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	<title>Le Petit Varois.Fr</title>
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		<title>Au Brusc, quand les pêcheurs réclamaient des navires de guerre contre les « marsouins »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 18:50:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Ils ne sont plus que trois à exercer le métier au Brusc. À la fin du XIXe siècle, les pêcheurs se comptaient encore par dizaines. Confrontés aux dégâts provoqués par les « marsouins » dans leurs filets, ils avaient imaginé une solution pour le moins radicale : faire intervenir la Marine nationale. Une étonnante bataille dont les archives conservent la trace.</strong></p>
<p>Aujourd’hui, les pointus font partie du paysage du Brusc, rappelant le passé maritime de ce petit port. Mais la pêche y représentait autrefois une activité économique essentielle, faisant vivre de nombreuses familles. Selon un historique publié par <em>L’Encre de Mer</em>, la prud’homie du Brusc comptait 45 pêcheurs lors de son rétablissement, en 1871. Ils ne sont plus que trois professionnels aujourd’hui.</p>
<p>À une époque où chaque sortie en mer contribuait directement aux revenus du foyer, les dégâts occasionnés aux filets pouvaient avoir de lourdes conséquences. Non seulement les pêcheurs perdaient une partie de leurs prises, mais ils devaient également consacrer du temps et de l&rsquo;argent à la réparation de leur matériel.</p>
<h3>En 1882, les pêcheurs appellent la Marine à la rescousse</h3>
<p>Le 27 mars 1882, les patrons pêcheurs du Brusc entreprennent une démarche surprenante : ils suggèrent de mobiliser des bâtiments militaires pour éliminer les « marsouins » responsables des dommages causés à leurs filets. Cette initiative est rapportée par l&rsquo;historien Henri Ribot, à partir des travaux de Lucien Patania et Jacques Guillaume consacrés à l&rsquo;histoire des prud&rsquo;homies varoises.</p>
<p>Mais de quels animaux parlait-on exactement ? Comme le précise l&rsquo;historien Émilien Réveillon, le mot « marsouin » était autrefois employé assez largement par les pêcheurs pour désigner plusieurs espèces de petits cétacés, notamment les dauphins. Impossible, dès lors, de déterminer avec certitude quelle espèce était visée dans cette affaire.</p>
<h3>De Bandol à Cassis, la mobilisation s&rsquo;organise</h3>
<p>Près d&rsquo;un quart de siècle plus tard, les difficultés persistent. Le 1er mai 1906, Marius Bonnegrace, premier prud&rsquo;homme de Bandol, prend l&rsquo;initiative de réunir les professionnels du littoral. Il écrit aux prud&rsquo;homies du Brusc, de Sanary, de La Ciotat et de Cassis pour dénoncer <em>« les grandes bandes de marsouins qui dévorent continuellement nos filets »</em>. Il propose une rencontre à Bandol afin d&rsquo;organiser une démarche commune auprès des autorités.</p>
<p>Dix jours plus tard, le 11 mai, il s&rsquo;adresse directement à l&rsquo;administrateur des Affaires maritimes de Toulon. Sa requête est explicite : obtenir l&rsquo;intervention d&rsquo;un torpilleur pour chasser les cétacés sur toute la portion de côte comprise entre Cassis et le Brusc.</p>
<p>Derrière cette demande spectaculaire se cache une préoccupation bien plus terre à terre : permettre aux familles de continuer à vivre du produit de leur pêche.</p>
<h3>Des mitrailleuses et des canons contre les cétacés</h3>
<p>A-t-on réellement envoyé un navire de guerre au large du Brusc ? Les documents permettant de confirmer la suite donnée à ces requêtes restent à retrouver. En revanche, de telles opérations ont bel et bien existé sur les côtes varoises.</p>
<p>Les historiens Daniel Faget et Laurence Le Diréach ont notamment documenté l&rsquo;utilisation de torpilleurs stationnés à Toulon, dont les équipages faisaient usage de mitrailleuses et de canons contre les cétacés. Avant la Première Guerre mondiale, des fusils militaires réformés furent également remis aux pêcheurs pour leur permettre de lutter contre ces animaux.</p>
<p>L&rsquo;idée ne disparaît pas avec le temps. En 1929, le conseil général du Var envisage même l&rsquo;acquisition de huit petites vedettes spécialement affectées à cette chasse. Les revendications en faveur de la destruction des cétacés se prolongeront jusque dans les années 1950.</p>
<p>Depuis, les mentalités ont profondément changé. Les dauphins, longtemps considérés comme des concurrents menaçant les ressources des pêcheurs, sont devenus des animaux emblématiques de la Méditerranée, appréciés et protégés. L&rsquo;historien Émilien Réveillon a notamment étudié cette évolution à Saint-Tropez, où la fascination grandissante pour ces mammifères marins a progressivement coexisté avec les plaintes des professionnels concernant leurs filets.</p>
<p><strong>Une histoire qui rappelle combien le rapport entre les hommes et la mer a changé en un peu plus d&rsquo;un siècle. Et combien, derrière les paysages paisibles du Brusc, se cachent parfois des épisodes insoupçonnés de la vie du port.</strong></p>
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		<title>Daniel Carini, un aïoli et trois siècles de souvenirs six-fournais</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/daniel-carini-un-aioli-et-trois-siecles-de-souvenirs-six-fournais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 18:23:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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					<description><![CDATA[Vainqueur du concours d’aïoli organisé ce week-end par la Ville, place Jean-Jaurès, Daniel Carini, dit « Bogou », n’a rien perdu des traditions de ses anciens. Derrière son mortier et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Vainqueur du concours d’aïoli organisé ce week-end par la Ville, place Jean-Jaurès, Daniel Carini, dit « Bogou », n’a rien perdu des traditions de ses anciens. Derrière son mortier et son pilon vieux de près de 200 ans, c’est aussi la mémoire d’un Six-Fours rural, entre jardins, forêt et Méditerranée, qu’il fait revivre.</strong></p>
<p>Dans la forêt de Six-Fours, Daniel Carini connaît des endroits dont les noms ne figurent pas toujours sur les cartes. Des coins à asperges, des passages à champignons, mais aussi des rochers sur lesquels les derniers chevriers auraient gravé les silhouettes des bateaux qu’ils observaient entrer dans la baie tout en surveillant leurs troupeaux. Autant de traces d’un temps où les habitants vivaient au rythme des saisons et des ressources de leur territoire.</p>
<p>Cette mémoire, Daniel la cultive depuis l’enfance. Et parmi les souvenirs les plus vivaces figure celui de son grand-père préparant l’aïoli, sous le regard des pitchouns. Mais attention à ne pas faire trop de bruit ! « C’était sacré. Il fallait de la concentration, sinon on pouvait vite le rater. » Lorsque les enfants s&rsquo;agitaient trop, le grand-père appelait sa femme en provençal pour qu’elle les fasse taire, au risque de « caguer l’aïoli ».</p>
<p>Près de deux siècles plus tard, le pilon familial est toujours là. Transmis de génération en génération, il accompagne désormais Daniel, dont la famille est établie à Six-Fours depuis au moins 300 ans.</p>
<h2>L’aïoli, un repas qui ne coûtait presque rien</h2>
<p>Bien avant de devenir l’objet de concours, l’aïoli était surtout une occasion de se retrouver. « On faisait l’aïoli dans le quartier, dans le village, en famille. Généralement, c’était quand on ne travaillait pas. »</p>
<p>Le principe était simple : chacun contribuait au repas avec les moyens du bord. Quelques pommes de terre, des carottes, des œufs, du poisson et, bien sûr, de l’ail et de l’huile d’olive. « Ça coûtait trois fois rien, sauf l’huile, mais là encore, certains possédaient des oliviers, alors ça venait de la récolte. »</p>
<p>Dans ce Six-Fours encore agricole, les habitants disposaient souvent de leurs propres ressources. On cultivait son jardin, on élevait quelques animaux, on pêchait ou l’on profitait des produits de la forêt. Une manière de vivre dont Daniel a conservé les habitudes. Il lui arrive encore de partir cueillir ce que la nature lui offre. « On se nourrissait ainsi. C’était la débrouille, notre petit plaisir. »</p>
