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lundi 24 août 2026
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Quand des requins géants étaient pêchés au Brusc

Sept mètres de long, près de 1 600 kilos, un mouton presque entier retrouvé dans l’estomac de l’un d’eux… À la fin du XIXe siècle, d’impressionnants requins sont capturés au large du Brusc. Mais parmi les récits conservés dans la presse de l’époque, l’un dépasse tous les autres. En 1889, l’ouverture de l’estomac d’un squale va faire ressurgir le souvenir d’un terrible naufrage survenu quelques mois plus tôt au large des Embiez.

Un requin et une découverte macabre

Le 15 octobre 1889, l’agitation gagne le port du Brusc. Le patron pêcheur Pierre Roux vient de ramener dans ses filets un requin gigantesque. La prise attire immédiatement les curieux.

Mais lorsque l’animal est ouvert, la curiosité laisse place à l’effroi.

L’Écho d’Oran, reprenant une dépêche envoyée depuis La Seyne, rapporte ce qui est découvert dans son estomac : « Quelle ne fut pas la surprise des personnes présentes en voyant, à l’intérieur de l’estomac, un dauphin (…) un tronçon de cadavre humain allant des reins à la hauteur de la quatrième vertèbre lombaire. »

Les médecins examinent les restes. Selon leurs conclusions, ils appartiennent à un homme adulte dont le corps aurait séjourné longtemps dans l’eau avant d’être avalé par le requin peu de temps auparavant.

Une hypothèse s’impose alors rapidement. Car, sept mois plus tôt, trois marins avaient disparu dans ces mêmes eaux.

Six marins victimes du naufrage

Le 2 mars 1889, une flottille de six torpilleurs quitte Toulon pour participer à des exercices au large de Bandol. Sur le chemin du retour, à hauteur des Embiez, le torpilleur n°102 chavire brutalement.

Les récits publiés à l’époque évoquent une mer formée. Une vague frappe le bâtiment tandis qu’un déplacement de charge sur le pont contribue à son déséquilibre. La presse résume : « Il n’en fallut pas davantage pour le faire chavirer. »

Les autres torpilleurs viennent immédiatement porter secours à l’équipage. Malgré l’intervention des sauveteurs, six marins perdent la vie.

Dans les jours suivants, plongeurs, pontons et remorqueurs participent aux opérations de renflouement. Les scaphandriers retrouvent trois victimes dans la chambre des machines : les quartiers-maîtres mécaniciens Joly et Leheurté, ainsi que l’ouvrier mécanicien Dumarchaix.

Le Petit Troyen décrit les terribles circonstances dans lesquelles l’un d’eux aurait péri : « L’infortuné a dû soutenir une lutte terrible. Il semble avoir péri par le feu, car son visage et ses mains portent de fortes traces de brûlures. »

Les dépouilles sont ramenées au Brusc. L’une d’elles, précise encore la presse, est « enveloppée dans un drapeau tricolore » avant d’être déposée dans la salle des prud’hommes pêcheurs transformée en chapelle.

Après une veillée, les trois hommes reçoivent des obsèques militaires. L’émotion dépasse largement le monde de la Marine. Le Petit Journal du 15 mars raconte que « presque tous les habitants de la ville » ont tenu à participer aux obsèques, avant de conclure : « Le spectacle était des plus émouvants. »

Mais trois des six victimes restent introuvables.

Sept mois plus tard, le requin

C’est ce qui donne une tout autre dimension à la capture du 15 octobre.

Lorsque les restes humains sont découverts dans l’estomac du requin de Pierre Roux, les médecins estiment que le corps est resté plusieurs mois dans la mer. Très vite, le rapprochement est donc fait avec les trois marins du torpilleur n°102 dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

Le tronc humain est recueilli puis inhumé.

Aujourd’hui encore, au cimetière Reynier n°1, une stèle rappelle le sacrifice des six marins morts lors du naufrage du torpilleur n°102.

En 1885, un requin de sept mètres

Aussi spectaculaire soit-elle, la capture de 1889 n’est pourtant pas la première à faire parler du Brusc dans la presse.

Quatre ans auparavant, le 19 mai 1885, L’Avenir de la Mayenne reprend une dépêche du Sémaphore de Toulon consacrée à un autre requin capturé dans une madrague du Brusc.

Et les dimensions annoncées sont impressionnantes : sept mètres de longueur, quatre mètres de circonférence et près de 1 600 kilos.

Le journal décrit « l’un des plus beaux spécimens de la famille des squales » et raconte que « ce monstre marin (…) a pu être ramené (…) sans accident ».

L’ouverture de son estomac réserve, là encore, quelques surprises. Les pêcheurs y découvrent plusieurs quartiers de thons, mais également « un mouton presque entier, dont la chair était toute fraîche et la laine presque intacte ».

Sa présence permet même aux pêcheurs de comprendre pourquoi leurs prises étaient devenues si mauvaises depuis plusieurs jours. Le journal l’explique simplement : « Leur mauvaise fortune s’explique par la présence du monstre capturé ce matin. »

À quatre années d’intervalle, ces deux récits racontent ainsi une facette étonnante de l’histoire maritime du Brusc : celle de requins aux dimensions exceptionnelles capturés tout près de nos côtes.

Et plus d’un siècle après ces prises spectaculaires, une question demeure : de tels géants croisent-ils encore aujourd’hui au large du Brusc ?

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Quand des requins géants étaient pêchés au Brusc

Sept mètres de long, près de 1 600 kilos, un mouton presque entier retrouvé dans l’estomac de l’un d’eux… À la fin du XIXe siècle, d’impressionnants requins sont capturés au large du Brusc. Mais parmi les récits conservés dans la presse de l’époque, l’un dépasse tous les autres. En 1889, l’ouverture de l’estomac d’un squale va faire ressurgir le souvenir d’un terrible naufrage survenu quelques mois plus tôt au large des Embiez.

