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samedi 18 juillet 2026
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La Coudoulière n’oublie pas son passé industriel

Un repas annuel pour faire vivre l’histoire des familles qui ont façonné les anciennes tuileries

Chaque été, un rendez-vous revient discrètement dans les bois de la Coudoulière. Enfants, petits-enfants et proches des anciens ouvriers des tuileries s’y retrouvent autour d’un repas placé sous le signe des souvenirs. Bien plus qu’un simple moment de convivialité, cette rencontre est devenue un véritable travail de mémoire pour préserver l’histoire d’un quartier qui a longtemps vécu au rythme de son usine.

À l’origine de ces retrouvailles, Josyane Giaco-Tornato veille depuis plusieurs années à faire perdurer cette tradition. « Nous luttons contre l’oubli. Les anciens disparaissent, mais nous transmettons leurs histoires », résume-t-elle. Une manière de rappeler que derrière les bâtiments aujourd’hui disparus se cachent des centaines de destins familiaux.

Quand les tuileries faisaient vivre tout un quartier

Avant de devenir un espace apprécié pour ses promenades et sa proximité avec la mer, la Coudoulière était l’un des principaux sites industriels du secteur. Son sous-sol argileux, la présence de forêts pour alimenter les fours et les ressources en eau offraient des conditions idéales à la fabrication des tuiles et des briques.

L’activité, d’abord modeste, connaît un véritable essor au début du XXe siècle sous l’impulsion de l’entrepreneur Étienne Boyer. Au plus fort de son développement, dans les années 1930, l’usine fait travailler jusqu’à 320 personnes et produit plus de 20 000 tonnes de matériaux chaque année. Une partie de cette production quitte alors Six-Fours pour rejoindre Marseille, avant d’être exportée jusqu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

L’aventure industrielle s’achève en 1967 avec la fermeture définitive du site. Seule l’ancienne demeure du directeur a traversé le temps. Elle accueille aujourd’hui la Maison du Cygne.

Des souvenirs qui racontent le travail… et l’enfance

Au fil du repas, les conversations replongent les participants dans une époque où l’usine occupait une place centrale dans la vie quotidienne. Les plus anciens évoquent les journées passées devant les fours, la chaleur étouffante, les vêtements imprégnés de poussière et l’exigence d’un métier particulièrement éprouvant.

Mais les récits font aussi ressurgir les souvenirs plus légers d’une enfance passée autour des ateliers. L’un des participants se remémore les petits wagonnets servant à transporter l’argile.

« On montait dedans pour se laisser descendre comme dans un manège. On savait bien qu’on faisait une bêtise. Nos parents n’appréciaient pas du tout, mais à cet âge-là, on ne pensait qu’à s’amuser. »

Ces anecdotes rappellent que les tuileries n’étaient pas seulement un lieu de travail. Elles constituaient le cœur de la vie du quartier, où familles, voisins et collègues partageaient bien davantage qu’une activité professionnelle.

Une mémoire ouvrière qui dépasse les bâtiments

Les échanges font également revivre des lieux aujourd’hui disparus, comme le restaurant D’Angelo. Véritable point de rencontre des habitants, on y déjeunait, on y disputait une partie de cartes ou de pétanque, on venait échanger les nouvelles du quartier et même téléphoner, à une époque où le téléphone restait rare dans les foyers.

Présent lors de cette journée, Claude Majastre rappelle que ce patrimoine ne se limite pas aux vestiges matériels.

« Cette mémoire est avant tout sociale, ouvrière et humaine. Derrière les briques produites et les chiffres de l’usine, il y a des familles, des parcours de vie, des savoir-faire et une solidarité qui ont profondément marqué Six-Fours. »

Au fil des années, alors que disparaissent peu à peu les témoins directs de cette époque, ces retrouvailles prennent une importance grandissante. Elles permettent aux nouvelles générations de recueillir des souvenirs qui, autrement, risqueraient de s’effacer. Le temps d’un repas, la Coudoulière retrouve ainsi une partie de son passé et rappelle qu’avant de devenir un quartier résidentiel, elle fut l’un des grands cœurs industriels de Six-Fours.

Transmission en mains propres :

Après les souvenirs racontés, place à un autre versant de la transmission : celui de la mémoire documentée, patiemment rassemblée et étudiée.

Car derrière les récits familiaux se dessine un travail plus silencieux: celui de la collecte et de la recherche. 