<h2>Un pilon qui tient debout et des galéjades</h2>
<p>L’aïoli, c’était aussi l’occasion de quelques bonnes galéjades, ces plaisanteries provençales qui animaient les grandes tablées. « Ce sont des boutades entre les gens », explique Daniel.</p>
<p>Et de ce côté-là, les traditions ont manifestement la vie dure. Lors du concours organisé place Jean-Jaurès, auquel son fils l’avait inscrit sans même le prévenir, Daniel n’a pas échappé aux moqueries amicales. « Tu as mis le pilon au frais ? Sinon elle ne va pas monter ! »</p>
<p>Lorsque son aïoli a pris suffisamment de consistance pour maintenir le vieux pilon à la verticale, les plaisanteries ont redoublé. Certains l’ont même soupçonné d’avoir ajouté quelques « petites pilules bleues » à sa recette !</p>
<p>Son secret est pourtant bien plus traditionnel : « C’est surtout le tour de main. Et le cœur, bien évidemment. »</p>
<p>Daniel ne s’attendait pas à remporter le concours. Les préparations étaient soumises à un jury qui les dégustait à l’aveugle, dans des pots numérotés. Mais les visiteurs venus goûter les sauces lui avaient déjà laissé entendre que la sienne sortait du lot. Le verdict leur a donné raison.</p>
<p>Une victoire pour Daniel Carini, ou plutôt pour « Bogou », ce surnom hérité de son père, ainsi appelé parce qu’il était, selon son fils, « un petit peu pêcheur, un petit peu chasseur et un petit peu menteur ».</p>
<h2>Quand le Jaumard vivait au rythme des champs</h2>
<p>Derrière l’amateur d’aïoli se cache aussi un témoin d’un Six-Fours aujourd’hui disparu. Daniel a grandi au Jaumard, à une époque où les maisons étaient entourées de « champs à perte de vue », de poules, de lapins et de cultures de blé.</p>
<p>La vie y était rude et les équipements rudimentaires. « On vivait comme au Moyen Âge », se souvient-il. Pas d’eau courante, pas de tout-à-l’égout. Dès l’âge de sept ans, il devait aller puiser de l’eau pour sa mère, malade du cœur, avant de prendre à pied le chemin de l’école, « qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige ».</p>
<p>Pour autant, les familles trouvaient de quoi se nourrir grâce aux cultures et aux animaux. Les enfants participaient eux aussi aux travaux agricoles. Daniel se rappelle les vendanges et cet agriculteur qui installait les pitchouns sur une planche tirée par une vache afin de tasser la terre. Une tâche qui ressemblait davantage à une partie de plaisir pour les plus jeunes.</p>
<figure id="attachment_34249" aria-describedby="caption-attachment-34249" style="width: 696px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-34249 size-large" src="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-1024x736.jpeg?x47522" alt="" width="696" height="500" srcset="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-1024x736.jpeg 1024w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-300x216.jpeg 300w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-768x552.jpeg 768w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-150x108.jpeg 150w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-696x500.jpeg 696w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-1068x767.jpeg 1068w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246-585x420.jpeg 585w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/11/52a1fc6287ea636a1f9a1fv_01325246.jpeg 1179w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption id="caption-attachment-34249" class="wp-caption-text">Screenshot</figcaption></figure>
<h2>La forêt, dernier refuge des souvenirs</h2>
<p>De cette enfance, Daniel a gardé une connaissance intime de la forêt six-fournaise. « Dans la forêt, il y a tout », assure-t-il. Les plantes comestibles, les champignons, le gibier, mais également les histoires transmises par les générations précédentes.</p>
<p>Son père, par exemple, annonçait parfois qu’il allait chercher la bécasse « près du tombeau des jumeaux », un de ces lieux-dits dont la mémoire s’est conservée oralement.</p>
<p>Daniel se souvient également des grandes arrivées d’oiseaux, par milliers, qui venaient passer la nuit dans les arbres. Son père en prélevait quelques-uns au fusil, qui terminaient ensuite en brochettes à la maison. Puis ces rassemblements ont progressivement disparu. Si la chasse a souvent été mise en cause, Daniel estime que l’usage des pesticides a également contribué à cette raréfaction.</p>
<p>Aujourd’hui, il continue de parcourir les mêmes sentiers, attentif aux traces et aux récits laissés par ceux qui l’ont précédé. Car au-delà des documents d’archives, il existe une autre histoire de Six-Fours, faite de souvenirs, de noms de lieux et de traditions populaires. Une mémoire vivante que, selon ses mots, « les anciens sont prêts à donner à qui sait les entendre ».</p>
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		<title>Au Brusc, Mimi Dodero a laissé bien des souvenirs</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/au-brusc-mimi-dodero-a-laisse-bien-des-souvenirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:58:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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					<description><![CDATA[Au Brusc, le nom de Mimi Dodero évoque autant les poissons fraîchement débarqués que les bouillabaisses partagées entre amis. Disparue en avril, cette figure du petit port avait consacré une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []">Au Brusc, le nom de Mimi Dodero évoque autant les poissons fraîchement débarqués que les bouillabaisses partagées entre amis. Disparue en avril, cette figure du petit port avait consacré une grande partie de sa vie à la pêche, aux marchés et surtout aux autres. À 94 ans, son époux Léon se souvient de leur première rencontre, un soir de réveillon. Elle avait 26 ans, lui 27. De cette histoire d&rsquo;amour sont nés deux enfants et quatre petits-enfants. <em>« On a fait du bon boulot »</em>, glisse-t-il avec malice.</p>
<h3>Une poissonnière qui aimait rire</h3>
<p>Dans la famille Dodero, le commerce du poisson remonte à plusieurs générations. Bien avant Mimi, Berthe, la grand-mère de Léon, sillonnait les campagnes avec une brouette pour écouler la pêche. Une vieille balance conservée par le couple rappelle encore cette époque.</p>
<p>Mimi avait naturellement trouvé sa place dans cette tradition. Pendant que Léon prenait la mer, elle assurait la vente sur les marchés, avec une aisance que son mari reconnaît ne jamais avoir eue. <em>« Dès qu&rsquo;il fallait blaguer, elle était là. Dès qu&rsquo;il fallait parler, elle était là. Dès qu&rsquo;il fallait rire, elle était là »</em>, raconte-t-il. Les journées étaient parfois longues, notamment lorsqu&rsquo;une pêche généreuse l&rsquo;obligeait à prendre la route de la criée de Toulon dès 4 heures du matin. Mais de cette vie exigeante, elle retenait surtout le bonheur : <em>« C&rsquo;étaient des années très heureuses. »</em></p>
<h3>Le jour où les champions ont goûté sa bouillabaisse</h3>
<p>Au-delà des marchés, Mimi s&rsquo;était forgé une solide réputation derrière les fourneaux. Sa spécialité ? La bouillabaisse, qu&rsquo;elle préparait notamment lors des fêtes organisées autour du restaurant de sa fille, sur le quai de la Prud&rsquo;homie. Les tablées pouvaient accueillir jusqu&rsquo;à une centaine de convives, pas davantage : il fallait pouvoir servir tout le monde.</p>
<p>En 1987, sa cuisine prend même des airs de troisième mi-temps historique. Le Rugby Club Toulonnais vient de décrocher le titre de champion de France. Léon, qui avait promis une bouillabaisse à Bernard Herrero en cas de victoire, doit tenir parole. Les joueurs arrivent au Brusc en car, accompagnés du prestigieux Bouclier de Brennus. Pour les recevoir, Mimi a préparé cinq marmites ! Une fête restée gravée dans les souvenirs de Léon, amoureux de la mer autant que du ballon ovale.</p>
<h3>À 94 ans, Léon n&rsquo;a rien perdu de sa répartie</h3>
<p>Aujourd&rsquo;hui, la maison des Dodero, face aux pointus, continue de vivre au rythme du port. Chaque matin, dès 8 heures, les voisins et les habitués s&rsquo;y retrouvent autour d&rsquo;un café et du journal. Certains entrent même sans frapper.</p>
