diaboliques. Il décrit des personnes souvent très isolées, qui hésitent à raconter ce qu’elles vivent de peur d’être incomprises, rejetées ou de perdre certains proches.

Une réalité humaine qu’il tient à replacer au centre du sujet : « Ce sont des personnes comme vous et moi. Elles sont nos frères. »

L’exorcisme au cinéma : réalité ou grand spectacle ?

Les films d’exorcisme sont-ils totalement éloignés de ce que le prêtre affirme rencontrer dans son ministère ? « Oui et non », répond l’abbé Henri Forestier.

Certaines scènes lui rappellent des comportements qu’il dit avoir déjà observés. Il évoque notamment des changements d’expression ou d’attitude si soudains qu’une personne peut sembler avoir un visage différent.

Il se souvient ainsi d’une femme pour laquelle il priait en présence de son mari. Au moment où sa voix et son comportement se modifiaient, raconte-t-il, son époux lui-même disait ne plus reconnaître la femme qu’il avait devant lui.

Mais entre ce type d’expérience et sa représentation sur grand écran, il place une limite nette. Le cinéma, rappelle-t-il, doit aussi captiver son public.

« Il y a quand même un “péché originel”, si vous me permettez l’expression, dans les films hollywoodiens : il faut que cela puisse se vendre et que cela fasse un film fameux. Donc ils en rajoutent toujours. »

Autrement dit, certains phénomènes montrés à l’écran peuvent, selon lui, avoir un écho avec ce qu’il rencontre, mais leur mise en scène est amplifiée par les impératifs du spectacle.

Pourquoi certains et pas d’autres ?

Pourquoi une personne serait-elle confrontée à ces phénomènes quand une autre ne le sera jamais ? Sur ce point, l’abbé Henri Forestier ne prétend pas avoir de réponse définitive.

« C’est un grand mystère », reconnaît-il.

Et il refuse d’établir un lien automatique entre la conduite morale d’une personne et ce qui pourrait lui arriver. Des individus peuvent commettre « des choses atroces » sans jamais connaître de telles manifestations, tandis que d’autres, menant une existence parfaitement ordinaire, peuvent selon lui y être confrontés.

Dans certaines situations, le prêtre estime néanmoins pouvoir identifier un élément déclencheur. Il évoque notamment des personnes ayant mené des « expériences sulfureuses et dangereuses » à travers certaines pratiques ésotériques. Dans d’autres dossiers, il parle de « la malice des autres ».

Mais aucune mécanique ne permettrait d’expliquer systématiquement pourquoi une personne est touchée plutôt qu’une autre.

Sur un point, en revanche, il se veut catégorique : « Ce n’est pas contagieux. »

Selon lui, côtoyer une personne concernée ne suffit donc pas à transmettre quoi que ce soit. La croyance religieuse ne constituerait pas non plus une protection ou une condition préalable : ces phénomènes peuvent, affirme-t-il, concerner des croyants comme des non-croyants, mais également des personnes appartenant à d’autres religions.

À NOTER. L’abbé Henri Forestier sera présent mardi 29 au Six N’Étoiles pour la projection du documentaire Délivre-nous du mal, à 20H30 consacré à l’exorcisme. Il répondra aux questions du public. Réservations conseillées.

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Diable, possession, maisons hantées : un exorciste raconte ce qu’il dit avoir vécu

Chaque semaine, une dizaine de personnes franchissent sa porte. Et lorsque l’abbé Henri Forestier s’est retrouvé seul à assurer ce ministère dans le Var, il estime en avoir reçu près d’un millier en l’espace d’un an. Des chiffres impressionnants qui ne signifient pourtant pas que toutes ces personnes relèvent de l’exorcisme. Bien au contraire. Selon le prêtre, exorciste depuis plus de dix ans, environ 90 % de ceux qui viennent le consulter « n’ont pas de vrai problème avec le diable ».