Gérard Orsucci incarne cette volonté. Bien qu’installé en Corse, il a tenu à faire le déplacement pour ce rendez-vous annuel. Son grand-père et son père ont travaillé à la tuilerie et dans ses valises et il a avec lui : des photographies anciennes, des extraits de presse, mais aussi les médailles du travail décernées à ses aïeux.

Une véritable mine d’or qu’il a remise à Claude Majastre, chercheur bénévole et pilier de l’association Les Amis du Patrimoine de Six-Fours.

Ce dernier ne cache pas son enthousiasme : « Cette collection vient compléter des années de recherche sur la vie autour de la tuilerie. Elle va m’aider à approfondir des sujets essentiels comme les distinctions ouvrières, les fêtes d’entreprise ou les conditions de travail. »

À travers ses études, il tente de reconstituer une fresque sociale fidèle à cette époque, en croisant documents, récits oraux et objets d’époque.

Cette démarche s’inscrit dans un engagement plus large, porté notamment par Josyane Giaco-Tornato, membre fondatrice du groupement des anciens. Connue pour sa crèche historique géante qu’elle monte chaque année chez elle, elle s’attache à faire vivre la petite histoire dans la grande, en la rendant visible, accessible et incarnée.  L’’histoire de la tuilerie ne se contente donc pas de survivre : elle s’enrichit, se structure… et se raconte.

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La Coudoulière n’oublie pas son passé industriel

Un repas annuel pour faire vivre l’histoire des familles qui ont façonné les anciennes tuileries

Chaque été, un rendez-vous revient discrètement dans les bois de la Coudoulière. Enfants, petits-enfants et proches des anciens ouvriers des tuileries s’y retrouvent autour d’un repas placé sous le signe des souvenirs. Bien plus qu’un simple moment de convivialité, cette rencontre est devenue un véritable travail de mémoire pour préserver l’histoire d’un quartier qui a longtemps vécu au rythme de son usine.

À l’origine de ces retrouvailles, Josyane Giaco-Tornato veille depuis plusieurs années à faire perdurer cette tradition. « Nous luttons contre l’oubli. Les anciens disparaissent, mais nous transmettons leurs histoires », résume-t-elle. Une manière de rappeler que derrière les bâtiments aujourd’hui disparus se cachent des centaines de destins familiaux.

Quand les tuileries faisaient vivre tout un quartier

Avant de devenir un espace apprécié pour ses promenades et sa proximité avec la mer, la Coudoulière était l’un des principaux sites industriels du secteur. Son sous-sol argileux, la présence de forêts pour alimenter les fours et les ressources en eau offraient des conditions idéales à la fabrication des tuiles et des briques.

L’activité, d’abord modeste, connaît un véritable essor au début du XXe siècle sous l’impulsion de l’entrepreneur Étienne Boyer. Au plus fort de son développement, dans les années 1930, l’usine fait travailler jusqu’à 320 personnes et produit plus de 20 000 tonnes de matériaux chaque année. Une partie de cette production quitte alors Six-Fours pour rejoindre Marseille, avant d’être exportée jusqu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

L’aventure industrielle s’achève en 1967 avec la fermeture définitive du site. Seule l’ancienne demeure du directeur a traversé le temps. Elle accueille aujourd’hui la Maison du Cygne.

Des souvenirs qui racontent le travail… et l’enfance

Au fil du repas, les conversations replongent les participants dans une époque où l’usine occupait une place centrale dans la vie quotidienne. Les plus anciens évoquent les journées passées devant les fours, la chaleur étouffante, les vêtements imprégnés de poussière et l’exigence d’un métier particulièrement éprouvant.

Mais les récits font aussi ressurgir les souvenirs plus légers d’une enfance passée autour des ateliers. L’un des participants se remémore les petits wagonnets servant à transporter l’argile.

« On montait dedans pour se laisser descendre comme dans un manège. On savait bien qu’on faisait une bêtise. Nos parents n’appréciaient pas du tout, mais à cet âge-là, on ne pensait qu’à s’amuser. »

Ces anecdotes rappellent que les tuileries n’étaient pas seulement un lieu de travail. Elles constituaient le cœur de la vie du quartier, où familles, voisins et collègues partageaient bien davantage qu’une activité professionnelle.

Une mémoire ouvrière qui dépasse les bâtiments

Les échanges font également revivre des lieux aujourd’hui disparus, comme le restaurant D’Angelo. Véritable point de rencontre des habitants, on y déjeunait, on y disputait une partie de cartes ou de pétanque, on venait échanger les nouvelles du quartier et même téléphoner, à une époque où le téléphone restait rare dans les foyers.