<p>Un matin récent, alors qu&rsquo;une centaine de kilos de daurades viennent d&rsquo;être débarqués, un ami des pêcheurs pousse la porte pour réclamer des sacs. Léon ne manque pas l&rsquo;occasion : <em>« Tu es pêcheur et tu n&rsquo;as pas de sacs ? Tu n&rsquo;espérais rien pêcher ? Allez, sors de là ! »</em></p>
<p>Et lorsque Toulon joue au rugby, le salon accueille ceux qui ne disposent pas de Canal+. Chacun participe à sa façon : <em>« Il y en a un qui apporte toujours les crêpes, un autre le cidre. Et le troisième, on ne peut pas dire qu&rsquo;il vienne les mains vides… parce qu&rsquo;il vient toujours avec l&rsquo;appétit ! »</em></p>
<p>À 94 ans, Léon a conservé cet humour qui faisait aussi le bonheur de Mimi. Une façon de perpétuer, entre amis et souvenirs, l&rsquo;esprit d&rsquo;une maison où la porte est toujours ouverte.</p>
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		<title>De Gaulle-Giraud, l’autre bataille</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/de-gaulle-giraud-lautre-bataille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:44:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Seyne sur Mer]]></category>
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					<description><![CDATA[À La Seyne-sur-Mer, l’amiral Hervé Giraud défend la mémoire de son grand-père, longtemps éclipsé par le général de Gaulle. Alors que Thierry Lhermitte lui prête ses traits dans La Bataille [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>À La Seyne-sur-Mer, l’amiral Hervé Giraud défend la mémoire de son grand-père, longtemps éclipsé par le général de Gaulle. Alors que Thierry Lhermitte lui prête ses traits dans </strong><em><strong>La Bataille de Gaulle</strong></em><strong>, la famille entend rappeler le rôle décisif de ce chef militaire dans la victoire alliée. Entre exploits, rivalités politiques et tragédie familiale, retour sur un destin hors du commun.</strong></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">À La Seyne-sur-Mer, sa silhouette est familière des cérémonies patriotiques. L&rsquo;uniforme impeccable, le port droit, l&rsquo;amiral Hervé Giraud salue les drapeaux, écoute attentivement les discours et s&rsquo;autorise parfois à ne pas applaudir. Derrière cette réserve se cache une histoire familiale intimement liée à celle de la France.</p>
<p>Son grand-père, le général Henri Giraud, fut l&rsquo;un des principaux chefs militaires français de la Seconde Guerre mondiale. Soutenu par les Américains, un temps associé au pouvoir avec Charles de Gaulle, il a progressivement disparu du grand récit national de la Libération.</p>
<p>Après quarante années passées dans la Marine nationale, son petit-fils entend aujourd&rsquo;hui rétablir ce qu&rsquo;il considère comme une injustice historique. Un combat également porté par son frère, Henri-Christian Giraud, auteur de <em>Giraud, l&rsquo;autre Libérateur</em>, récemment paru aux éditions du Cerf. Fruit de cinquante années de recherches, l&rsquo;ouvrage propose une véritable « contre-Histoire de France ».</p>
<h2>Une évasion digne d&rsquo;un roman</h2>
<p>En 1940, le général Henri Giraud tombe aux mains des Allemands. Enfermé dans la forteresse de Königstein, il prépare patiemment son évasion. Deux ans plus tard, à 63 ans, il descend une muraille de quarante mètres à l&rsquo;aide d&rsquo;une corde fabriquée avec des ficelles de colis et renforcée de fil téléphonique. Un exploit qui lui permet de retrouver la liberté.</p>
<p>Le 6 novembre 1942, il quitte clandestinement la France depuis une plage du Lavandou pour rejoindre les Alliés en Afrique du Nord. À Casablanca, il négocie directement avec le président américain Franklin Roosevelt le réarmement des forces françaises.</p>
<p>Cette armée reconstituée contribue ensuite à la victoire en Tunisie, à la libération de la Corse, à la campagne d&rsquo;Italie et au débarquement de Provence.</p>
<p>Pour l&rsquo;amiral Hervé Giraud, c&rsquo;est là que réside la véritable grandeur de son grand-père : <strong>« Avoir refait une armée moderne. »</strong></p>
<p>Il évoque notamment le défilé de Tunis du 20 mai 1943 : « Les deux généraux qui sont sur la tribune, côte à côte, c&rsquo;est Eisenhower et Giraud. »</p>
<p>Et résume sa conviction en une formule : « C&rsquo;est à l&rsquo;armée que la France doit de figurer à la table des vainqueurs. Pas aux discours, si brillants fussent-ils. »</p>
<h2>Pétain, une confiance rapidement brisée</h2>
<p>L&rsquo;itinéraire du général n&rsquo;échappe toutefois pas aux controverses. Après son évasion, au printemps 1942, il rencontre le maréchal Pétain, dont il espère encore qu&rsquo;il prépare secrètement le redressement du pays.</p>
<p>« Comme presque tout le monde à l&rsquo;époque, mon grand-père pensait que Pétain faisait le dos rond, qu&rsquo;il absorbait le choc pour permettre à la France de se relever », explique son petit-fils.</p>
<p>Mais le ralliement de Giraud aux Alliés, quelques mois plus tard, provoque une rupture définitive. Pétain le prive de ses droits civiques et ordonne à l&rsquo;armée d&rsquo;Afrique de ne pas reconnaître son autorité.</p>
<p>« Traiter Giraud de vichyste comme certains s&#8217;emploient à le faire est donc parfaitement indécent », estime l&rsquo;amiral.</p>
<p>Le bilan politique du général demeure néanmoins complexe. En mars 1943, il annonce l&rsquo;abrogation des lois raciales de Vichy, mais refuse parallèlement de rétablir immédiatement la citoyenneté française des Juifs d&rsquo;Algérie, supprimée en 1940 avec l&rsquo;abrogation du décret Crémieux. Cette décision, justifiée à l&rsquo;époque par une volonté d&rsquo;égalité entre les populations, suscite de vives oppositions. Les droits des Juifs d&rsquo;Algérie seront finalement rétablis en octobre 1943.</p>
<h2>« Il nous en reste combien ? »</h2>
<p>Derrière les rivalités militaires et politiques se joue également un drame familial.</p>
<p>Selon son petit-fils, Hitler avait personnellement ordonné l&rsquo;élimination du général. Ne pouvant l&rsquo;atteindre, les nazis s&rsquo;en prennent à ses proches, arrêtés et livrés aux Allemands avec la complicité d&rsquo;hommes de Vichy.</p>
<p>Quinze membres de la famille Giraud sont déportés, parmi lesquels son épouse Céline, trois de leurs filles et sept petits-enfants.</p>
<p>Renée, l&rsquo;une de ses filles, meurt en Allemagne, laissant quatre enfants orphelins.</p>
<p>Lorsque le général retrouve enfin son épouse, une question terrible résume à elle seule l&rsquo;angoisse de ces années : « Il nous en reste combien ? »</p>
<p>Céline Giraud survit à la déportation. Elle rentre en France en avril 1945, accompagnée de deux de ses filles et de sept petits-enfants.</p>
<h2>De Gaulle et Giraud, une rivalité devenue historique</h2>
<p>En juin 1943, Henri Giraud et Charles de Gaulle prennent conjointement la direction du Comité français de la Libération nationale. Mais leur association est de courte durée. De Gaulle consolide progressivement son autorité politique, jusqu&rsquo;à écarter son rival en 1944.</p>
<p>Pour l&rsquo;amiral Hervé Giraud, cette éviction marque le début d&rsquo;un effacement mémoriel : « Les victoires de Giraud ont servi de socle aux discours de De Gaulle. »</p>
<p>S&rsquo;appuyant notamment sur les travaux de l&rsquo;historien Charles G. Cogan, il évoque une « appropriation » et va jusqu&rsquo;à dénoncer un « rapt historique ».</p>
<p>Son frère développe dans son ouvrage une autre lecture des désaccords entre les deux hommes. Selon lui, leur opposition dépassait les ambitions personnelles pour toucher à l&rsquo;avenir géopolitique de l&rsquo;Europe.</p>
<p>Henri Giraud aurait privilégié, à l&rsquo;instar de Churchill, une progression alliée depuis l&rsquo;Italie vers l&rsquo;Europe centrale afin de devancer l&rsquo;Armée rouge. De Gaulle aurait, à l&rsquo;inverse, soutenu une stratégie plus favorable aux intérêts soviétiques.</p>
<p>L&rsquo;amiral cite à ce propos une phrase attribuée au chef de la France libre en 1942 : « J&rsquo;espère que les Russes seront à Berlin avant les Américains. »</p>