Avant d’envisager une quelconque prière d’exorcisme, tout commence donc par une étape qu’il juge indispensable : le discernement.

Comment devient-on exorciste ?

« On ne choisit pas. C’est l’évêque qui vous appelle. » Pour remplir cette mission, l’abbé Henri Forestier évoque quelques qualités essentielles : ne pas être facilement impressionnable, savoir garder son calme et faire preuve de bon sens et de jugement.

Lui-même n’avait d’ailleurs pas spécialement cherché à endosser ce rôle. Lorsque son évêque le lui a proposé, il reconnaît avoir d’abord tenté de le convaincre de choisir quelqu’un d’autre.

Avez-vous déjà eu peur ?

« La première fois, oui. »

Car certains cas auxquels il dit avoir été confronté peuvent donner lieu à des réactions particulièrement impressionnantes. Il évoque des personnes qui se roulent au sol, crachent, insultent ou dont le comportement change brutalement.

Un épisode l’a particulièrement marqué. Alors qu’il priait pour une personne, celle-ci s’est mise à parler et lui aurait lancé : « Ce soir, tu vas voir, je m’occupe de toi. »

La menace l’accompagne jusqu’au soir. « J’avoue que j’étais un peu inquiet en me couchant. » Il raconte alors avoir prié la Sainte Vierge pour lui demander de le protéger. « Et je n’ai jamais aussi bien dormi ! »

Avec le recul, il dit avoir compris la mécanique de cette peur : « C’était de la menace, de la terreur », sans conséquence réelle pour lui. Avec les années et l’expérience, assure-t-il, cette appréhension a fini par disparaître.

Comment savoir si le diable est réellement en cause ?

C’est précisément toute la difficulté de son ministère. Avant d’aller plus loin, le prêtre cherche à éliminer les explications ordinaires : les difficultés de la vie, mais aussi les éventuels troubles psychologiques.

Il prend un exemple volontairement simple. Une personne qui lui explique que son chien est mort et qu’elle a l’impression que les malheurs s’accumulent dans son existence ne relève pas nécessairement, selon lui, d’un phénomène diabolique.

Le questionnement devient différent lorsqu’on lui rapporte des manifestations beaucoup plus inhabituelles. Il cite le cas hypothétique d’une personne lui disant : « Quand je me couche le soir, je vois du sang couler sur les murs et j’entends une voix qui me dit : “Tu vas mourir”. » Dans une telle situation, explique-t-il, il faut chercher à comprendre l’origine de ce qui est vécu.

Et comment distinguer ces phénomènes d’un trouble psychologique ?

L’entretien occupe une place centrale. Le prêtre écoute le récit de la personne, son parcours, mais aussi les maladies ou fragilités qu’elle a pu connaître. Lorsqu’un doute subsiste, il peut solliciter l’avis d’un psychologue ou d’un psychiatre afin de déterminer ce qui pourrait relever de leur domaine.

Cette collaboration fonctionne d’ailleurs dans les deux sens, affirme-t-il. Certains psychiatres lui adresseraient également des patients lorsqu’ils ne trouvent pas d’explication à ce qui leur est rapporté.

Pour l’abbé Henri Forestier, l’essentiel est de ne pas prétendre tout expliquer : chacun doit savoir reconnaître les limites de son domaine. Lorsqu’il estime qu’une personne doit être accompagnée par un professionnel de santé, il l’oriente vers lui. « Le but, c’est qu’elle aille mieux. »

Vous suivez malgré tout des cas que vous considérez comme sérieux ?

Oui. Le prêtre évoque « une petite dizaine » de personnes qu’il accompagne pour des manifestations qu’il juge particulièrement fortes, parfois durant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Il décrit notamment des difficultés à prier, des douleurs auxquelles les médecins n’auraient pas trouvé d’explication, des pensées obsessionnelles, des troubles du sommeil ou encore des voix.

