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vendredi 2 octobre 2026
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Le France Libre, moteur pour La Seyne

Un chantier hors norme, des besoins en compétences et une circulation à organiser : le petit-déjeuner des entreprises, vendredi 2 octobre, a permis de mesurer ce que l’accueil du futur porte-avions France Libre va changer autour de Brégaillon. Pour les acteurs économiques seynois, les perspectives dépassent largement la construction des infrastructures militaires.

Le France Libre ne sera pas construit à La Seyne. Mais son arrivée dans la rade se prépare déjà aux portes de la commune. Vendredi matin, au Casino Joa, le traditionnel petit-déjeuner des entreprises était consacré au porte-avions de nouvelle génération, le PA-NG, et aux aménagements nécessaires à son accueil à Toulon.

Face aux entrepreneurs, le contre-amiral Arnaud Tranchant, commandant de la base de défense de Toulon et adjoint au commandant de l’arrondissement maritime Méditerranée, et Armelle Bourgogne, officier de programme PA-NG et conseillère technique de la Défense, ont présenté les enjeux militaires, économiques et pratiques de cette transformation.

Retenu en début de matinée auprès du préfet du Var, en visite dans les lycées Langevin et Beaussier, Dorian Munoz a rejoint la rencontre dans sa dernière partie. Le maire a expliqué avoir accompagné le représentant de l’État et indiqué que le calme dans les établissements lui avait permis de retrouver les entrepreneurs. À l’ouverture, Philippe Le Sausse, adjoint chargé notamment de la politique portuaire, avait lu son intervention.

Un chantier qui appelle des compétences : 

Dans le message du maire, l’enjeu ne se limitait pas aux ouvrages à construire. L’accueil de cette activité suppose aussi des formations adaptées, des compétences techniques, des logements et une mobilité suffisamment fluide. Avec un chantier appelé à mobiliser de l’ordre d’un millier d’ouvriers, selon les indications données pendant la rencontre, les entreprises locales sont invitées à anticiper les besoins.

Le contre-amiral a ramené cette perspective à une réalité très concrète : derrière la Marine, il y a des infrastructures ; derrière les infrastructures, du « béton et de la ferraille ». Autrement dit, des entreprises, des métiers et des prestations indispensables pour rendre les nouveaux équipements opérationnels.

L’exemple du programme Barracuda, engagé depuis plus de dix ans pour adapter Toulon aux nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque, illustre cette activité parfois peu visible depuis l’extérieur. Les grues ne donnent qu’un aperçu des travaux réalisés et des entreprises mobilisées. Le futur porte-avions doit prolonger cette dynamique, avec des besoins qui s’inscrivent dans la durée.

Un navire plus grand, une base à adapter : 

Le changement d’échelle explique l’ampleur du projet. Les caractéristiques présentées pour le France Libre sont de 78 000 tonnes, 310 mètres de long et 85 mètres de large, avec une capacité annoncée de 40 aéronefs. Le Charles de Gaulle mesure, lui, 261,50 mètres pour un déplacement de 42 500 tonnes.

Les installations existantes ne suffisent donc pas à répondre aux besoins du futur bâtiment. Entre les appontements Milhaud et le port de commerce de Brégaillon, le projet prévoit notamment une forme de radoub de 360 mètres (un bassin permettant de mettre le navire à sec pour son entretien), un quai de stationnement et de maintenance, des bâtiments et des réseaux. Un pont de transit et un nouvel accès à la base navale complètent l’ensemble.

Le calendrier prévisionnel présenté vendredi distingue bien la construction du navire et celle de ses installations d’accueil. Après sa construction à Saint-Nazaire, le porte-avions est attendu à Toulon début 2035 pour la poursuite de son armement, c’est-à-dire son équipement et sa préparation, jusqu’en 2038.

Côté infrastructures, les travaux d’accès et installations de chantier à Brégaillon sont programmés à partir du premier trimestre 2027. Le pont doit ouvrir en 2029. La construction du quai et du bassin s’étend ensuite jusqu’en 2031, puis celle des bâtiments et réseaux jusqu’en 2034, avant la réception et la qualification des ouvrages.

La circulation, une préoccupation immédiate : 

Dans la salle, une question a rapidement ramené ce calendrier au quotidien des Seynois : comment absorber les déplacements liés au chantier alors que certaines artères sont déjà saturées aux heures de pointe ?

Armelle Bourgogne a rappelé que les travaux se situent du côté de Brégaillon. Mais elle a aussi reconnu le lien entre ce secteur et le reste de la commune : une difficulté à Brégaillon peut se répercuter sur le centre-ville.

