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vendredi 9 octobre 2026
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L’Abandon : à Six-Fours, raconter Samuel Paty et ceux qui restent

Salle comble lundi soir au Six N’Étoiles pour la rencontre avec Vincent Garenq et Antoine Reinartz. Après la projection de L’Abandon, le réalisateur et l’interprète de Samuel Paty ont évoqué les blessures durables dans le collège, la réaction de sa mère et les précautions prises pour préserver son fils.

Après les vacances, les enseignants sont partis en arrêt maladie les uns après les autres. Ce témoignage, rapporté lundi soir au cinéma Six N’Étoiles, rappelle que l’histoire de Samuel Paty ne s’arrête pas au jour de son assassinat. Pour ses collègues comme pour ses élèves, il a fallu continuer à vivre, retourner au collège et affronter les conséquences d’un événement profondément traumatisant.

Devant une salle comble, Vincent Garenq et Antoine Reinartz ont répondu aux questions du public après la projection de L’Abandon. Des spectateurs avaient même dû être refusés à l’entrée. Le film retrace les onze derniers jours du professeur d’histoire-géographie ; les échanges ont aussi permis de parler de ceux qui restent.

Au collège, le traumatisme et la pression médiatique

Que sont devenus les élèves et les enseignants qui ont vécu cette histoire ? Les réponses ont décrit des blessures encore présentes plusieurs années après, dans une communauté éducative éprouvée.

À la violence de l’assassinat s’est ajoutée une difficulté à prendre la parole pendant le travail de l’inspection et de la justice. Puis l’attention médiatique a exercé une nouvelle pression sur les personnes concernées.

Les invités ont notamment rapporté que certains journalistes auraient proposé de l’argent pour obtenir des témoignages. Dans ce contexte, cette démarche faisait douloureusement écho à l’argent accepté par des collégiens pour désigner Samuel Paty à son assassin. La transcription restitue ce rapprochement : « On a l’impression de revivre exactement ça. »

Au retour des vacances, des professeurs se sont effondrés, les arrêts maladie se succédant. Pour les enfants aussi, l’expérience a été « très très traumatique ». Les échanges ont ainsi éclairé un après moins visible : celui d’un établissement qui doit poursuivre sa mission alors que ses élèves et ses personnels restent profondément marqués.

Sa mère est allée voir le film seule

Vincent Garenq a raconté que la mère de Samuel Paty ne souhaitait pas, au départ, découvrir le film. Après avoir reçu de nombreux retours, elle a finalement décidé de se rendre seule à une projection.

Les réactions entendues à la sortie ont compté pour elle. Les spectateurs parlaient de son fils, de son histoire et des circonstances qui avaient conduit à sa mort. Antoine Reinartz a évoqué le sentiment de réhabilitation que cette meilleure compréhension pouvait apporter.

Le réalisateur a également décrit l’ambivalence de cette expérience : le film lui fait du bien autant qu’il lui fait du mal. Chez elle, la mère de Samuel Paty possède l’affiche, une présence qui lui apporte du réconfort tout en ravivant sa douleur.

Le cinéma ne remplace évidemment pas celui qu’elle a perdu. Mais il permet à d’autres de mieux connaître son histoire. Antoine Reinartz a annoncé, lors de la soirée, qu’il devait rencontrer les parents du professeur dans la semaine.

Préserver les souvenirs de son fils

La question du fils de Samuel Paty a également été posée. Antoine Reinartz a expliqué que sa mère cherchait à le préserver au maximum et a souligné son jeune âge.

Voir le film pourrait ajouter des images à ses souvenirs personnels, voire les brouiller. Une reconstitution, même attentive aux faits, reste une représentation : pour un enfant, les scènes découvertes à l’écran pourraient se mêler à la mémoire de son père.

« Ce n’est pas fait pour les proches de Samuel », a-t-il été expliqué pendant l’échange. La famille connaît cette histoire intimement. Le public, lui, peut découvrir à travers le film des événements dont il n’avait pas mesuré l’enchaînement.