<p>Il rappelle également l&rsquo;entrée de ministres communistes au gouvernement en 1944, puis en 1945, parmi lesquels Maurice Thorez, qui avait déserté en 1939. Des hommes « qui revendiquaient le titre de staliniens ! », souligne-t-il.</p>
<p>Cette interprétation des choix stratégiques et politiques de De Gaulle reste discutée par les historiens. Elle illustre néanmoins la profondeur du différend mémoriel qui anime aujourd&rsquo;hui les descendants du général Giraud.</p>
<h2>Thierry Lhermitte, une interprétation qui ne passe pas</h2>
<p>La représentation du général dans <em>La Bataille de Gaulle</em>, d&rsquo;Antonin Baudry, a ravivé ces blessures.</p>
<p>Thierry Lhermitte y incarne Henri Giraud, mais son interprétation est loin d&rsquo;avoir convaincu le petit-fils du militaire. L&rsquo;amiral lui reproche de donner de son grand-père une image caricaturale, renforcée par les déclarations de l&rsquo;acteur, qui juge le personnage « un peu ridicule » en raison de sa prétention.</p>
<p>« Ces gens se déshonorent », réagit-il.</p>
<p>L&rsquo;amiral ne conteste pourtant pas l&rsquo;intérêt de porter cette période à l&rsquo;écran. Dans une France traversée par les incertitudes, il comprend que le cinéma puisse chercher à remettre en lumière des hommes prêts à se battre pour leur pays.</p>
<p>Ce qu&rsquo;il regrette, c&rsquo;est une histoire trop largement centrée sur De Gaulle, au détriment de ceux qui ont également contribué à la victoire.</p>
<p>« Pas un mot sur de Lattre, sur Juin, sur Monsabert… », déplore-t-il.</p>
<p>À ses yeux, les rivalités politiques prennent une place excessive, tandis que les succès de l&rsquo;armée d&rsquo;Afrique, rééquipée grâce aux négociations de Giraud avec Roosevelt, demeurent insuffisamment représentés.</p>
<p>« Ce film ne constitue en rien une œuvre à caractère historique », tranche l&rsquo;amiral, regrettant que le récit n&rsquo;ait pas davantage montré « l&rsquo;union des forces dissidentes face à Vichy et à l&rsquo;ennemi ! »</p>
<h2>Les honneurs de la République, puis l&rsquo;oubli</h2>
<p>Lorsque Henri Giraud s&rsquo;éteint en mars 1949, la République lui rend pourtant un hommage solennel.</p>
<p>Des obsèques nationales sont organisées en présence du président Vincent Auriol. Le général est ensuite inhumé aux Invalides. Charles de Gaulle lui-même vient se recueillir devant sa dépouille.</p>
<p>Un dernier hommage qui contraste avec la place que ses descendants estiment aujourd&rsquo;hui accordée à cet homme dans l&rsquo;histoire de la Libération.</p>
<p>Près de quatre-vingts ans plus tard, l&rsquo;amiral Hervé Giraud et son frère poursuivent ainsi le même combat : rappeler que la victoire de 1945 ne fut pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un seul homme, mais celle de nombreux militaires et résistants dont certains noms ont peu à peu quitté la mémoire collective.</p>
<figure id="attachment_34238" aria-describedby="caption-attachment-34238" style="width: 696px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-34238 size-large" src="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-829x1024.jpg?x47522" alt="" width="696" height="860" srcset="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-829x1024.jpg 829w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-243x300.jpg 243w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-768x948.jpg 768w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-150x185.jpg 150w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-300x370.jpg 300w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-324x400.jpg 324w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-696x859.jpg 696w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-1068x1319.jpg 1068w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292-340x420.jpg 340w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1292.jpg 1090w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption id="caption-attachment-34238" class="wp-caption-text">Screenshot</figcaption></figure>
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		<title>Manifestation à Toulon : 31 interpellations, dont 18 mineurs</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/manifestation-a-toulon-31-interpellations-dont-18-mineurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2026 13:34:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Toulon]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce samedi 24 octobre, les forces de l&#8217;ordre ont procédé à 31 interpellations dans le centre-ville de Toulon, entre midi et 15 heures. Parmi les personnes interpellées figurent 18 mineurs. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Ce samedi 24 octobre, les forces de l&rsquo;ordre ont procédé à 31 interpellations dans le centre-ville de Toulon, entre midi et 15 heures. Parmi les personnes interpellées figurent 18 mineurs. Plusieurs armes et objets prohibés ont également été découverts, selon un premier bilan communiqué par la préfecture du Var.</strong></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">Un important dispositif de sécurité a été mobilisé ce samedi à Toulon. Policiers et gendarmes nationaux ont été déployés pour prévenir les violences et veiller au respect de plusieurs arrêtés préfectoraux pris en amont de la manifestation.</p>
<p>Ces mesures prévoyaient notamment l&rsquo;interdiction de manifester dans le centre-ville, de porter ou de transporter des armes, ainsi que de transporter ou d&rsquo;utiliser des artifices. Le port d&rsquo;équipements de protection et de dissimulation du visage était également interdit.</p>
<h3>Des couteaux, des cutters et un Taser</h3>
<p>Entre 12 heures et 15 heures, <strong>31 personnes ont été interpellées, dont 18 mineurs</strong>. D&rsquo;après la préfecture, la majorité des interpellations concerne la détention d&rsquo;équipements interdits, notamment des casques, masques, cagoules, gants ou encore du sérum physiologique.</p>
<p>Les contrôles ont également permis de découvrir des objets plus préoccupants. Trois personnes détenaient des armes blanches, notamment des couteaux et des cutters.</p>
<p>Un groupe de quatre individus a par ailleurs été interpellé en possession de plusieurs bombes de peinture, d&rsquo;un lanceur de fusées et d&rsquo;un pistolet Taser.</p>
<h3>Un dispositif de surveillance toujours actif</h3>
<p>Face aux risques de débordements, le préfet du Var appelle les manifestants à se désolidariser de toute action violente.</p>
<p>Le centre opérationnel départemental a été activé à la préfecture afin de suivre la situation en temps réel et d&rsquo;adapter les mesures de maintien de l&rsquo;ordre en fonction de son évolution.</p>
<p><strong>Ce bilan, établi à 15 heures ce samedi 24 octobre, est susceptible d&rsquo;évoluer au cours de la journée.</strong></p>
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		<title>Reynier et le vieux Six-Fours : une rivalité historique</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/reynier-et-le-vieux-six-fours-une-rivalite-historique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2026 18:35:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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					<description><![CDATA[À la fin du XVIIIe siècle, Six-Fours est le théâtre d&#8217;une lutte d&#8217;influence entre les habitants de Reynier et ceux du vieux village. Depuis des siècles, le cœur de la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []">À la fin du XVIIIe siècle, Six-Fours est le théâtre d&rsquo;une lutte d&rsquo;influence entre les habitants de Reynier et ceux du vieux village. Depuis des siècles, le cœur de la commune se trouve sur les hauteurs, autour de la collégiale Saint-Pierre. Pourtant, à partir du XVIe siècle, les Six-Fournais délaissent progressivement la colline pour s&rsquo;établir dans la plaine, où se multiplient les hameaux et les exploitations agricoles. Un déplacement de population qui ne s&rsquo;accompagne pas immédiatement de celui des pouvoirs religieux et administratifs, restés dans le vieux Six-Fours. De quoi alimenter de profondes tensions.</p>
<h3>Des habitants privés de sacrements</h3>