Selon les explications données, la préparation s’appuie sur les comptages de circulation réalisés avec TPM pour identifier les périodes les plus chargées et organiser les flux. L’objectif est d’éviter que les arrivées et départs des ouvriers, auxquels s’ajoutent les livraisons, se concentrent au même moment. Les approvisionnements doivent privilégier autant que possible la voie maritime, avec également un recours envisagé au ferroviaire.

Les documents présentés prévoient un parking d’attente à l’accès du chantier ainsi qu’un suivi du nombre de véhicules et de leurs temps de passage. Une adaptation de la branche reliant le port de commerce au giratoire de Brégaillon est à l’étude : elle permettrait de disposer de deux voies vers l’anneau, tout en conservant la voie qui le contourne vers la Pyrotechnie.

Pour la phase d’exploitation, le prolongement des lignes de bus BN2 et BN3 jusqu’au terre-plein Milhaud 7, ainsi qu’une nouvelle desserte depuis le sud-ouest par l’accès Brégaillon, doivent également être étudiés. Le maintien de ce quatrième accès à la base navale figure parmi les décisions présentées.

Ces dispositifs visent à limiter la congestion. Leur préparation et leur suivi doivent se poursuivre avec la métropole et la municipalité.

Draguer la rade et protéger l’eau : 

Avant la construction des nouveaux ouvrages, un important travail de désencombrement est déjà engagé dans la rade de Toulon, notamment entre les appontements Milhaud et Brégaillon. Les diapositives font état de 2 150 obstructions cartographiées, avec le retrait d’objets et le renflouement d’épaves. Le volume de dragage envisagé se situe entre 1,2 et 1,8 million de mètres cubes.

Tous les matériaux ne présentent pas les mêmes caractéristiques. La couche superficielle est décrite comme une vase polluée, riche en matière organique ; les couches plus profondes sont annoncées comme moins polluées, voire non polluées. Le projet affiche un objectif de réemploi des sédiments et un volume maximal de 700 000 mètres cubes susceptibles d’être immergés en mer, sous réserve des critères applicables.

Au total, 108 mesures d’évitement, de réduction, de compensation et de suivi sont annoncées. Elles comprennent des dispositifs contre la dispersion des matières en suspension, des précautions particulières pour les sédiments pollués et l’adaptation des opérations aux conditions météorologiques.

La sécurité des fonds a aussi été évoquée à travers l’accident survenu le 18 août 2025 sur le chantier de l’appontement Milhaud 4, qui avait blessé quatre salariés. L’hypothèse d’une ancienne munition avait alors été avancée, sans être établie dans les premières informations publiques. Pendant la rencontre, cet épisode a été présenté comme un rappel de la vigilance nécessaire pour les interventions dans une rade marquée par les bombardements.

Le chantier révèle aussi une histoire oubliée :

Préparer l’avenir de la base navale a également ouvert une fenêtre sur son passé. Les fouilles préventives conduites par l’Inrap ont retrouvé des vestiges sur l’ancienne île de Milhaud, où la Marine royale avait installé un magasin à poudre à la fin du XVIIe siècle. Ce bâtiment, construit entre 1692 et 1695, disposait d’un quai pour les mouvements de poudre entre le magasin et les navires.

Mais les découvertes remontent beaucoup plus loin : les recherches ont mis au jour un établissement antique occupé dès le IIe siècle avant notre ère, antérieur à l’agglomération romaine de Toulon. Les vestiges et le mobilier éclairent notamment les échanges avec la péninsule italique. De quoi renouveler les connaissances sur l’histoire de la rade, bien au-delà de son passé militaire.

Des marchés à anticiper : 

Selon le calendrier annoncé pendant le petit-déjeuner, le choix du titulaire chargé du grand chantier d’infrastructures est attendu en fin d’année. Pour les entreprises du territoire, l’enjeu est de préparer leur positionnement et d’identifier les compétences ou services qu’elles pourraient apporter.

Le contre-amiral a également rappelé que les missions navales ont des effets jusque dans la vie quotidienne. La protection du trafic commercial en mer Rouge, face aux attaques de drones et de missiles, contribue à sécuriser des routes empruntées par les marchandises que nous achetons. La Marine nationale participe à cette protection, notamment dans le cadre de l’opération européenne Aspides.

À La Seyne, les conséquences les plus proches seront celles du chantier : de l’activité à accompagner, des déplacements à organiser et un milieu marin à surveiller. C’est sur ces sujets concrets que les armées, la métropole, la municipalité et les entreprises devront continuer à travailler ensemble.