L’Abandon, une question de responsabilité collective

Pourquoi ce titre ? Vincent Garenq a ramené la discussion vers la solitude du professeur et les responsabilités interrogées par le film.

Le réalisateur a évoqué les réactions institutionnelles, notamment celles de l’inspection, et la manière dont les différents acteurs avaient répondu à la situation. Son récit invite à regarder une succession de décisions, d’interventions et de défaillances, plutôt qu’à considérer uniquement l’instant du meurtre.

L’expression « cette responsabilité collective » résume l’un des enjeux soulevés pendant la rencontre. Comment une accusation circule-t-elle ? Comment prend-elle de l’ampleur ? Et comment celui qu’elle vise se retrouve-t-il progressivement isolé ?

Antoine Reinartz : Samuel Paty reste « plein dans la vie »

Interrogé sur la charge émotionnelle du rôle, Antoine Reinartz a expliqué avoir travaillé à partir d’un homme vivant, qui agit et cherche des réponses à ce qui lui arrive.

« Samuel, jusqu’au bout, il est plein dans la vie », a-t-il souligné. Pour le comédien, les émotions du personnage relèvent « de l’action, du combat ».

Le spectateur connaît l’issue tragique, mais l’acteur doit incarner le quotidien du professeur sans anticiper constamment sa mort. Cette approche permet de retrouver son énergie, son engagement et sa volonté de faire face.

Malgré la gravité du sujet, Antoine Reinartz a décrit un tournage « assez doux », distinguant cette expérience de rôles qui lui demandaient de travailler directement sur les conséquences d’un traumatisme.

Une centaine d’élèves attendus en novembre

En novembre, une centaine d’élèves viendront découvrir L’Abandon au Six N’Étoiles dans le cadre de leur cursus scolaire.

Cette séance rejoint un accompagnement présenté par l’Éducation nationale sur Éduscol. Pendant toute l’année scolaire 2026-2027, des projections peuvent être organisées à la demande, à partir de la quatrième. Un dossier pédagogique permet de prolonger le film en enseignement moral et civique ou en éducation aux médias et à l’information. Les séances sont également éligibles à un financement par la part collective du Pass Culture.

Un hommage le 17 octobre

À Six-Fours, un hommage à Samuel Paty aura lieu samedi 17 octobre à 11 heures, sur le parvis de la mairie, à l’occasion du sixième anniversaire de son assassinat, commis le 16 octobre 2020.

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L’Abandon : à Six-Fours, raconter Samuel Paty et ceux qui restent

Salle comble lundi soir au Six N’Étoiles pour la rencontre avec Vincent Garenq et Antoine Reinartz. Après la projection de L’Abandon, le réalisateur et l’interprète de Samuel Paty ont évoqué les blessures durables dans le collège, la réaction de sa mère et les précautions prises pour préserver son fils.

Après les vacances, les enseignants sont partis en arrêt maladie les uns après les autres. Ce témoignage, rapporté lundi soir au cinéma Six N’Étoiles, rappelle que l’histoire de Samuel Paty ne s’arrête pas au jour de son assassinat. Pour ses collègues comme pour ses élèves, il a fallu continuer à vivre, retourner au collège et affronter les conséquences d’un événement profondément traumatisant.

Devant une salle comble, Vincent Garenq et Antoine Reinartz ont répondu aux questions du public après la projection de L’Abandon. Des spectateurs avaient même dû être refusés à l’entrée. Le film retrace les onze derniers jours du professeur d’histoire-géographie ; les échanges ont aussi permis de parler de ceux qui restent.

Au collège, le traumatisme et la pression médiatique

Que sont devenus les élèves et les enseignants qui ont vécu cette histoire ? Les réponses ont décrit des blessures encore présentes plusieurs années après, dans une communauté éducative éprouvée.

À la violence de l’assassinat s’est ajoutée une difficulté à prendre la parole pendant le travail de l’inspection et de la justice. Puis l’attention médiatique a exercé une nouvelle pression sur les personnes concernées.