<p>Construite en 1646, la chapelle Notre-Dame de Santé, à Reynier, ne possède pas les prérogatives d&rsquo;une véritable église paroissiale. Les habitants de la plaine doivent donc rejoindre le vieux village pour les cérémonies religieuses et les sacrements. Une contrainte particulièrement lourde pour les familles et les personnes malades.</p>
<p>Face à cette situation, trois habitants, Pécouil, Fabre et Martinenq, saisissent l&rsquo;évêché de Toulon. Leur requête fait état de circonstances dramatiques : des enfants seraient décédés sans avoir pu être baptisés et des malades sans recevoir les derniers sacrements.</p>
<p>Une enquête est diligentée afin d&rsquo;évaluer les besoins de la population. Les chiffres révèlent alors un déséquilibre considérable : quelque 1 400 personnes vivent dans les 52 quartiers et hameaux de la plaine, contre seulement 350 dans le vieux village. Reynier ne compte encore que 61 habitants, répartis en quinze familles.</p>
<p>Malgré cette nouvelle réalité démographique, les principales institutions demeurent sur la colline.</p>
<h3>Une bataille jusque devant la justice</h3>
<p>L&rsquo;année 1777 marque un tournant. Le 8 février, Notre-Dame de Santé obtient le statut de succursale, avant d&rsquo;être érigée en église vicariale le 8 mai. Entre ces deux décisions, le Parlement d&rsquo;Aix ordonne, le 17 mars, que son établissement soit financé par la communauté.</p>
<p>Mais les consuls du vieux Six-Fours ne l&rsquo;entendent pas ainsi. Alors que l&rsquo;architecte Honoré Bourgarel prépare un projet d&rsquo;agrandissement pour accueillir les fidèles, ils refusent de prendre en charge les dépenses.</p>
<p>L&rsquo;affaire se poursuit devant la justice. Le 27 juin 1778, une décision rendue à Aix impose finalement aux consuls de financer les travaux. L&rsquo;édifice agrandi est réceptionné le 20 juillet 1779.</p>
<p>La paroisse Sainte-Anne, dans son histoire de Notre-Dame-de-l&rsquo;Assomption, rappelle la violence de cette rivalité, qui aurait conduit les habitants <em>« au bord d&rsquo;une guerre civile »</em>.</p>
<h3>En 1792, Reynier prend le pouvoir</h3>
<p>La Révolution française vient définitivement bouleverser l&rsquo;organisation de la commune. En 1792, la municipalité quitte les hauteurs pour s&rsquo;installer à Reynier. Le vieux Six-Fours perd ainsi son rôle de centre administratif, après avoir vu son autorité religieuse remise en question.</p>
<p>Ce transfert ne suffit pourtant pas à apaiser les esprits. Selon l&rsquo;association Les Amis du Patrimoine, les divisions restent si vives que deux municipalités auraient même été élues en 1800 !</p>
<p>Il faudra finalement attendre 1831 pour voir s&rsquo;élever, face à l&rsquo;église, un bâtiment spécialement destiné à accueillir la mairie. Une nouvelle étape dans l&rsquo;affirmation de Reynier comme centre de la vie communale.</p>
<h3 data-pm-slice="1 1 []">Une église transformée en salle de bal !</h3>
<p data-pm-slice="1 1 []">L’histoire de Notre-Dame-de-l’Assomption réserve quelques surprises. Sous la Révolution française, l’édifice perd sa fonction religieuse et devient un temple de la Raison. En 1793, il est même utilisé pour entreposer du fourrage, puis accueille des bals. Une étonnante reconversion pour ce lieu autrefois consacré à la prière !</p>
<p>Le quartier lui-même change de nom : Reynier devient le <em>« Hameau Le Péletier »</em>, en mémoire de Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, député révolutionnaire assassiné en janvier 1793 après s’être prononcé en faveur de l’exécution de Louis XVI.</p>
<p>Il faut attendre 1801 pour que les offices religieux reprennent. Quelques décennies plus tard, une nouvelle revendication émerge : dans une quarantaine de quartiers environnants, les habitants n&rsquo;entendent pas sonner la cloche. Pour y remédier, un clocher est finalement édifié en 1838.</p>
<p>L’église traverse également les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Le 22 août 1944, en pleine Libération, deux obus percent le bâtiment au-dessus de l’autel. Malgré les bouleversements de l’histoire, Notre-Dame-de-l’Assomption a conservé sa vocation religieuse. Depuis 1777, 32 prêtres s’y sont succédé, d’après les archives de la paroisse.</p>
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		<title>Six-Fours : 70 femmes prennent le large pour les Évasions roses</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/six-fours-70-femmes-prennent-le-large-pour-les-evasions-roses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2026 18:13:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le cadre d’Octobre Rose, la Ville de Six-Fours a proposé trois escapades aux femmes touchées par le cancer, en plus d&#8217;autres évènements tout le mois. Pour cette dernière sortie, 70 [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><i>Dans le cadre d’Octobre Rose, la Ville de Six-Fours a proposé trois escapades aux femmes touchées par le cancer, en plus d&rsquo;autres évènements tout le mois. Pour cette dernière sortie, 70 participantes ont embarqué à bord des pointus traditionnels du Brusc, direction l’île du Rouveau.</i></p>
<p>Mer calme, soleil généreux et légère brise : toutes les conditions étaient réunies, mercredi matin, pour offrir une belle parenthèse aux 70 femmes venues participer à la dernière des trois Évasions roses organisées dans le cadre d’Octobre Rose. Au départ du Brusc, les associations Lou Capian et les Rameurs du Brusc avaient mobilisé leurs embarcations traditionnelles pour conduire les participantes jusqu’à l’île du Rouveau.</p>
<p>Inscrites par l’intermédiaire de Cap Sein, de La P’tite Parenthèse et de la Ligue contre le cancer, ces femmes, confrontées directement ou indirectement à la maladie, ont pu profiter de quelques heures loin des préoccupations du quotidien.</p>
<h3>« Sur la mer, on oublie tout »</h3>
<p>Pour Annie, elle-même touchée par le cancer, cette sortie représente bien davantage qu’une simple promenade. Elle permet de s&rsquo;extraire d’un <em>« quotidien parfois chaotique »</em>, rythmé par les traitements et les difficultés. Certaines participantes ont même dû affronter deux cancers. Alors, ces moments de répit prennent une dimension particulière. <em>« Quand on est sur la mer, on oublie tout et ça fait du bien »</em>, confie-t-elle.</p>
<p>Un sentiment partagé par Brigitte, bénévole mobilisée pour Octobre Rose. <em>« Ça a détendu tout le monde, ça a apaisé. C’était un beau moment de partage. »</em> Entre discussions, sourires et contemplation, la traversée a permis à chacune de profiter d’un instant de liberté, dans une atmosphère chaleureuse.</p>
<h3>Trois escapades à l’initiative de la Ville</h3>
<p>Cette matinée venait clôturer un programme de trois Évasions roses, coordonné par Béatrice Métayer, chargée de mission en politique de santé publique à la mairie de Six-Fours. À travers cette initiative, la municipalité a souhaité aller au-delà des traditionnelles actions de sensibilisation, en proposant aux femmes concernées par le cancer des activités favorisant le bien-être, les rencontres et la découverte.</p>
<p>Une première sortie en voilier avait été organisée au départ de Bandol, les faibles profondeurs du port du Brusc ne permettant pas d’accueillir ces embarcations. Mardi, c’est à cheval que les participantes avaient pu découvrir autrement les paysages du littoral. Enfin, cette navigation à bord des pointus offrait une troisième expérience, associant évasion et patrimoine maritime local.</p>
<p>Trois rendez-vous différents, mais une même ambition : permettre aux femmes de s’accorder du temps pour elles, de rompre l’isolement et de retrouver, l’espace de quelques heures, une certaine légèreté.</p>
<h3>La solidarité se poursuit à terre</h3>
<p>De retour au port, la convivialité devait se prolonger autour d’une paella offerte par Lou Capian et les Rameurs du Brusc. Au programme de l’après-midi, une marche santé ou une initiation à la rame, selon les envies et les possibilités de chacune.</p>