Parfois, les témoignages concernent non plus seulement la personne, mais son environnement : bruits inexpliqués, objets qui semblent se déplacer ou phénomènes associés, dans l’imaginaire collectif, aux « maisons hantées ».

Le discernement devient alors encore plus complexe. Une maison, souligne-t-il, ne peut évidemment pas raconter ce qu’il s’y passe : le prêtre doit donc s’appuyer sur les témoignages de ceux qui y vivent. Il affirme néanmoins avoir déjà constaté l’arrêt de certains phénomènes après des prières.

Quand le surnaturel fascine toujours autant

Alors que la religion semble avoir perdu une partie de sa place dans la société, l’abbé Henri Forestier constate un phénomène qu’il juge paradoxal : l’intérêt pour le surnaturel, lui, reste particulièrement présent.

« On vit une époque où il y a une curiosité immense. » Séries, mangas ou productions populaires mettent régulièrement en scène des pouvoirs surnaturels, des démons ou des forces mystérieuses. Pour le prêtre, cette omniprésence témoigne d’une véritable fascination contemporaine.

Une curiosité qui, selon lui, dépasse largement la fiction. Il observe notamment l’attrait pour certaines thérapies alternatives ou pratiques de bien-être auxquelles des personnes peuvent avoir recours sans toujours, estime-t-il, s’interroger sur leurs origines.

Ouija, divination, magie, recours aux médiums : autant de pratiques qu’il rattache à l’ésotérisme. Il le définit comme la recherche d’une « puissance cachée » à laquelle on ferait appel pour accéder à des réalités inconnues ou obtenir des capacités qui dépasseraient celles de l’être humain.

C’est à cet endroit que le prêtre place une limite. Ces pratiques relèvent, dans la doctrine de l’Église catholique, de la divination ou de la magie et sont à ce titre déconseillées. Certaines personnes, ajoute-t-il, peuvent parfois aller plus loin tout en ayant conscience de s’adresser à quelque chose qu’elles considèrent elles-mêmes comme néfaste.

Et aucun âge ne serait particulièrement épargné. « Tout arrive aujourd’hui. Tous les âges peuvent être concernés. »

Mais derrière les récits spectaculaires, l’abbé Henri Forestier veut surtout attirer l’attention sur ceux qu’il considère comme confrontés à de véritables phénomènes diaboliques. Il décrit des personnes souvent très isolées, qui hésitent à raconter ce qu’elles vivent de peur d’être incomprises, rejetées ou de perdre certains proches.

Une réalité humaine qu’il tient à replacer au centre du sujet : « Ce sont des personnes comme vous et moi. Elles sont nos frères. »

L’exorcisme au cinéma : réalité ou grand spectacle ?

Les films d’exorcisme sont-ils totalement éloignés de ce que le prêtre affirme rencontrer dans son ministère ? « Oui et non », répond l’abbé Henri Forestier.

Certaines scènes lui rappellent des comportements qu’il dit avoir déjà observés. Il évoque notamment des changements d’expression ou d’attitude si soudains qu’une personne peut sembler avoir un visage différent.

Il se souvient ainsi d’une femme pour laquelle il priait en présence de son mari. Au moment où sa voix et son comportement se modifiaient, raconte-t-il, son époux lui-même disait ne plus reconnaître la femme qu’il avait devant lui.

Mais entre ce type d’expérience et sa représentation sur grand écran, il place une limite nette. Le cinéma, rappelle-t-il, doit aussi captiver son public.

« Il y a quand même un “péché originel”, si vous me permettez l’expression, dans les films hollywoodiens : il faut que cela puisse se vendre et que cela fasse un film fameux. Donc ils en rajoutent toujours. »

Autrement dit, certains phénomènes montrés à l’écran peuvent, selon lui, avoir un écho avec ce qu’il rencontre, mais leur mise en scène est amplifiée par les impératifs du spectacle.