Les invités ont notamment rapporté que certains journalistes auraient proposé de l’argent pour obtenir des témoignages. Dans ce contexte, cette démarche faisait douloureusement écho à l’argent accepté par des collégiens pour désigner Samuel Paty à son assassin. La transcription restitue ce rapprochement : « On a l’impression de revivre exactement ça. »

Au retour des vacances, des professeurs se sont effondrés, les arrêts maladie se succédant. Pour les enfants aussi, l’expérience a été « très très traumatique ». Les échanges ont ainsi éclairé un après moins visible : celui d’un établissement qui doit poursuivre sa mission alors que ses élèves et ses personnels restent profondément marqués.

Sa mère est allée voir le film seule

Vincent Garenq a raconté que la mère de Samuel Paty ne souhaitait pas, au départ, découvrir le film. Après avoir reçu de nombreux retours, elle a finalement décidé de se rendre seule à une projection.

Les réactions entendues à la sortie ont compté pour elle. Les spectateurs parlaient de son fils, de son histoire et des circonstances qui avaient conduit à sa mort. Antoine Reinartz a évoqué le sentiment de réhabilitation que cette meilleure compréhension pouvait apporter.

Le réalisateur a également décrit l’ambivalence de cette expérience : le film lui fait du bien autant qu’il lui fait du mal. Chez elle, la mère de Samuel Paty possède l’affiche, une présence qui lui apporte du réconfort tout en ravivant sa douleur.

Le cinéma ne remplace évidemment pas celui qu’elle a perdu. Mais il permet à d’autres de mieux connaître son histoire. Antoine Reinartz a annoncé, lors de la soirée, qu’il devait rencontrer les parents du professeur dans la semaine.

Préserver les souvenirs de son fils

La question du fils de Samuel Paty a également été posée. Antoine Reinartz a expliqué que sa mère cherchait à le préserver au maximum et a souligné son jeune âge.

Voir le film pourrait ajouter des images à ses souvenirs personnels, voire les brouiller. Une reconstitution, même attentive aux faits, reste une représentation : pour un enfant, les scènes découvertes à l’écran pourraient se mêler à la mémoire de son père.

« Ce n’est pas fait pour les proches de Samuel », a-t-il été expliqué pendant l’échange. La famille connaît cette histoire intimement. Le public, lui, peut découvrir à travers le film des événements dont il n’avait pas mesuré l’enchaînement.

L’Abandon, une question de responsabilité collective

Pourquoi ce titre ? Vincent Garenq a ramené la discussion vers la solitude du professeur et les responsabilités interrogées par le film.

Le réalisateur a évoqué les réactions institutionnelles, notamment celles de l’inspection, et la manière dont les différents acteurs avaient répondu à la situation. Son récit invite à regarder une succession de décisions, d’interventions et de défaillances, plutôt qu’à considérer uniquement l’instant du meurtre.

L’expression « cette responsabilité collective » résume l’un des enjeux soulevés pendant la rencontre. Comment une accusation circule-t-elle ? Comment prend-elle de l’ampleur ? Et comment celui qu’elle vise se retrouve-t-il progressivement isolé ?

Antoine Reinartz : Samuel Paty reste « plein dans la vie »

Interrogé sur la charge émotionnelle du rôle, Antoine Reinartz a expliqué avoir travaillé à partir d’un homme vivant, qui agit et cherche des réponses à ce qui lui arrive.

« Samuel, jusqu’au bout, il est plein dans la vie », a-t-il souligné. Pour le comédien, les émotions du personnage relèvent « de l’action, du combat ».

Le spectateur connaît l’issue tragique, mais l’acteur doit incarner le quotidien du professeur sans anticiper constamment sa mort. Cette approche permet de retrouver son énergie, son engagement et sa volonté de faire face.

Malgré la gravité du sujet, Antoine Reinartz a décrit un tournage « assez doux », distinguant cette expérience de rôles qui lui demandaient de travailler directement sur les conséquences d’un traumatisme.