<p>Cette mobilisation collective illustre l’importance du tissu associatif aux côtés de la municipalité. Parmi les structures engagées, La P’tite Parenthèse accompagne notamment les personnes malades et leurs proches à travers des soins de support et différentes activités.</p>
<p>Car si Octobre Rose rappelle chaque année la nécessité du dépistage, ces Évasions roses mettent aussi en lumière un autre enjeu essentiel : celui de l’accompagnement, du lien social et de la qualité de vie pendant et après la maladie.</p>
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		<title>Jean-Luc Girardot, une passion gravée dans le cœur des Archers seynois</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/jean-luc-girardot-une-passion-gravee-dans-le-coeur-des-archers-seynois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2026 18:03:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Seyne sur Mer]]></category>
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					<description><![CDATA[Une initiation au tir à l’arc, une rencontre amoureuse et la naissance d’un club : derrière les Archers seynois se dessine l’histoire de Jean-Luc Girardot et de son épouse Laure. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><em>Une initiation au tir à l’arc, une rencontre amoureuse et la naissance d’un club : derrière les Archers seynois se dessine l’histoire de Jean-Luc Girardot et de son épouse Laure. Disparu fin 2025, le fondateur de l’association a désormais un pas de tir à son nom, au gymnase Renan.</em></p>
<p>Parfois, les plus belles histoires commencent par un hasard. Pour Jean-Luc Girardot, tout débute dans un parc d’attractions, lors d’une initiation au tir à l’arc. Conquis par cette découverte, il cherche à poursuivre la discipline près de chez lui. Faute de club à La Seyne-sur-Mer, il rejoint une association voisine. C’est là qu’il rencontre Laure, archère depuis plus de vingt ans et entraîneuse expérimentée. Une amitié se noue pendant trois ans, avant de laisser place à une histoire d’amour qui ne quittera plus les pas de tir. Alors, lorsqu’on demande à Laure ce qui avait tant séduit Jean-Luc dans cette discipline, elle répond, le sourire malicieux : « Peut-être que c’était moi ! »</p>
<h3>Une passion commune devenue un projet de vie</h3>
<p>Pendant dix ans, le couple partage son amour du tir à l’arc. Puis vient la retraite de Laure et, avec elle, l’envie de se lancer dans une nouvelle aventure : offrir enfin aux Seynois leur propre club. Laure met son expérience d’entraîneuse au service du projet, tandis que Jean-Luc se forme à l’arbitrage et en prend la présidence. En 2022, les Archers seynois voient le jour. « C’était notre bébé », confie Laure Acciaro, aujourd’hui trésorière de l’association. Un projet commun, certes, mais dont elle rappelle qu’il était avant tout le rêve de son mari.</p>
<p>Samedi, au gymnase Renan, l&rsquo;émotion était palpable lorsque le maire Dorian Munoz a dévoilé la plaque baptisant le pas de tir du nom de Jean-Luc Girardot. Disparu fin 2025, le fondateur laisse derrière lui bien davantage qu’une association sportive. Dans son discours, le maire a rendu hommage à un homme généreux, bienveillant et profondément attaché aux autres. Il a notamment salué sa volonté de rendre la discipline accessible à chacun, concrétisée par la création d’une section accueillant les personnes en situation de handicap.</p>
<h3>Bien plus qu&rsquo;une discipline sportive</h3>
<p>Aujourd’hui, les Archers seynois réunissent une quarantaine de passionnés, âgés de 9 à plus de 80 ans. Une diversité qui illustre parfaitement la philosophie de leur fondateur. « Il n’y a pas d’âge pour avoir le bon geste », souligne Hervé Perez, vice-président du club. Concentration, coordination, maîtrise des émotions ou simple plaisir de se retrouver : chacun trouve dans cette pratique une manière de s’épanouir, quel que soit son niveau.</p>
<p>Pour saluer la mémoire de son ami, Hervé Perez a préféré les vers aux discours. Dans un poème empreint de tendresse, il évoque celui qu’il surnomme « l’Homme Sage », sa bonté et les souvenirs qu’il laisse à ses proches. « Elle flotte au-dessus de nous, ton aura. Ton absence est présence ! » Des mots qui résonnent particulièrement pour Laure, émue de voir la Ville reconnaître l’engagement de son époux.</p>
<h3>Un héritage entre de bonnes mains</h3>
<p>L’histoire des Archers seynois continue désormais sans celui qui l’a initiée, mais toujours avec Laure. Entraîneuse et trésorière, elle veille sur cette association qui porte tant de leurs souvenirs. Lorsqu’on l’interroge sur son avenir au sein du club, Hervé Perez la devance aussitôt : « Elle n’a pas le choix ! » Éclats de rire complices. Laure assure qu’elle compte encore consacrer deux années à former ceux qui prendront la relève, avant de s’accorder un peu de repos.</p>
<p>Mais difficile d’imaginer qu’elle s’éloignera vraiment de ce lieu où tout rappelle leur histoire. Car derrière chaque flèche décochée, chaque nouvel archer accueilli et chaque sourire partagé, c’est aussi un peu du rêve de Jean-Luc qui continue de vivre. Sur ce pas de tir qui porte désormais son nom.</p>
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		<title>« Protéger les professeurs, c’est protéger la France » : l’hommage de Six-Fours</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/proteger-les-professeurs-cest-proteger-la-france-lhommage-de-six-fours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2026 10:42:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce samedi matin, alors que le marché battait son plein à Six-Fours, élus, enseignants, élèves, représentants de l&#8217;Éducation nationale et porte-drapeaux se sont réunis sur le parvis de l’hôtel de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Ce samedi matin, alors que le marché battait son plein à Six-Fours, élus, enseignants, élèves, représentants de l&rsquo;Éducation nationale et porte-drapeaux se sont réunis sur le parvis de l’hôtel de ville pour rendre hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard. En présence notamment de la conseillère départementale Séverine Mathivet, de représentants des Palmes académiques et de la Philharmonique La Six-Fournaise, le maire Frédéric Boccaletti a prononcé un discours mêlant devoir de mémoire, défense des enseignants et prises de position politiques.</strong></p>
<p><img decoding="async" class="wp-image-34216 size-full" src="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069.jpg?x47522" alt="" width="1179" height="860" srcset="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069.jpg 1179w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-300x219.jpg 300w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-1024x747.jpg 1024w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-768x560.jpg 768w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-150x109.jpg 150w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-696x508.jpg 696w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-1068x779.jpg 1068w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-576x420.jpg 576w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1069-324x235.jpg 324w" sizes="(max-width: 1179px) 100vw, 1179px" /></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">Six ans après l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie tué le 16 octobre 2020, et trois ans après celui de Dominique Bernard, professeur de lettres assassiné le 13 octobre 2023 à Arras, l’hommage conserve une résonance particulière. Devant les personnes rassemblées ce samedi matin, Frédéric Boccaletti a rappelé ce qui réunissait les deux enseignants : <em>« Ils avaient fait le choix de transmettre. Ils avaient fait le choix de l’École. Ils avaient fait le choix de la République. Et c’est pour cela qu’ils ont été tués lâchement. »</em></p>
<p>Le maire a également rappelé les circonstances de leur mort. Samuel Paty avait été pris pour cible après avoir enseigné la liberté d’expression et la laïcité. Dominique Bernard avait été tué en tentant de s’interposer face à un assaillant dans son établissement. <em>« L’un fut désigné comme une cible parce qu’il enseignait ; l’autre est tombé en héros en protégeant les siens. »</em> Au-delà de leurs parcours, c’est la portée de ces assassinats qu’il a souhaité souligner : <em>« À travers eux, c’est l’École qui était visée. C’est la liberté de conscience qui était visée. C’est notre civilisation qui était visée. »</em></p>