Pourquoi certains et pas d’autres ?

Pourquoi une personne serait-elle confrontée à ces phénomènes quand une autre ne le sera jamais ? Sur ce point, l’abbé Henri Forestier ne prétend pas avoir de réponse définitive.

« C’est un grand mystère », reconnaît-il.

Et il refuse d’établir un lien automatique entre la conduite morale d’une personne et ce qui pourrait lui arriver. Des individus peuvent commettre « des choses atroces » sans jamais connaître de telles manifestations, tandis que d’autres, menant une existence parfaitement ordinaire, peuvent selon lui y être confrontés.

Dans certaines situations, le prêtre estime néanmoins pouvoir identifier un élément déclencheur. Il évoque notamment des personnes ayant mené des « expériences sulfureuses et dangereuses » à travers certaines pratiques ésotériques. Dans d’autres dossiers, il parle de « la malice des autres ».

Mais aucune mécanique ne permettrait d’expliquer systématiquement pourquoi une personne est touchée plutôt qu’une autre.

Sur un point, en revanche, il se veut catégorique : « Ce n’est pas contagieux. »

Selon lui, côtoyer une personne concernée ne suffit donc pas à transmettre quoi que ce soit. La croyance religieuse ne constituerait pas non plus une protection ou une condition préalable : ces phénomènes peuvent, affirme-t-il, concerner des croyants comme des non-croyants, mais également des personnes appartenant à d’autres religions.

À NOTER. L’abbé Henri Forestier sera présent mardi 29 au Six N’Étoiles pour la projection du documentaire Délivre-nous du mal, à 20H30 consacré à l’exorcisme. Il répondra aux questions du public. Réservations conseillées.

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Chaque semaine, une dizaine de personnes franchissent sa porte. Et lorsque l’abbé Henri Forestier s’est retrouvé seul à assurer ce ministère dans le Var, il estime en avoir reçu près d’un millier en l’espace d’un an. Des chiffres impressionnants qui ne signifient pourtant pas que toutes ces personnes relèvent de l’exorcisme. Bien au contraire. Selon le prêtre, exorciste depuis plus de dix ans, environ 90 % de ceux qui viennent le consulter « n’ont pas de vrai problème avec le diable ».

Avant d’envisager une quelconque prière d’exorcisme, tout commence donc par une étape qu’il juge indispensable : le discernement.

Comment devient-on exorciste ?

« On ne choisit pas. C’est l’évêque qui vous appelle. » Pour remplir cette mission, l’abbé Henri Forestier évoque quelques qualités essentielles : ne pas être facilement impressionnable, savoir garder son calme et faire preuve de bon sens et de jugement.

Lui-même n’avait d’ailleurs pas spécialement cherché à endosser ce rôle. Lorsque son évêque le lui a proposé, il reconnaît avoir d’abord tenté de le convaincre de choisir quelqu’un d’autre.

Avez-vous déjà eu peur ?

« La première fois, oui. »

Car certains cas auxquels il dit avoir été confronté peuvent donner lieu à des réactions particulièrement impressionnantes. Il évoque des personnes qui se roulent au sol, crachent, insultent ou dont le comportement change brutalement.

Un épisode l’a particulièrement marqué. Alors qu’il priait pour une personne, celle-ci s’est mise à parler et lui aurait lancé : « Ce soir, tu vas voir, je m’occupe de toi. »

La menace l’accompagne jusqu’au soir. « J’avoue que j’étais un peu inquiet en me couchant. » Il raconte alors avoir prié la Sainte Vierge pour lui demander de le protéger. « Et je n’ai jamais aussi bien dormi ! »

Avec le recul, il dit avoir compris la mécanique de cette peur : « C’était de la menace, de la terreur », sans conséquence réelle pour lui. Avec les années et l’expérience, assure-t-il, cette appréhension a fini par disparaître.

Comment savoir si le diable est réellement en cause ?