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Le France Libre, moteur pour La Seyne

Un chantier hors norme, des besoins en compétences et une circulation à organiser : le petit-déjeuner des entreprises, vendredi 2 octobre, a permis de mesurer ce que l’accueil du futur porte-avions France Libre va changer autour de Brégaillon. Pour les acteurs économiques seynois, les perspectives dépassent largement la construction des infrastructures militaires.

Le France Libre ne sera pas construit à La Seyne. Mais son arrivée dans la rade se prépare déjà aux portes de la commune. Vendredi matin, au Casino Joa, le traditionnel petit-déjeuner des entreprises était consacré au porte-avions de nouvelle génération, le PA-NG, et aux aménagements nécessaires à son accueil à Toulon.

Face aux entrepreneurs, le contre-amiral Arnaud Tranchant, commandant de la base de défense de Toulon et adjoint au commandant de l’arrondissement maritime Méditerranée, et Armelle Bourgogne, officier de programme PA-NG et conseillère technique de la Défense, ont présenté les enjeux militaires, économiques et pratiques de cette transformation.

Retenu en début de matinée auprès du préfet du Var, en visite dans les lycées Langevin et Beaussier, Dorian Munoz a rejoint la rencontre dans sa dernière partie. Le maire a expliqué avoir accompagné le représentant de l’État et indiqué que le calme dans les établissements lui avait permis de retrouver les entrepreneurs. À l’ouverture, Philippe Le Sausse, adjoint chargé notamment de la politique portuaire, avait lu son intervention.

Un chantier qui appelle des compétences : 

Dans le message du maire, l’enjeu ne se limitait pas aux ouvrages à construire. L’accueil de cette activité suppose aussi des formations adaptées, des compétences techniques, des logements et une mobilité suffisamment fluide. Avec un chantier appelé à mobiliser de l’ordre d’un millier d’ouvriers, selon les indications données pendant la rencontre, les entreprises locales sont invitées à anticiper les besoins.

Le contre-amiral a ramené cette perspective à une réalité très concrète : derrière la Marine, il y a des infrastructures ; derrière les infrastructures, du « béton et de la ferraille ». Autrement dit, des entreprises, des métiers et des prestations indispensables pour rendre les nouveaux équipements opérationnels.

L’exemple du programme Barracuda, engagé depuis plus de dix ans pour adapter Toulon aux nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque, illustre cette activité parfois peu visible depuis l’extérieur. Les grues ne donnent qu’un aperçu des travaux réalisés et des entreprises mobilisées. Le futur porte-avions doit prolonger cette dynamique, avec des besoins qui s’inscrivent dans la durée.

Un navire plus grand, une base à adapter : 

Le changement d’échelle explique l’ampleur du projet. Les caractéristiques présentées pour le France Libre sont de 78 000 tonnes, 310 mètres de long et 85 mètres de large, avec une capacité annoncée de 40 aéronefs. Le Charles de Gaulle mesure, lui, 261,50 mètres pour un déplacement de 42 500 tonnes.

Les installations existantes ne suffisent donc pas à répondre aux besoins du futur bâtiment. Entre les appontements Milhaud et le port de commerce de Brégaillon, le projet prévoit notamment une forme de radoub de 360 mètres (un bassin permettant de mettre le navire à sec pour son entretien), un quai de stationnement et de maintenance, des bâtiments et des réseaux. Un pont de transit et un nouvel accès à la base navale complètent l’ensemble.

Le calendrier prévisionnel présenté vendredi distingue bien la construction du navire et celle de ses installations d’accueil. Après sa construction à Saint-Nazaire, le porte-avions est attendu à Toulon début 2035 pour la poursuite de son armement, c’est-à-dire son équipement et sa préparation, jusqu’en 2038.

Côté infrastructures, les travaux d’accès et installations de chantier à Brégaillon sont programmés à partir du premier trimestre 2027. Le pont doit ouvrir en 2029. La construction du quai et du bassin s’étend ensuite jusqu’en 2031, puis celle des bâtiments et réseaux jusqu’en 2034, avant la réception et la qualification des ouvrages.

La circulation, une préoccupation immédiate : 

Dans la salle, une question a rapidement ramené ce calendrier au quotidien des Seynois : comment absorber les déplacements liés au chantier alors que certaines artères sont déjà saturées aux heures de pointe ?

Armelle Bourgogne a rappelé que les travaux se situent du côté de Brégaillon. Mais elle a aussi reconnu le lien entre ce secteur et le reste de la commune : une difficulté à Brégaillon peut se répercuter sur le centre-ville.

