(Rediffusion) À l’occasion de la dixième rencontre autour du neuvième art, organisée par la Ville de Six-Fours et la bédéthèque municipale, Philippe Briones était l’un des invités phares. Parmi la quinzaine de dessinateurs présents, sa table ne passait pas inaperçue : les visiteurs y déposaient… des cassettes VHS.
Et pour cause : l’artiste a travaillé pendant plusieurs années pour les studios Disney, dessinant notamment Megara et les Titans dans Hercules, et participant à la création des longs-métrages Tarzan et Atlantide, l’Empire perdu, entre autres.
Un rêve qu’il porte depuis l’enfance. À 10 ans, il confie à sa mère qu’il est « né dans le mauvais pays », tant son envie de travailler pour Disney semblait lointaine.
« J’ai toujours su que le dessin serait ma vie. Je rêvais de bosser pour Disney, et j’étais passionné de DC Comics et de Marvel, » se souvient-il. Sa toute première bande dessinée ? Un face-à-face entre Hulk et Batman. Deux héros ennemis sur le papier, qu’il croisera pourtant tous les deux dans sa carrière.
Dès son plus jeune âge, Philippe ne lâche jamais ses crayons. À 12 ans, il réalise sa première BD de 46 pages. Il apprend tous les styles graphiques : Tintin, manga, comics… Une adaptabilité qui lui permet, dans sa vingtaine, d’entrer chez Disney.
Marvel à 40 ans : un nouveau chapitre
À l’approche de la quarantaine, un nouveau rêve prend forme : travailler pour Marvel.
« J’ai appelé un ami de l’école des Gobelins pour monter un dossier. Il était chez le dentiste, je ne comprenais rien à ce qu’il me disait… Et puis, plus de nouvelles. Cinq jours après, j’étais persuadé qu’il m’avait oublié. En réalité, il avait parlé de moi autour de lui. Ce même jour, un agent m’a appelé pour une rencontre à New York. Un mois plus tard, je signais chez Marvel. »
Depuis, il reçoit les scénarios en avant-première et dessine les planches en anglais.
Alors, Spider-Man, les X-Men, Batman… des collègues de bureau ?
Il rit : « Non, c’est bien plus que ça : ce sont des potes ! »
Car après Marvel, c’est DC Comics qui vient frapper à sa porte. « Ils cherchaient quelqu’un d’efficace, surtout rapide. C’est rare dans ce métier. J’ai accepté tout de suite. Depuis, je vis un rêve d’enfant. »
Ses conseils pour les artistes de demain
Pour les jeunes générations qui souhaitent marcher dans ses pas, Philippe Briones est clair :
« Ne négligez pas le choix de votre école. Et surtout, exercez-vous encore et encore. »
Selon lui, l’adaptabilité est essentielle :
« À l’époque, tout se faisait sur papier. C’était exigeant, mais formateur. Il faut pouvoir travailler dans toutes les conditions. L’adaptabilité sera votre meilleur allié. »
Un parcours hors du commun pour un artiste complet, humble et passionné, qui continue d’inspirer petits et grands avec ses héros, ses traits de crayon… et son rêve devenu réalité.