C’est précisément toute la difficulté de son ministère. Avant d’aller plus loin, le prêtre cherche à éliminer les explications ordinaires : les difficultés de la vie, mais aussi les éventuels troubles psychologiques.

Il prend un exemple volontairement simple. Une personne qui lui explique que son chien est mort et qu’elle a l’impression que les malheurs s’accumulent dans son existence ne relève pas nécessairement, selon lui, d’un phénomène diabolique.

Le questionnement devient différent lorsqu’on lui rapporte des manifestations beaucoup plus inhabituelles. Il cite le cas hypothétique d’une personne lui disant : « Quand je me couche le soir, je vois du sang couler sur les murs et j’entends une voix qui me dit : “Tu vas mourir”. » Dans une telle situation, explique-t-il, il faut chercher à comprendre l’origine de ce qui est vécu.

Et comment distinguer ces phénomènes d’un trouble psychologique ?

L’entretien occupe une place centrale. Le prêtre écoute le récit de la personne, son parcours, mais aussi les maladies ou fragilités qu’elle a pu connaître. Lorsqu’un doute subsiste, il peut solliciter l’avis d’un psychologue ou d’un psychiatre afin de déterminer ce qui pourrait relever de leur domaine.

Cette collaboration fonctionne d’ailleurs dans les deux sens, affirme-t-il. Certains psychiatres lui adresseraient également des patients lorsqu’ils ne trouvent pas d’explication à ce qui leur est rapporté.

Pour l’abbé Henri Forestier, l’essentiel est de ne pas prétendre tout expliquer : chacun doit savoir reconnaître les limites de son domaine. Lorsqu’il estime qu’une personne doit être accompagnée par un professionnel de santé, il l’oriente vers lui. « Le but, c’est qu’elle aille mieux. »

Vous suivez malgré tout des cas que vous considérez comme sérieux ?

Oui. Le prêtre évoque « une petite dizaine » de personnes qu’il accompagne pour des manifestations qu’il juge particulièrement fortes, parfois durant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Il décrit notamment des difficultés à prier, des douleurs auxquelles les médecins n’auraient pas trouvé d’explication, des pensées obsessionnelles, des troubles du sommeil ou encore des voix.

Parfois, les témoignages concernent non plus seulement la personne, mais son environnement : bruits inexpliqués, objets qui semblent se déplacer ou phénomènes associés, dans l’imaginaire collectif, aux « maisons hantées ».

Le discernement devient alors encore plus complexe. Une maison, souligne-t-il, ne peut évidemment pas raconter ce qu’il s’y passe : le prêtre doit donc s’appuyer sur les témoignages de ceux qui y vivent. Il affirme néanmoins avoir déjà constaté l’arrêt de certains phénomènes après des prières.

Quand le surnaturel fascine toujours autant

Alors que la religion semble avoir perdu une partie de sa place dans la société, l’abbé Henri Forestier constate un phénomène qu’il juge paradoxal : l’intérêt pour le surnaturel, lui, reste particulièrement présent.

« On vit une époque où il y a une curiosité immense. » Séries, mangas ou productions populaires mettent régulièrement en scène des pouvoirs surnaturels, des démons ou des forces mystérieuses. Pour le prêtre, cette omniprésence témoigne d’une véritable fascination contemporaine.

Une curiosité qui, selon lui, dépasse largement la fiction. Il observe notamment l’attrait pour certaines thérapies alternatives ou pratiques de bien-être auxquelles des personnes peuvent avoir recours sans toujours, estime-t-il, s’interroger sur leurs origines.

Ouija, divination, magie, recours aux médiums : autant de pratiques qu’il rattache à l’ésotérisme. Il le définit comme la recherche d’une « puissance cachée » à laquelle on ferait appel pour accéder à des réalités inconnues ou obtenir des capacités qui dépasseraient celles de l’être humain.