Selon les explications données, la préparation s’appuie sur les comptages de circulation réalisés avec TPM pour identifier les périodes les plus chargées et organiser les flux. L’objectif est d’éviter que les arrivées et départs des ouvriers, auxquels s’ajoutent les livraisons, se concentrent au même moment. Les approvisionnements doivent privilégier autant que possible la voie maritime, avec également un recours envisagé au ferroviaire.

Les documents présentés prévoient un parking d’attente à l’accès du chantier ainsi qu’un suivi du nombre de véhicules et de leurs temps de passage. Une adaptation de la branche reliant le port de commerce au giratoire de Brégaillon est à l’étude : elle permettrait de disposer de deux voies vers l’anneau, tout en conservant la voie qui le contourne vers la Pyrotechnie.

Pour la phase d’exploitation, le prolongement des lignes de bus BN2 et BN3 jusqu’au terre-plein Milhaud 7, ainsi qu’une nouvelle desserte depuis le sud-ouest par l’accès Brégaillon, doivent également être étudiés. Le maintien de ce quatrième accès à la base navale figure parmi les décisions présentées.

Ces dispositifs visent à limiter la congestion. Leur préparation et leur suivi doivent se poursuivre avec la métropole et la municipalité.

Draguer la rade et protéger l’eau : 

Avant la construction des nouveaux ouvrages, un important travail de désencombrement est déjà engagé dans la rade de Toulon, notamment entre les appontements Milhaud et Brégaillon. Les diapositives font état de 2 150 obstructions cartographiées, avec le retrait d’objets et le renflouement d’épaves. Le volume de dragage envisagé se situe entre 1,2 et 1,8 million de mètres cubes.

Tous les matériaux ne présentent pas les mêmes caractéristiques. La couche superficielle est décrite comme une vase polluée, riche en matière organique ; les couches plus profondes sont annoncées comme moins polluées, voire non polluées. Le projet affiche un objectif de réemploi des sédiments et un volume maximal de 700 000 mètres cubes susceptibles d’être immergés en mer, sous réserve des critères applicables.

Au total, 108 mesures d’évitement, de réduction, de compensation et de suivi sont annoncées. Elles comprennent des dispositifs contre la dispersion des matières en suspension, des précautions particulières pour les sédiments pollués et l’adaptation des opérations aux conditions météorologiques.

La sécurité des fonds a aussi été évoquée à travers l’accident survenu le 18 août 2025 sur le chantier de l’appontement Milhaud 4, qui avait blessé quatre salariés. L’hypothèse d’une ancienne munition avait alors été avancée, sans être établie dans les premières informations publiques. Pendant la rencontre, cet épisode a été présenté comme un rappel de la vigilance nécessaire pour les interventions dans une rade marquée par les bombardements.

Le chantier révèle aussi une histoire oubliée :

Préparer l’avenir de la base navale a également ouvert une fenêtre sur son passé. Les fouilles préventives conduites par l’Inrap ont retrouvé des vestiges sur l’ancienne île de Milhaud, où la Marine royale avait installé un magasin à poudre à la fin du XVIIe siècle. Ce bâtiment, construit entre 1692 et 1695, disposait d’un quai pour les mouvements de poudre entre le magasin et les navires.

Mais les découvertes remontent beaucoup plus loin : les recherches ont mis au jour un établissement antique occupé dès le IIe siècle avant notre ère, antérieur à l’agglomération romaine de Toulon. Les vestiges et le mobilier éclairent notamment les échanges avec la péninsule italique. De quoi renouveler les connaissances sur l’histoire de la rade, bien au-delà de son passé militaire.

Des marchés à anticiper : 

Selon le calendrier annoncé pendant le petit-déjeuner, le choix du titulaire chargé du grand chantier d’infrastructures est attendu en fin d’année. Pour les entreprises du territoire, l’enjeu est de préparer leur positionnement et d’identifier les compétences ou services qu’elles pourraient apporter.

Le contre-amiral a également rappelé que les missions navales ont des effets jusque dans la vie quotidienne. La protection du trafic commercial en mer Rouge, face aux attaques de drones et de missiles, contribue à sécuriser des routes empruntées par les marchandises que nous achetons. La Marine nationale participe à cette protection, notamment dans le cadre de l’opération européenne Aspides.

À La Seyne, les conséquences les plus proches seront celles du chantier : de l’activité à accompagner, des déplacements à organiser et un milieu marin à surveiller. C’est sur ces sujets concrets que les armées, la métropole, la municipalité et les entreprises devront continuer à travailler ensemble.