Une centaine d’élèves attendus en novembre

En novembre, une centaine d’élèves viendront découvrir L’Abandon au Six N’Étoiles dans le cadre de leur cursus scolaire.

Cette séance rejoint un accompagnement présenté par l’Éducation nationale sur Éduscol. Pendant toute l’année scolaire 2026-2027, des projections peuvent être organisées à la demande, à partir de la quatrième. Un dossier pédagogique permet de prolonger le film en enseignement moral et civique ou en éducation aux médias et à l’information. Les séances sont également éligibles à un financement par la part collective du Pass Culture.

Un hommage le 17 octobre

À Six-Fours, un hommage à Samuel Paty aura lieu samedi 17 octobre à 11 heures, sur le parvis de la mairie, à l’occasion du sixième anniversaire de son assassinat, commis le 16 octobre 2020.

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L’Abandon : à Six-Fours, raconter Samuel Paty et ceux qui restent

Salle comble lundi soir au Six N’Étoiles pour la rencontre avec Vincent Garenq et Antoine Reinartz. Après la projection de L’Abandon, le réalisateur et l’interprète de Samuel Paty ont évoqué les blessures durables dans le collège, la réaction de sa mère et les précautions prises pour préserver son fils.

Après les vacances, les enseignants sont partis en arrêt maladie les uns après les autres. Ce témoignage, rapporté lundi soir au cinéma Six N’Étoiles, rappelle que l’histoire de Samuel Paty ne s’arrête pas au jour de son assassinat. Pour ses collègues comme pour ses élèves, il a fallu continuer à vivre, retourner au collège et affronter les conséquences d’un événement profondément traumatisant.

Devant une salle comble, Vincent Garenq et Antoine Reinartz ont répondu aux questions du public après la projection de L’Abandon. Des spectateurs avaient même dû être refusés à l’entrée. Le film retrace les onze derniers jours du professeur d’histoire-géographie ; les échanges ont aussi permis de parler de ceux qui restent.

Au collège, le traumatisme et la pression médiatique

Que sont devenus les élèves et les enseignants qui ont vécu cette histoire ? Les réponses ont décrit des blessures encore présentes plusieurs années après, dans une communauté éducative éprouvée.

À la violence de l’assassinat s’est ajoutée une difficulté à prendre la parole pendant le travail de l’inspection et de la justice. Puis l’attention médiatique a exercé une nouvelle pression sur les personnes concernées.

Les invités ont notamment rapporté que certains journalistes auraient proposé de l’argent pour obtenir des témoignages. Dans ce contexte, cette démarche faisait douloureusement écho à l’argent accepté par des collégiens pour désigner Samuel Paty à son assassin. La transcription restitue ce rapprochement : « On a l’impression de revivre exactement ça. »

Au retour des vacances, des professeurs se sont effondrés, les arrêts maladie se succédant. Pour les enfants aussi, l’expérience a été « très très traumatique ». Les échanges ont ainsi éclairé un après moins visible : celui d’un établissement qui doit poursuivre sa mission alors que ses élèves et ses personnels restent profondément marqués.

Sa mère est allée voir le film seule

Vincent Garenq a raconté que la mère de Samuel Paty ne souhaitait pas, au départ, découvrir le film. Après avoir reçu de nombreux retours, elle a finalement décidé de se rendre seule à une projection.

Les réactions entendues à la sortie ont compté pour elle. Les spectateurs parlaient de son fils, de son histoire et des circonstances qui avaient conduit à sa mort. Antoine Reinartz a évoqué le sentiment de réhabilitation que cette meilleure compréhension pouvait apporter.

Le réalisateur a également décrit l’ambivalence de cette expérience : le film lui fait du bien autant qu’il lui fait du mal. Chez elle, la mère de Samuel Paty possède l’affiche, une présence qui lui apporte du réconfort tout en ravivant sa douleur.

Le cinéma ne remplace évidemment pas celui qu’elle a perdu. Mais il permet à d’autres de mieux connaître son histoire. Antoine Reinartz a annoncé, lors de la soirée, qu’il devait rencontrer les parents du professeur dans la semaine.