C’est à cet endroit que le prêtre place une limite. Ces pratiques relèvent, dans la doctrine de l’Église catholique, de la divination ou de la magie et sont à ce titre déconseillées. Certaines personnes, ajoute-t-il, peuvent parfois aller plus loin tout en ayant conscience de s’adresser à quelque chose qu’elles considèrent elles-mêmes comme néfaste.

Et aucun âge ne serait particulièrement épargné. « Tout arrive aujourd’hui. Tous les âges peuvent être concernés. »

Mais derrière les récits spectaculaires, l’abbé Henri Forestier veut surtout attirer l’attention sur ceux qu’il considère comme confrontés à de véritables phénomènes diaboliques. Il décrit des personnes souvent très isolées, qui hésitent à raconter ce qu’elles vivent de peur d’être incomprises, rejetées ou de perdre certains proches.

Une réalité humaine qu’il tient à replacer au centre du sujet : « Ce sont des personnes comme vous et moi. Elles sont nos frères. »

L’exorcisme au cinéma : réalité ou grand spectacle ?

Les films d’exorcisme sont-ils totalement éloignés de ce que le prêtre affirme rencontrer dans son ministère ? « Oui et non », répond l’abbé Henri Forestier.

Certaines scènes lui rappellent des comportements qu’il dit avoir déjà observés. Il évoque notamment des changements d’expression ou d’attitude si soudains qu’une personne peut sembler avoir un visage différent.

Il se souvient ainsi d’une femme pour laquelle il priait en présence de son mari. Au moment où sa voix et son comportement se modifiaient, raconte-t-il, son époux lui-même disait ne plus reconnaître la femme qu’il avait devant lui.

Mais entre ce type d’expérience et sa représentation sur grand écran, il place une limite nette. Le cinéma, rappelle-t-il, doit aussi captiver son public.

« Il y a quand même un “péché originel”, si vous me permettez l’expression, dans les films hollywoodiens : il faut que cela puisse se vendre et que cela fasse un film fameux. Donc ils en rajoutent toujours. »

Autrement dit, certains phénomènes montrés à l’écran peuvent, selon lui, avoir un écho avec ce qu’il rencontre, mais leur mise en scène est amplifiée par les impératifs du spectacle.

Pourquoi certains et pas d’autres ?

Pourquoi une personne serait-elle confrontée à ces phénomènes quand une autre ne le sera jamais ? Sur ce point, l’abbé Henri Forestier ne prétend pas avoir de réponse définitive.

« C’est un grand mystère », reconnaît-il.

Et il refuse d’établir un lien automatique entre la conduite morale d’une personne et ce qui pourrait lui arriver. Des individus peuvent commettre « des choses atroces » sans jamais connaître de telles manifestations, tandis que d’autres, menant une existence parfaitement ordinaire, peuvent selon lui y être confrontés.

Dans certaines situations, le prêtre estime néanmoins pouvoir identifier un élément déclencheur. Il évoque notamment des personnes ayant mené des « expériences sulfureuses et dangereuses » à travers certaines pratiques ésotériques. Dans d’autres dossiers, il parle de « la malice des autres ».

Mais aucune mécanique ne permettrait d’expliquer systématiquement pourquoi une personne est touchée plutôt qu’une autre.

Sur un point, en revanche, il se veut catégorique : « Ce n’est pas contagieux. »

Selon lui, côtoyer une personne concernée ne suffit donc pas à transmettre quoi que ce soit. La croyance religieuse ne constituerait pas non plus une protection ou une condition préalable : ces phénomènes peuvent, affirme-t-il, concerner des croyants comme des non-croyants, mais également des personnes appartenant à d’autres religions.

À NOTER. L’abbé Henri Forestier sera présent mardi 29 au Six N’Étoiles pour la projection du documentaire Délivre-nous du mal, à 20H30 consacré à l’exorcisme. Il répondra aux questions du public. Réservations conseillées.

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