<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>« Sans amalgame, mais sans faiblesse » :</strong></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">Le discours a rapidement dépassé le seul cadre de la commémoration pour aborder la menace terroriste et la réponse que doit lui opposer la République. <em>« Il faut avoir le courage de nommer les choses »</em>, a déclaré Frédéric Boccaletti, rappelant que les deux professeurs avaient été victimes du terrorisme islamiste. Une idéologie qu’il a qualifiée de <em>« totalitaire »</em>, accusée d&rsquo;instrumentaliser la religion pour <em>« justifier le meurtre, soumettre les consciences, intimider les citoyens et faire reculer les lois de la République »</em>.</p>
<p>Le maire a également évoqué les 274 personnes tuées dans des attentats terroristes en France depuis 2012, selon la Direction générale de la sécurité intérieure. Pour lui, la lutte contre le terrorisme suppose aussi de s&rsquo;attaquer aux discours et aux idéologies qui favorisent la radicalisation. <em>« Notre devoir est de combattre les idéologies qui nourrissent la haine et légitiment la violence »</em>, a-t-il affirmé, avant de résumer sa position en quelques mots : <em>« Sans amalgame, mais sans faiblesse. »</em> Il a rappelé que si la République garantit la liberté de croyance, elle ne peut accepter qu&rsquo;un fanatisme cherche à imposer ses règles par la peur.</p>
<figure id="attachment_34217" aria-describedby="caption-attachment-34217" style="width: 696px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34217 size-large" src="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-1024x747.jpg?x47522" alt="" width="696" height="508" srcset="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-1024x747.jpg 1024w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-300x219.jpg 300w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-768x560.jpg 768w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-150x109.jpg 150w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-696x508.jpg 696w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-1068x779.jpg 1068w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-576x420.jpg 576w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068-324x235.jpg 324w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1068.jpg 1179w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption id="caption-attachment-34217" class="wp-caption-text">.</figcaption></figure>
<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Une mise en cause directe de responsables politiques : </strong></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">C&rsquo;est sur ce terrain que le discours a pris une tournure plus politique. Frédéric Boccaletti a explicitement visé les dirigeants de La France insoumise : <em>« Je condamne les ambiguïtés des dirigeants de La France insoumise face au terrorisme islamiste. Ils brouillent une frontière qui devrait pourtant nous rassembler sans réserve. Ce brouillage est une faute politique et morale. »</em> Il a poursuivi en affirmant qu&rsquo;<em>« aucune cause, aucune colère, aucun calcul électoral ne peut justifier que l&rsquo;on minimise l&rsquo;assassinat de civils »</em>.</p>
<p>Le maire a également dénoncé <em>« la lâcheté de certains politiques qui ont préféré le pas de vague plutôt que de soutenir un professeur »</em>. Une critique qui soulève la question de la responsabilité des institutions et des responsables publics lorsque des enseignants se retrouvent confrontés à des contestations, des pressions ou des menaces dans l&rsquo;exercice de leur métier.</p>
<p>Élargissant son propos, Frédéric Boccaletti a aussi mis en garde contre la banalisation de la violence politique. <em>« Elle progresse quand la haine remplace l&rsquo;argument, quand l&rsquo;invective remplace le débat, quand les menaces prétendent faire taire ceux qui ne pensent pas comme vous »</em>, a-t-il déclaré, appelant à refuser les fanatismes et les violences visant les institutions comme celles et ceux qui servent le bien commun.</p>
<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Ne pas laisser les enseignants seuls face aux intimidations : </strong></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">Au cœur de cette intervention, la place de l&rsquo;École et la protection de ceux qui y enseignent sont revenues comme un fil conducteur. <em>« L&rsquo;École est le lieu où la France apprend à ses enfants à lire, à penser, à débattre, à distinguer le savoir de l&rsquo;ignorance, la vérité de la manipulation, la liberté de la soumission »</em>, a rappelé le maire.</p>
<p>Pour Frédéric Boccaletti, défendre les enseignants revient à défendre les fondements mêmes de la République. <em>« Protéger les professeurs, c&rsquo;est protéger la France. Soutenir leur autorité, c&rsquo;est soutenir l&rsquo;avenir de notre pays. Leur permettre d&rsquo;enseigner sans crainte, c&rsquo;est refuser que la peur entre dans les salles de classe. »</em> Il a appelé à une réponse fondée sur l&rsquo;autorité de l&rsquo;État, de la loi, de l&rsquo;École et des parents, estimant que <em>« la réponse ne peut être ni le déni, ni l&rsquo;excuse, ni la lâcheté »</em>.</p>
<p>Le discours s&rsquo;est ensuite adressé, plus largement, à celles et ceux qui poursuivent chaque jour leur mission éducative malgré les difficultés et les pressions. <em>« À ceux qui veulent faire taire les professeurs, nous répondons : nous les soutiendrons. À ceux qui veulent imposer la peur, nous répondons : la France ne reculera pas. »</em></p>
<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Au-delà de la cérémonie, un engagement :</strong></p>
<p data-pm-slice="1 1 []">En conclusion, le maire a tenu à rappeler que cet hommage s&rsquo;adressait aussi aux familles des deux victimes, à leurs proches, à leurs collègues et à leurs élèves. Mais il a surtout insisté sur la nécessité de ne pas réduire leur mémoire à un rendez-vous commémoratif. <em>« Notre hommage ne saurait être seulement une émotion annuelle. Il doit être un engagement. »</em></p>
<p>Un engagement qu&rsquo;il a décliné autour de plusieurs principes, dont celui de <em>« ne jamais laisser l&rsquo;École seule face aux intimidations »</em>.</p>
<p data-pm-slice="1 1 []">C&rsquo;est sur cette responsabilité collective que s&rsquo;est achevé l&rsquo;hommage rendu ce samedi matin à Six-Fours. Avec, pour derniers mots adressés à la mémoire de Samuel Paty et Dominique Bernard : <em>« Nous leur devons le souvenir. Nous leur devons la vérité. Nous leur devons le courage. »</em></p>
<figure id="attachment_34218" aria-describedby="caption-attachment-34218" style="width: 696px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34218 size-large" src="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-1024x739.jpg?x47522" alt="" width="696" height="502" srcset="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-1024x739.jpg 1024w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-300x217.jpg 300w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-768x554.jpg 768w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-150x108.jpg 150w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-696x502.jpg 696w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-1068x771.jpg 1068w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-582x420.jpg 582w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070-324x235.jpg 324w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_1070.jpg 1179w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption id="caption-attachment-34218" class="wp-caption-text">.</figcaption></figure>
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		<title>L’Abandon : à Six-Fours, raconter Samuel Paty et ceux qui restent</title>