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Le France Libre, moteur pour La Seyne

Un chantier hors norme, des besoins en compétences et une circulation à organiser : le petit-déjeuner des entreprises, vendredi 2 octobre, a permis de mesurer ce que l’accueil du futur porte-avions France Libre va changer autour de Brégaillon. Pour les acteurs économiques seynois, les perspectives dépassent largement la construction des infrastructures militaires.

Le France Libre ne sera pas construit à La Seyne. Mais son arrivée dans la rade se prépare déjà aux portes de la commune. Vendredi matin, au Casino Joa, le traditionnel petit-déjeuner des entreprises était consacré au porte-avions de nouvelle génération, le PA-NG, et aux aménagements nécessaires à son accueil à Toulon.

Face aux entrepreneurs, le contre-amiral Arnaud Tranchant, commandant de la base de défense de Toulon et adjoint au commandant de l’arrondissement maritime Méditerranée, et Armelle Bourgogne, officier de programme PA-NG et conseillère technique de la Défense, ont présenté les enjeux militaires, économiques et pratiques de cette transformation.

Retenu en début de matinée auprès du préfet du Var, en visite dans les lycées Langevin et Beaussier, Dorian Munoz a rejoint la rencontre dans sa dernière partie. Le maire a expliqué avoir accompagné le représentant de l’État et indiqué que le calme dans les établissements lui avait permis de retrouver les entrepreneurs. À l’ouverture, Philippe Le Sausse, adjoint chargé notamment de la politique portuaire, avait lu son intervention.

Un chantier qui appelle des compétences : 

Dans le message du maire, l’enjeu ne se limitait pas aux ouvrages à construire. L’accueil de cette activité suppose aussi des formations adaptées, des compétences techniques, des logements et une mobilité suffisamment fluide. Avec un chantier appelé à mobiliser de l’ordre d’un millier d’ouvriers, selon les indications données pendant la rencontre, les entreprises locales sont invitées à anticiper les besoins.

Le contre-amiral a ramené cette perspective à une réalité très concrète : derrière la Marine, il y a des infrastructures ; derrière les infrastructures, du « béton et de la ferraille ». Autrement dit, des entreprises, des métiers et des prestations indispensables pour rendre les nouveaux équipements opérationnels.

L’exemple du programme Barracuda, engagé depuis plus de dix ans pour adapter Toulon aux nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque, illustre cette activité parfois peu visible depuis l’extérieur. Les grues ne donnent qu’un aperçu des travaux réalisés et des entreprises mobilisées. Le futur porte-avions doit prolonger cette dynamique, avec des besoins qui s’inscrivent dans la durée.

Un navire plus grand, une base à adapter : 

Le changement d’échelle explique l’ampleur du projet. Les caractéristiques présentées pour le France Libre sont de 78 000 tonnes, 310 mètres de long et 85 mètres de large, avec une capacité annoncée de 40 aéronefs. Le Charles de Gaulle mesure, lui, 261,50 mètres pour un déplacement de 42 500 tonnes.

Les installations existantes ne suffisent donc pas à répondre aux besoins du futur bâtiment. Entre les appontements Milhaud et le port de commerce de Brégaillon, le projet prévoit notamment une forme de radoub de 360 mètres (un bassin permettant de mettre le navire à sec pour son entretien), un quai de stationnement et de maintenance, des bâtiments et des réseaux. Un pont de transit et un nouvel accès à la base navale complètent l’ensemble.

Le calendrier prévisionnel présenté vendredi distingue bien la construction du navire et celle de ses installations d’accueil. Après sa construction à Saint-Nazaire, le porte-avions est attendu à Toulon début 2035 pour la poursuite de son armement, c’est-à-dire son équipement et sa préparation, jusqu’en 2038.

Côté infrastructures, les travaux d’accès et installations de chantier à Brégaillon sont programmés à partir du premier trimestre 2027. Le pont doit ouvrir en 2029. La construction du quai et du bassin s’étend ensuite jusqu’en 2031, puis celle des bâtiments et réseaux jusqu’en 2034, avant la réception et la qualification des ouvrages.

La circulation, une préoccupation immédiate : 

Dans la salle, une question a rapidement ramené ce calendrier au quotidien des Seynois : comment absorber les déplacements liés au chantier alors que certaines artères sont déjà saturées aux heures de pointe ?

Armelle Bourgogne a rappelé que les travaux se situent du côté de Brégaillon. Mais elle a aussi reconnu le lien entre ce secteur et le reste de la commune : une difficulté à Brégaillon peut se répercuter sur le centre-ville.