Préserver les souvenirs de son fils

La question du fils de Samuel Paty a également été posée. Antoine Reinartz a expliqué que sa mère cherchait à le préserver au maximum et a souligné son jeune âge.

Voir le film pourrait ajouter des images à ses souvenirs personnels, voire les brouiller. Une reconstitution, même attentive aux faits, reste une représentation : pour un enfant, les scènes découvertes à l’écran pourraient se mêler à la mémoire de son père.

« Ce n’est pas fait pour les proches de Samuel », a-t-il été expliqué pendant l’échange. La famille connaît cette histoire intimement. Le public, lui, peut découvrir à travers le film des événements dont il n’avait pas mesuré l’enchaînement.

L’Abandon, une question de responsabilité collective

Pourquoi ce titre ? Vincent Garenq a ramené la discussion vers la solitude du professeur et les responsabilités interrogées par le film.

Le réalisateur a évoqué les réactions institutionnelles, notamment celles de l’inspection, et la manière dont les différents acteurs avaient répondu à la situation. Son récit invite à regarder une succession de décisions, d’interventions et de défaillances, plutôt qu’à considérer uniquement l’instant du meurtre.

L’expression « cette responsabilité collective » résume l’un des enjeux soulevés pendant la rencontre. Comment une accusation circule-t-elle ? Comment prend-elle de l’ampleur ? Et comment celui qu’elle vise se retrouve-t-il progressivement isolé ?

Antoine Reinartz : Samuel Paty reste « plein dans la vie »

Interrogé sur la charge émotionnelle du rôle, Antoine Reinartz a expliqué avoir travaillé à partir d’un homme vivant, qui agit et cherche des réponses à ce qui lui arrive.

« Samuel, jusqu’au bout, il est plein dans la vie », a-t-il souligné. Pour le comédien, les émotions du personnage relèvent « de l’action, du combat ».

Le spectateur connaît l’issue tragique, mais l’acteur doit incarner le quotidien du professeur sans anticiper constamment sa mort. Cette approche permet de retrouver son énergie, son engagement et sa volonté de faire face.

Malgré la gravité du sujet, Antoine Reinartz a décrit un tournage « assez doux », distinguant cette expérience de rôles qui lui demandaient de travailler directement sur les conséquences d’un traumatisme.

Une centaine d’élèves attendus en novembre

En novembre, une centaine d’élèves viendront découvrir L’Abandon au Six N’Étoiles dans le cadre de leur cursus scolaire.

Cette séance rejoint un accompagnement présenté par l’Éducation nationale sur Éduscol. Pendant toute l’année scolaire 2026-2027, des projections peuvent être organisées à la demande, à partir de la quatrième. Un dossier pédagogique permet de prolonger le film en enseignement moral et civique ou en éducation aux médias et à l’information. Les séances sont également éligibles à un financement par la part collective du Pass Culture.

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Après les vacances, les enseignants sont partis en arrêt maladie les uns après les autres. Ce témoignage, rapporté lundi soir au cinéma Six N’Étoiles, rappelle que l’histoire de Samuel Paty ne s’arrête pas au jour de son assassinat. Pour ses collègues comme pour ses élèves, il a fallu continuer à vivre, retourner au collège et affronter les conséquences d’un événement profondément traumatisant.

Devant une salle comble, Vincent Garenq et Antoine Reinartz ont répondu aux questions du public après la projection de L’Abandon. Des spectateurs avaient même dû être refusés à l’entrée. Le film retrace les onze derniers jours du professeur d’histoire-géographie ; les échanges ont aussi permis de parler de ceux qui restent.

Au collège, le traumatisme et la pression médiatique

Que sont devenus les élèves et les enseignants qui ont vécu cette histoire ? Les réponses ont décrit des blessures encore présentes plusieurs années après, dans une communauté éducative éprouvée.