		<link>https://lepetitvarois.fr/labandon-a-six-fours-raconter-samuel-paty-et-ceux-qui-restent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le Petit Varois]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 13:46:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Six-Fours]]></category>
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					<description><![CDATA[Salle comble lundi soir au Six N’Étoiles pour la rencontre avec Vincent Garenq et Antoine Reinartz. Après la projection de L’Abandon, le réalisateur et l’interprète de Samuel Paty ont évoqué [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Salle comble lundi soir au Six N’Étoiles pour la rencontre avec Vincent Garenq et Antoine Reinartz. Après la projection de <em>L’Abandon</em>, le réalisateur et l’interprète de Samuel Paty ont évoqué les blessures durables dans le collège, la réaction de sa mère et les précautions prises pour préserver son fils.</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34199 size-large" src="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-752x1024.jpg?x47522" alt="" width="696" height="948" srcset="https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-752x1024.jpg 752w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-220x300.jpg 220w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-768x1045.jpg 768w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-1128x1536.jpg 1128w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-150x204.jpg 150w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-300x408.jpg 300w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-696x947.jpg 696w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-1068x1454.jpg 1068w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824-309x420.jpg 309w, https://lepetitvarois.fr/wp-content/uploads/2026/10/IMG_0824.jpg 1179w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></p>
<p>Après les vacances, les enseignants sont partis en arrêt maladie les uns après les autres. Ce témoignage, rapporté lundi soir au cinéma Six N’Étoiles, rappelle que l’histoire de Samuel Paty ne s’arrête pas au jour de son assassinat. Pour ses collègues comme pour ses élèves, il a fallu continuer à vivre, retourner au collège et affronter les conséquences d’un événement profondément traumatisant.</p>
<p>Devant une salle comble, Vincent Garenq et Antoine Reinartz ont répondu aux questions du public après la projection de <em>L’Abandon</em>. Des spectateurs avaient même dû être refusés à l’entrée. Le film retrace les onze derniers jours du professeur d’histoire-géographie ; les échanges ont aussi permis de parler de ceux qui restent.</p>
<h3><strong>Au collège, le traumatisme et la pression médiatique</strong></h3>
<p>Que sont devenus les élèves et les enseignants qui ont vécu cette histoire ? Les réponses ont décrit des blessures encore présentes plusieurs années après, dans une communauté éducative éprouvée.</p>
<p>À la violence de l’assassinat s’est ajoutée une difficulté à prendre la parole pendant le travail de l’inspection et de la justice. Puis l’attention médiatique a exercé une nouvelle pression sur les personnes concernées.</p>
<p>Les invités ont notamment rapporté que certains journalistes auraient proposé de l’argent pour obtenir des témoignages. Dans ce contexte, cette démarche faisait douloureusement écho à l’argent accepté par des collégiens pour désigner Samuel Paty à son assassin. La transcription restitue ce rapprochement : « On a l’impression de revivre exactement ça. »</p>
<p>Au retour des vacances, des professeurs se sont effondrés, les arrêts maladie se succédant. Pour les enfants aussi, l’expérience a été « très très traumatique ». Les échanges ont ainsi éclairé un après moins visible : celui d’un établissement qui doit poursuivre sa mission alors que ses élèves et ses personnels restent profondément marqués.</p>
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<h3>Sa mère est allée voir le film seule</h3>
<p>Vincent Garenq a raconté que la mère de Samuel Paty ne souhaitait pas, au départ, découvrir le film. Après avoir reçu de nombreux retours, elle a finalement décidé de se rendre seule à une projection.</p>
<p>Les réactions entendues à la sortie ont compté pour elle. Les spectateurs parlaient de son fils, de son histoire et des circonstances qui avaient conduit à sa mort. Antoine Reinartz a évoqué le sentiment de réhabilitation que cette meilleure compréhension pouvait apporter.</p>
<p>Le réalisateur a également décrit l’ambivalence de cette expérience : le film lui fait du bien autant qu’il lui fait du mal. Chez elle, la mère de Samuel Paty possède l’affiche, une présence qui lui apporte du réconfort tout en ravivant sa douleur.</p>
<p>Le cinéma ne remplace évidemment pas celui qu’elle a perdu. Mais il permet à d’autres de mieux connaître son histoire. Antoine Reinartz a annoncé, lors de la soirée, qu’il devait rencontrer les parents du professeur dans la semaine.</p>
<h3>Préserver les souvenirs de son fils</h3>
<p>La question du fils de Samuel Paty a également été posée. Antoine Reinartz a expliqué que sa mère cherchait à le préserver au maximum et a souligné son jeune âge.</p>
<p>Voir le film pourrait ajouter des images à ses souvenirs personnels, voire les brouiller. Une reconstitution, même attentive aux faits, reste une représentation : pour un enfant, les scènes découvertes à l’écran pourraient se mêler à la mémoire de son père.</p>
<p>« Ce n’est pas fait pour les proches de Samuel », a-t-il été expliqué pendant l’échange. La famille connaît cette histoire intimement. Le public, lui, peut découvrir à travers le film des événements dont il n’avait pas mesuré l’enchaînement.</p>
<h3><em>L’Abandon</em>, une question de responsabilité collective</h3>
<p>Pourquoi ce titre ? Vincent Garenq a ramené la discussion vers la solitude du professeur et les responsabilités interrogées par le film.</p>
<p>Le réalisateur a évoqué les réactions institutionnelles, notamment celles de l’inspection, et la manière dont les différents acteurs avaient répondu à la situation. Son récit invite à regarder une succession de décisions, d’interventions et de défaillances, plutôt qu’à considérer uniquement l’instant du meurtre.</p>
<p>L’expression « cette responsabilité collective » résume l’un des enjeux soulevés pendant la rencontre. Comment une accusation circule-t-elle ? Comment prend-elle de l’ampleur ? Et comment celui qu’elle vise se retrouve-t-il progressivement isolé ?</p>
<h3>Antoine Reinartz : Samuel Paty reste « plein dans la vie »</h3>
<p>Interrogé sur la charge émotionnelle du rôle, Antoine Reinartz a expliqué avoir travaillé à partir d’un homme vivant, qui agit et cherche des réponses à ce qui lui arrive.</p>
<p>« Samuel, jusqu’au bout, il est plein dans la vie », a-t-il souligné. Pour le comédien, les émotions du personnage relèvent « de l’action, du combat ».</p>
<p>Le spectateur connaît l’issue tragique, mais l’acteur doit incarner le quotidien du professeur sans anticiper constamment sa mort. Cette approche permet de retrouver son énergie, son engagement et sa volonté de faire face.</p>
<p>Malgré la gravité du sujet, Antoine Reinartz a décrit un tournage « assez doux », distinguant cette expérience de rôles qui lui demandaient de travailler directement sur les conséquences d’un traumatisme.</p>
<h3>Une centaine d’élèves attendus en novembre</h3>
<p>En novembre, une centaine d’élèves viendront découvrir <em>L’Abandon</em> au Six N’Étoiles dans le cadre de leur cursus scolaire.</p>
<p>Cette séance rejoint un accompagnement présenté par l’Éducation nationale sur Éduscol. Pendant toute l’année scolaire 2026-2027, des projections peuvent être organisées à la demande, à partir de la quatrième. Un dossier pédagogique permet de prolonger le film en enseignement moral et civique ou en éducation aux médias et à l’information. Les séances sont également éligibles à un financement par la part collective du Pass Culture.</p>
<h3>Un hommage le 17 octobre</h3>
<p>À Six-Fours, un hommage à Samuel Paty aura lieu <strong>samedi 17 octobre à 11 heures, sur le parvis de la mairie</strong>, à l’occasion du sixième anniversaire de son assassinat, commis le 16 octobre 2020.</p>
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