Présent lors de cette journée, Claude Majastre rappelle que ce patrimoine ne se limite pas aux vestiges matériels.

« Cette mémoire est avant tout sociale, ouvrière et humaine. Derrière les briques produites et les chiffres de l’usine, il y a des familles, des parcours de vie, des savoir-faire et une solidarité qui ont profondément marqué Six-Fours. »

Au fil des années, alors que disparaissent peu à peu les témoins directs de cette époque, ces retrouvailles prennent une importance grandissante. Elles permettent aux nouvelles générations de recueillir des souvenirs qui, autrement, risqueraient de s’effacer. Le temps d’un repas, la Coudoulière retrouve ainsi une partie de son passé et rappelle qu’avant de devenir un quartier résidentiel, elle fut l’un des grands cœurs industriels de Six-Fours.

Transmission en mains propres :

Après les souvenirs racontés, place à un autre versant de la transmission : celui de la mémoire documentée, patiemment rassemblée et étudiée.

Car derrière les récits familiaux se dessine un travail plus silencieux: celui de la collecte et de la recherche. 

Gérard Orsucci incarne cette volonté. Bien qu’installé en Corse, il a tenu à faire le déplacement pour ce rendez-vous annuel. Son grand-père et son père ont travaillé à la tuilerie et dans ses valises et il a avec lui : des photographies anciennes, des extraits de presse, mais aussi les médailles du travail décernées à ses aïeux.

Une véritable mine d’or qu’il a remise à Claude Majastre, chercheur bénévole et pilier de l’association Les Amis du Patrimoine de Six-Fours.

Ce dernier ne cache pas son enthousiasme : « Cette collection vient compléter des années de recherche sur la vie autour de la tuilerie. Elle va m’aider à approfondir des sujets essentiels comme les distinctions ouvrières, les fêtes d’entreprise ou les conditions de travail. »

À travers ses études, il tente de reconstituer une fresque sociale fidèle à cette époque, en croisant documents, récits oraux et objets d’époque.

Cette démarche s’inscrit dans un engagement plus large, porté notamment par Josyane Giaco-Tornato, membre fondatrice du groupement des anciens. Connue pour sa crèche historique géante qu’elle monte chaque année chez elle, elle s’attache à faire vivre la petite histoire dans la grande, en la rendant visible, accessible et incarnée.  L’’histoire de la tuilerie ne se contente donc pas de survivre : elle s’enrichit, se structure… et se raconte.

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La Coudoulière n’oublie pas son passé industriel

Un repas annuel pour faire vivre l’histoire des familles qui ont façonné les anciennes tuileries

Chaque été, un rendez-vous revient discrètement dans les bois de la Coudoulière. Enfants, petits-enfants et proches des anciens ouvriers des tuileries s’y retrouvent autour d’un repas placé sous le signe des souvenirs. Bien plus qu’un simple moment de convivialité, cette rencontre est devenue un véritable travail de mémoire pour préserver l’histoire d’un quartier qui a longtemps vécu au rythme de son usine.

À l’origine de ces retrouvailles, Josyane Giaco-Tornato veille depuis plusieurs années à faire perdurer cette tradition. « Nous luttons contre l’oubli. Les anciens disparaissent, mais nous transmettons leurs histoires », résume-t-elle. Une manière de rappeler que derrière les bâtiments aujourd’hui disparus se cachent des centaines de destins familiaux.

Quand les tuileries faisaient vivre tout un quartier

Avant de devenir un espace apprécié pour ses promenades et sa proximité avec la mer, la Coudoulière était l’un des principaux sites industriels du secteur. Son sous-sol argileux, la présence de forêts pour alimenter les fours et les ressources en eau offraient des conditions idéales à la fabrication des tuiles et des briques.

L’activité, d’abord modeste, connaît un véritable essor au début du XXe siècle sous l’impulsion de l’entrepreneur Étienne Boyer. Au plus fort de son développement, dans les années 1930, l’usine fait travailler jusqu’à 320 personnes et produit plus de 20 000 tonnes de matériaux chaque année. Une partie de cette production quitte alors Six-Fours pour rejoindre Marseille, avant d’être exportée jusqu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

L’aventure industrielle s’achève en 1967 avec la fermeture définitive du site. Seule l’ancienne demeure du directeur a traversé le temps. Elle accueille aujourd’hui la Maison du Cygne.