Selon les explications données, la préparation s’appuie sur les comptages de circulation réalisés avec TPM pour identifier les périodes les plus chargées et organiser les flux. L’objectif est d’éviter que les arrivées et départs des ouvriers, auxquels s’ajoutent les livraisons, se concentrent au même moment. Les approvisionnements doivent privilégier autant que possible la voie maritime, avec également un recours envisagé au ferroviaire.

Les documents présentés prévoient un parking d’attente à l’accès du chantier ainsi qu’un suivi du nombre de véhicules et de leurs temps de passage. Une adaptation de la branche reliant le port de commerce au giratoire de Brégaillon est à l’étude : elle permettrait de disposer de deux voies vers l’anneau, tout en conservant la voie qui le contourne vers la Pyrotechnie.

Pour la phase d’exploitation, le prolongement des lignes de bus BN2 et BN3 jusqu’au terre-plein Milhaud 7, ainsi qu’une nouvelle desserte depuis le sud-ouest par l’accès Brégaillon, doivent également être étudiés. Le maintien de ce quatrième accès à la base navale figure parmi les décisions présentées.

Ces dispositifs visent à limiter la congestion. Leur préparation et leur suivi doivent se poursuivre avec la métropole et la municipalité.

Draguer la rade et protéger l’eau : 

Avant la construction des nouveaux ouvrages, un important travail de désencombrement est déjà engagé dans la rade de Toulon, notamment entre les appontements Milhaud et Brégaillon. Les diapositives font état de 2 150 obstructions cartographiées, avec le retrait d’objets et le renflouement d’épaves. Le volume de dragage envisagé se situe entre 1,2 et 1,8 million de mètres cubes.

Tous les matériaux ne présentent pas les mêmes caractéristiques. La couche superficielle est décrite comme une vase polluée, riche en matière organique ; les couches plus profondes sont annoncées comme moins polluées, voire non polluées. Le projet affiche un objectif de réemploi des sédiments et un volume maximal de 700 000 mètres cubes susceptibles d’être immergés en mer, sous réserve des critères applicables.

Au total, 108 mesures d’évitement, de réduction, de compensation et de suivi sont annoncées. Elles comprennent des dispositifs contre la dispersion des matières en suspension, des précautions particulières pour les sédiments pollués et l’adaptation des opérations aux conditions météorologiques.

La sécurité des fonds a aussi été évoquée à travers l’accident survenu le 18 août 2025 sur le chantier de l’appontement Milhaud 4, qui avait blessé quatre salariés. L’hypothèse d’une ancienne munition avait alors été avancée, sans être établie dans les premières informations publiques. Pendant la rencontre, cet épisode a été présenté comme un rappel de la vigilance nécessaire pour les interventions dans une rade marquée par les bombardements.

Le chantier révèle aussi une histoire oubliée :

Préparer l’avenir de la base navale a également ouvert une fenêtre sur son passé. Les fouilles préventives conduites par l’Inrap ont retrouvé des vestiges sur l’ancienne île de Milhaud, où la Marine royale avait installé un magasin à poudre à la fin du XVIIe siècle. Ce bâtiment, construit entre 1692 et 1695, disposait d’un quai pour les mouvements de poudre entre le magasin et les navires.

Mais les découvertes remontent beaucoup plus loin : les recherches ont mis au jour un établissement antique occupé dès le IIe siècle avant notre ère, antérieur à l’agglomération romaine de Toulon. Les vestiges et le mobilier éclairent notamment les échanges avec la péninsule italique. De quoi renouveler les connaissances sur l’histoire de la rade, bien au-delà de son passé militaire.

Des marchés à anticiper : 

Selon le calendrier annoncé pendant le petit-déjeuner, le choix du titulaire chargé du grand chantier d’infrastructures est attendu en fin d’année. Pour les entreprises du territoire, l’enjeu est de préparer leur positionnement et d’identifier les compétences ou services qu’elles pourraient apporter.

Le contre-amiral a également rappelé que les missions navales ont des effets jusque dans la vie quotidienne. La protection du trafic commercial en mer Rouge, face aux attaques de drones et de missiles, contribue à sécuriser des routes empruntées par les marchandises que nous achetons. La Marine nationale participe à cette protection, notamment dans le cadre de l’opération européenne Aspides.

À La Seyne, les conséquences les plus proches seront celles du chantier : de l’activité à accompagner, des déplacements à organiser et un milieu marin à surveiller. C’est sur ces sujets concrets que les armées, la métropole, la municipalité et les entreprises devront continuer à travailler ensemble.