À la violence de l’assassinat s’est ajoutée une difficulté à prendre la parole pendant le travail de l’inspection et de la justice. Puis l’attention médiatique a exercé une nouvelle pression sur les personnes concernées.

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Au retour des vacances, des professeurs se sont effondrés, les arrêts maladie se succédant. Pour les enfants aussi, l’expérience a été « très très traumatique ». Les échanges ont ainsi éclairé un après moins visible : celui d’un établissement qui doit poursuivre sa mission alors que ses élèves et ses personnels restent profondément marqués.

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Vincent Garenq a raconté que la mère de Samuel Paty ne souhaitait pas, au départ, découvrir le film. Après avoir reçu de nombreux retours, elle a finalement décidé de se rendre seule à une projection.

Les réactions entendues à la sortie ont compté pour elle. Les spectateurs parlaient de son fils, de son histoire et des circonstances qui avaient conduit à sa mort. Antoine Reinartz a évoqué le sentiment de réhabilitation que cette meilleure compréhension pouvait apporter.

Le réalisateur a également décrit l’ambivalence de cette expérience : le film lui fait du bien autant qu’il lui fait du mal. Chez elle, la mère de Samuel Paty possède l’affiche, une présence qui lui apporte du réconfort tout en ravivant sa douleur.

Le cinéma ne remplace évidemment pas celui qu’elle a perdu. Mais il permet à d’autres de mieux connaître son histoire. Antoine Reinartz a annoncé, lors de la soirée, qu’il devait rencontrer les parents du professeur dans la semaine.

Préserver les souvenirs de son fils

La question du fils de Samuel Paty a également été posée. Antoine Reinartz a expliqué que sa mère cherchait à le préserver au maximum et a souligné son jeune âge.

Voir le film pourrait ajouter des images à ses souvenirs personnels, voire les brouiller. Une reconstitution, même attentive aux faits, reste une représentation : pour un enfant, les scènes découvertes à l’écran pourraient se mêler à la mémoire de son père.

« Ce n’est pas fait pour les proches de Samuel », a-t-il été expliqué pendant l’échange. La famille connaît cette histoire intimement. Le public, lui, peut découvrir à travers le film des événements dont il n’avait pas mesuré l’enchaînement.

L’Abandon, une question de responsabilité collective

Pourquoi ce titre ? Vincent Garenq a ramené la discussion vers la solitude du professeur et les responsabilités interrogées par le film.

Le réalisateur a évoqué les réactions institutionnelles, notamment celles de l’inspection, et la manière dont les différents acteurs avaient répondu à la situation. Son récit invite à regarder une succession de décisions, d’interventions et de défaillances, plutôt qu’à considérer uniquement l’instant du meurtre.

L’expression « cette responsabilité collective » résume l’un des enjeux soulevés pendant la rencontre. Comment une accusation circule-t-elle ? Comment prend-elle de l’ampleur ? Et comment celui qu’elle vise se retrouve-t-il progressivement isolé ?

Antoine Reinartz : Samuel Paty reste « plein dans la vie »

Interrogé sur la charge émotionnelle du rôle, Antoine Reinartz a expliqué avoir travaillé à partir d’un homme vivant, qui agit et cherche des réponses à ce qui lui arrive.

« Samuel, jusqu’au bout, il est plein dans la vie », a-t-il souligné. Pour le comédien, les émotions du personnage relèvent « de l’action, du combat ».

Le spectateur connaît l’issue tragique, mais l’acteur doit incarner le quotidien du professeur sans anticiper constamment sa mort. Cette approche permet de retrouver son énergie, son engagement et sa volonté de faire face.

Malgré la gravité du sujet, Antoine Reinartz a décrit un tournage « assez doux », distinguant cette expérience de rôles qui lui demandaient de travailler directement sur les conséquences d’un traumatisme.

Une centaine d’élèves attendus en novembre

En novembre, une centaine d’élèves viendront découvrir L’Abandon au Six N’Étoiles dans le cadre de leur cursus scolaire.

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Un hommage le 17 octobre

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