Des souvenirs qui racontent le travail… et l’enfance

Au fil du repas, les conversations replongent les participants dans une époque où l’usine occupait une place centrale dans la vie quotidienne. Les plus anciens évoquent les journées passées devant les fours, la chaleur étouffante, les vêtements imprégnés de poussière et l’exigence d’un métier particulièrement éprouvant.

Mais les récits font aussi ressurgir les souvenirs plus légers d’une enfance passée autour des ateliers. L’un des participants se remémore les petits wagonnets servant à transporter l’argile.

« On montait dedans pour se laisser descendre comme dans un manège. On savait bien qu’on faisait une bêtise. Nos parents n’appréciaient pas du tout, mais à cet âge-là, on ne pensait qu’à s’amuser. »

Ces anecdotes rappellent que les tuileries n’étaient pas seulement un lieu de travail. Elles constituaient le cœur de la vie du quartier, où familles, voisins et collègues partageaient bien davantage qu’une activité professionnelle.

Une mémoire ouvrière qui dépasse les bâtiments

Les échanges font également revivre des lieux aujourd’hui disparus, comme le restaurant D’Angelo. Véritable point de rencontre des habitants, on y déjeunait, on y disputait une partie de cartes ou de pétanque, on venait échanger les nouvelles du quartier et même téléphoner, à une époque où le téléphone restait rare dans les foyers.

Présent lors de cette journée, Claude Majastre rappelle que ce patrimoine ne se limite pas aux vestiges matériels.

« Cette mémoire est avant tout sociale, ouvrière et humaine. Derrière les briques produites et les chiffres de l’usine, il y a des familles, des parcours de vie, des savoir-faire et une solidarité qui ont profondément marqué Six-Fours. »

Au fil des années, alors que disparaissent peu à peu les témoins directs de cette époque, ces retrouvailles prennent une importance grandissante. Elles permettent aux nouvelles générations de recueillir des souvenirs qui, autrement, risqueraient de s’effacer. Le temps d’un repas, la Coudoulière retrouve ainsi une partie de son passé et rappelle qu’avant de devenir un quartier résidentiel, elle fut l’un des grands cœurs industriels de Six-Fours.

Transmission en mains propres :

Après les souvenirs racontés, place à un autre versant de la transmission : celui de la mémoire documentée, patiemment rassemblée et étudiée.

Car derrière les récits familiaux se dessine un travail plus silencieux: celui de la collecte et de la recherche. 

Gérard Orsucci incarne cette volonté. Bien qu’installé en Corse, il a tenu à faire le déplacement pour ce rendez-vous annuel. Son grand-père et son père ont travaillé à la tuilerie et dans ses valises et il a avec lui : des photographies anciennes, des extraits de presse, mais aussi les médailles du travail décernées à ses aïeux.

Une véritable mine d’or qu’il a remise à Claude Majastre, chercheur bénévole et pilier de l’association Les Amis du Patrimoine de Six-Fours.

Ce dernier ne cache pas son enthousiasme : « Cette collection vient compléter des années de recherche sur la vie autour de la tuilerie. Elle va m’aider à approfondir des sujets essentiels comme les distinctions ouvrières, les fêtes d’entreprise ou les conditions de travail. »

À travers ses études, il tente de reconstituer une fresque sociale fidèle à cette époque, en croisant documents, récits oraux et objets d’époque.

Cette démarche s’inscrit dans un engagement plus large, porté notamment par Josyane Giaco-Tornato, membre fondatrice du groupement des anciens. Connue pour sa crèche historique géante qu’elle monte chaque année chez elle, elle s’attache à faire vivre la petite histoire dans la grande, en la rendant visible, accessible et incarnée.  L’’histoire de la tuilerie ne se contente donc pas de survivre : elle s’enrichit, se structure… et se raconte.

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À l’origine de ces retrouvailles, Josyane Giaco-Tornato veille depuis plusieurs années à faire perdurer cette tradition. « Nous luttons contre l’oubli. Les anciens disparaissent, mais nous transmettons leurs histoires », résume-t-elle. Une manière de rappeler que derrière les bâtiments aujourd’hui disparus se cachent des centaines de destins familiaux.

Quand les tuileries faisaient vivre tout un quartier

Avant de devenir un espace apprécié pour ses promenades et sa proximité avec la mer, la Coudoulière était l’un des principaux sites industriels du secteur. Son sous-sol argileux, la présence de forêts pour alimenter les fours et les ressources en eau offraient des conditions idéales à la fabrication des tuiles et des briques.