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Un chantier hors norme, des besoins en compétences et une circulation à organiser : le petit-déjeuner des entreprises, vendredi 2 octobre, a permis de mesurer ce que l’accueil du futur porte-avions France Libre va changer autour de Brégaillon. Pour les acteurs économiques seynois, les perspectives dépassent largement la construction des infrastructures militaires.

Le France Libre ne sera pas construit à La Seyne. Mais son arrivée dans la rade se prépare déjà aux portes de la commune. Vendredi matin, au Casino Joa, le traditionnel petit-déjeuner des entreprises était consacré au porte-avions de nouvelle génération, le PA-NG, et aux aménagements nécessaires à son accueil à Toulon.

Face aux entrepreneurs, le contre-amiral Arnaud Tranchant, commandant de la base de défense de Toulon et adjoint au commandant de l’arrondissement maritime Méditerranée, et Armelle Bourgogne, officier de programme PA-NG et conseillère technique de la Défense, ont présenté les enjeux militaires, économiques et pratiques de cette transformation.

Retenu en début de matinée auprès du préfet du Var, en visite dans les lycées Langevin et Beaussier, Dorian Munoz a rejoint la rencontre dans sa dernière partie. Le maire a expliqué avoir accompagné le représentant de l’État et indiqué que le calme dans les établissements lui avait permis de retrouver les entrepreneurs. À l’ouverture, Philippe Le Sausse, adjoint chargé notamment de la politique portuaire, avait lu son intervention.

Un chantier qui appelle des compétences : 

Dans le message du maire, l’enjeu ne se limitait pas aux ouvrages à construire. L’accueil de cette activité suppose aussi des formations adaptées, des compétences techniques, des logements et une mobilité suffisamment fluide. Avec un chantier appelé à mobiliser de l’ordre d’un millier d’ouvriers, selon les indications données pendant la rencontre, les entreprises locales sont invitées à anticiper les besoins.

Le contre-amiral a ramené cette perspective à une réalité très concrète : derrière la Marine, il y a des infrastructures ; derrière les infrastructures, du « béton et de la ferraille ». Autrement dit, des entreprises, des métiers et des prestations indispensables pour rendre les nouveaux équipements opérationnels.

L’exemple du programme Barracuda, engagé depuis plus de dix ans pour adapter Toulon aux nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque, illustre cette activité parfois peu visible depuis l’extérieur. Les grues ne donnent qu’un aperçu des travaux réalisés et des entreprises mobilisées. Le futur porte-avions doit prolonger cette dynamique, avec des besoins qui s’inscrivent dans la durée.

Un navire plus grand, une base à adapter : 

Le changement d’échelle explique l’ampleur du projet. Les caractéristiques présentées pour le France Libre sont de 78 000 tonnes, 310 mètres de long et 85 mètres de large, avec une capacité annoncée de 40 aéronefs. Le Charles de Gaulle mesure, lui, 261,50 mètres pour un déplacement de 42 500 tonnes.

Les installations existantes ne suffisent donc pas à répondre aux besoins du futur bâtiment. Entre les appontements Milhaud et le port de commerce de Brégaillon, le projet prévoit notamment une forme de radoub de 360 mètres (un bassin permettant de mettre le navire à sec pour son entretien), un quai de stationnement et de maintenance, des bâtiments et des réseaux. Un pont de transit et un nouvel accès à la base navale complètent l’ensemble.

Le calendrier prévisionnel présenté vendredi distingue bien la construction du navire et celle de ses installations d’accueil. Après sa construction à Saint-Nazaire, le porte-avions est attendu à Toulon début 2035 pour la poursuite de son armement, c’est-à-dire son équipement et sa préparation, jusqu’en 2038.

Côté infrastructures, les travaux d’accès et installations de chantier à Brégaillon sont programmés à partir du premier trimestre 2027. Le pont doit ouvrir en 2029. La construction du quai et du bassin s’étend ensuite jusqu’en 2031, puis celle des bâtiments et réseaux jusqu’en 2034, avant la réception et la qualification des ouvrages.

La circulation, une préoccupation immédiate : 

Dans la salle, une question a rapidement ramené ce calendrier au quotidien des Seynois : comment absorber les déplacements liés au chantier alors que certaines artères sont déjà saturées aux heures de pointe ?

Armelle Bourgogne a rappelé que les travaux se situent du côté de Brégaillon. Mais elle a aussi reconnu le lien entre ce secteur et le reste de la commune : une difficulté à Brégaillon peut se répercuter sur le centre-ville.

Selon les explications données, la préparation s’appuie sur les comptages de circulation réalisés avec TPM pour identifier les périodes les plus chargées et organiser les flux. L’objectif est d’éviter que les arrivées et départs des ouvriers, auxquels s’ajoutent les livraisons, se concentrent au même moment. Les approvisionnements doivent privilégier autant que possible la voie maritime, avec également un recours envisagé au ferroviaire.

Les documents présentés prévoient un parking d’attente à l’accès du chantier ainsi qu’un suivi du nombre de véhicules et de leurs temps de passage. Une adaptation de la branche reliant le port de commerce au giratoire de Brégaillon est à l’étude : elle permettrait de disposer de deux voies vers l’anneau, tout en conservant la voie qui le contourne vers la Pyrotechnie.

Pour la phase d’exploitation, le prolongement des lignes de bus BN2 et BN3 jusqu’au terre-plein Milhaud 7, ainsi qu’une nouvelle desserte depuis le sud-ouest par l’accès Brégaillon, doivent également être étudiés. Le maintien de ce quatrième accès à la base navale figure parmi les décisions présentées.

Ces dispositifs visent à limiter la congestion. Leur préparation et leur suivi doivent se poursuivre avec la métropole et la municipalité.

Draguer la rade et protéger l’eau : 

Avant la construction des nouveaux ouvrages, un important travail de désencombrement est déjà engagé dans la rade de Toulon, notamment entre les appontements Milhaud et Brégaillon. Les diapositives font état de 2 150 obstructions cartographiées, avec le retrait d’objets et le renflouement d’épaves. Le volume de dragage envisagé se situe entre 1,2 et 1,8 million de mètres cubes.

Tous les matériaux ne présentent pas les mêmes caractéristiques. La couche superficielle est décrite comme une vase polluée, riche en matière organique ; les couches plus profondes sont annoncées comme moins polluées, voire non polluées. Le projet affiche un objectif de réemploi des sédiments et un volume maximal de 700 000 mètres cubes susceptibles d’être immergés en mer, sous réserve des critères applicables.

Au total, 108 mesures d’évitement, de réduction, de compensation et de suivi sont annoncées. Elles comprennent des dispositifs contre la dispersion des matières en suspension, des précautions particulières pour les sédiments pollués et l’adaptation des opérations aux conditions météorologiques.

La sécurité des fonds a aussi été évoquée à travers l’accident survenu le 18 août 2025 sur le chantier de l’appontement Milhaud 4, qui avait blessé quatre salariés. L’hypothèse d’une ancienne munition avait alors été avancée, sans être établie dans les premières informations publiques. Pendant la rencontre, cet épisode a été présenté comme un rappel de la vigilance nécessaire pour les interventions dans une rade marquée par les bombardements.

Le chantier révèle aussi une histoire oubliée :

Préparer l’avenir de la base navale a également ouvert une fenêtre sur son passé. Les fouilles préventives conduites par l’Inrap ont retrouvé des vestiges sur l’ancienne île de Milhaud, où la Marine royale avait installé un magasin à poudre à la fin du XVIIe siècle. Ce bâtiment, construit entre 1692 et 1695, disposait d’un quai pour les mouvements de poudre entre le magasin et les navires.

Mais les découvertes remontent beaucoup plus loin : les recherches ont mis au jour un établissement antique occupé dès le IIe siècle avant notre ère, antérieur à l’agglomération romaine de Toulon. Les vestiges et le mobilier éclairent notamment les échanges avec la péninsule italique. De quoi renouveler les connaissances sur l’histoire de la rade, bien au-delà de son passé militaire.

Des marchés à anticiper : 

Selon le calendrier annoncé pendant le petit-déjeuner, le choix du titulaire chargé du grand chantier d’infrastructures est attendu en fin d’année. Pour les entreprises du territoire, l’enjeu est de préparer leur positionnement et d’identifier les compétences ou services qu’elles pourraient apporter.

Le contre-amiral a également rappelé que les missions navales ont des effets jusque dans la vie quotidienne. La protection du trafic commercial en mer Rouge, face aux attaques de drones et de missiles, contribue à sécuriser des routes empruntées par les marchandises que nous achetons. La Marine nationale participe à cette protection, notamment dans le cadre de l’opération européenne Aspides.

À La Seyne, les conséquences les plus proches seront celles du chantier : de l’activité à accompagner, des déplacements à organiser et un milieu marin à surveiller. C’est sur ces sujets concrets que les armées, la métropole, la municipalité et les entreprises devront continuer à travailler ensemble.

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