L’activité, d’abord modeste, connaît un véritable essor au début du XXe siècle sous l’impulsion de l’entrepreneur Étienne Boyer. Au plus fort de son développement, dans les années 1930, l’usine fait travailler jusqu’à 320 personnes et produit plus de 20 000 tonnes de matériaux chaque année. Une partie de cette production quitte alors Six-Fours pour rejoindre Marseille, avant d’être exportée jusqu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

L’aventure industrielle s’achève en 1967 avec la fermeture définitive du site. Seule l’ancienne demeure du directeur a traversé le temps. Elle accueille aujourd’hui la Maison du Cygne.

Des souvenirs qui racontent le travail… et l’enfance

Au fil du repas, les conversations replongent les participants dans une époque où l’usine occupait une place centrale dans la vie quotidienne. Les plus anciens évoquent les journées passées devant les fours, la chaleur étouffante, les vêtements imprégnés de poussière et l’exigence d’un métier particulièrement éprouvant.

Mais les récits font aussi ressurgir les souvenirs plus légers d’une enfance passée autour des ateliers. L’un des participants se remémore les petits wagonnets servant à transporter l’argile.

« On montait dedans pour se laisser descendre comme dans un manège. On savait bien qu’on faisait une bêtise. Nos parents n’appréciaient pas du tout, mais à cet âge-là, on ne pensait qu’à s’amuser. »

Ces anecdotes rappellent que les tuileries n’étaient pas seulement un lieu de travail. Elles constituaient le cœur de la vie du quartier, où familles, voisins et collègues partageaient bien davantage qu’une activité professionnelle.

Une mémoire ouvrière qui dépasse les bâtiments

Les échanges font également revivre des lieux aujourd’hui disparus, comme le restaurant D’Angelo. Véritable point de rencontre des habitants, on y déjeunait, on y disputait une partie de cartes ou de pétanque, on venait échanger les nouvelles du quartier et même téléphoner, à une époque où le téléphone restait rare dans les foyers.

Présent lors de cette journée, Claude Majastre rappelle que ce patrimoine ne se limite pas aux vestiges matériels.

« Cette mémoire est avant tout sociale, ouvrière et humaine. Derrière les briques produites et les chiffres de l’usine, il y a des familles, des parcours de vie, des savoir-faire et une solidarité qui ont profondément marqué Six-Fours. »

Au fil des années, alors que disparaissent peu à peu les témoins directs de cette époque, ces retrouvailles prennent une importance grandissante. Elles permettent aux nouvelles générations de recueillir des souvenirs qui, autrement, risqueraient de s’effacer. Le temps d’un repas, la Coudoulière retrouve ainsi une partie de son passé et rappelle qu’avant de devenir un quartier résidentiel, elle fut l’un des grands cœurs industriels de Six-Fours.

Transmission en mains propres :

Après les souvenirs racontés, place à un autre versant de la transmission : celui de la mémoire documentée, patiemment rassemblée et étudiée.

Car derrière les récits familiaux se dessine un travail plus silencieux: celui de la collecte et de la recherche. 

Gérard Orsucci incarne cette volonté. Bien qu’installé en Corse, il a tenu à faire le déplacement pour ce rendez-vous annuel. Son grand-père et son père ont travaillé à la tuilerie et dans ses valises et il a avec lui : des photographies anciennes, des extraits de presse, mais aussi les médailles du travail décernées à ses aïeux.

Une véritable mine d’or qu’il a remise à Claude Majastre, chercheur bénévole et pilier de l’association Les Amis du Patrimoine de Six-Fours.

Ce dernier ne cache pas son enthousiasme : « Cette collection vient compléter des années de recherche sur la vie autour de la tuilerie. Elle va m’aider à approfondir des sujets essentiels comme les distinctions ouvrières, les fêtes d’entreprise ou les conditions de travail. »

À travers ses études, il tente de reconstituer une fresque sociale fidèle à cette époque, en croisant documents, récits oraux et objets d’époque.

Cette démarche s’inscrit dans un engagement plus large, porté notamment par Josyane Giaco-Tornato, membre fondatrice du groupement des anciens. Connue pour sa crèche historique géante qu’elle monte chaque année chez elle, elle s’attache à faire vivre la petite histoire dans la grande, en la rendant visible, accessible et incarnée.  L’’histoire de la tuilerie ne se contente donc pas de survivre : elle s’enrichit, se structure… et se raconte.

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