Un requin et une découverte macabre

Le 15 octobre 1889, l’agitation gagne le port du Brusc. Le patron pêcheur Pierre Roux vient de ramener dans ses filets un requin gigantesque. La prise attire immédiatement les curieux.

Mais lorsque l’animal est ouvert, la curiosité laisse place à l’effroi.

L’Écho d’Oran, reprenant une dépêche envoyée depuis La Seyne, rapporte ce qui est découvert dans son estomac : « Quelle ne fut pas la surprise des personnes présentes en voyant, à l’intérieur de l’estomac, un dauphin (…) un tronçon de cadavre humain allant des reins à la hauteur de la quatrième vertèbre lombaire. »

Les médecins examinent les restes. Selon leurs conclusions, ils appartiennent à un homme adulte dont le corps aurait séjourné longtemps dans l’eau avant d’être avalé par le requin peu de temps auparavant.

Une hypothèse s’impose alors rapidement. Car, sept mois plus tôt, trois marins avaient disparu dans ces mêmes eaux.

Six marins victimes du naufrage

Le 2 mars 1889, une flottille de six torpilleurs quitte Toulon pour participer à des exercices au large de Bandol. Sur le chemin du retour, à hauteur des Embiez, le torpilleur n°102 chavire brutalement.

Les récits publiés à l’époque évoquent une mer formée. Une vague frappe le bâtiment tandis qu’un déplacement de charge sur le pont contribue à son déséquilibre. La presse résume : « Il n’en fallut pas davantage pour le faire chavirer. »

Les autres torpilleurs viennent immédiatement porter secours à l’équipage. Malgré l’intervention des sauveteurs, six marins perdent la vie.

Dans les jours suivants, plongeurs, pontons et remorqueurs participent aux opérations de renflouement. Les scaphandriers retrouvent trois victimes dans la chambre des machines : les quartiers-maîtres mécaniciens Joly et Leheurté, ainsi que l’ouvrier mécanicien Dumarchaix.

Le Petit Troyen décrit les terribles circonstances dans lesquelles l’un d’eux aurait péri : « L’infortuné a dû soutenir une lutte terrible. Il semble avoir péri par le feu, car son visage et ses mains portent de fortes traces de brûlures. »

Les dépouilles sont ramenées au Brusc. L’une d’elles, précise encore la presse, est « enveloppée dans un drapeau tricolore » avant d’être déposée dans la salle des prud’hommes pêcheurs transformée en chapelle.

Après une veillée, les trois hommes reçoivent des obsèques militaires. L’émotion dépasse largement le monde de la Marine. Le Petit Journal du 15 mars raconte que « presque tous les habitants de la ville » ont tenu à participer aux obsèques, avant de conclure : « Le spectacle était des plus émouvants. »

Mais trois des six victimes restent introuvables.

Sept mois plus tard, le requin

C’est ce qui donne une tout autre dimension à la capture du 15 octobre.

Lorsque les restes humains sont découverts dans l’estomac du requin de Pierre Roux, les médecins estiment que le corps est resté plusieurs mois dans la mer. Très vite, le rapprochement est donc fait avec les trois marins du torpilleur n°102 dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

Le tronc humain est recueilli puis inhumé.

Aujourd’hui encore, au cimetière Reynier n°1, une stèle rappelle le sacrifice des six marins morts lors du naufrage du torpilleur n°102.

En 1885, un requin de sept mètres

Aussi spectaculaire soit-elle, la capture de 1889 n’est pourtant pas la première à faire parler du Brusc dans la presse.

Quatre ans auparavant, le 19 mai 1885, L’Avenir de la Mayenne reprend une dépêche du Sémaphore de Toulon consacrée à un autre requin capturé dans une madrague du Brusc.

Et les dimensions annoncées sont impressionnantes : sept mètres de longueur, quatre mètres de circonférence et près de 1 600 kilos.

Le journal décrit « l’un des plus beaux spécimens de la famille des squales » et raconte que « ce monstre marin (…) a pu être ramené (…) sans accident ».

L’ouverture de son estomac réserve, là encore, quelques surprises. Les pêcheurs y découvrent plusieurs quartiers de thons, mais également « un mouton presque entier, dont la chair était toute fraîche et la laine presque intacte ».

Sa présence permet même aux pêcheurs de comprendre pourquoi leurs prises étaient devenues si mauvaises depuis plusieurs jours. Le journal l’explique simplement : « Leur mauvaise fortune s’explique par la présence du monstre capturé ce matin. »

À quatre années d’intervalle, ces deux récits racontent ainsi une facette étonnante de l’histoire maritime du Brusc : celle de requins aux dimensions exceptionnelles capturés tout près de nos côtes.

Et plus d’un siècle après ces prises spectaculaires, une question demeure : de tels géants croisent-ils encore aujourd’hui au large du Brusc ?

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Quand des requins géants étaient pêchés au Brusc

Sept mètres de long, près de 1 600 kilos, un mouton presque entier retrouvé dans l’estomac de l’un d’eux… À la fin du XIXe siècle, d’impressionnants requins sont capturés au large du Brusc. Mais parmi les récits conservés dans la presse de l’époque, l’un dépasse tous les autres. En 1889, l’ouverture de l’estomac d’un squale va faire ressurgir le souvenir d’un terrible naufrage survenu quelques mois plus tôt au large des Embiez.

Un requin et une découverte macabre

Le 15 octobre 1889, l’agitation gagne le port du Brusc. Le patron pêcheur Pierre Roux vient de ramener dans ses filets un requin gigantesque. La prise attire immédiatement les curieux.

Mais lorsque l’animal est ouvert, la curiosité laisse place à l’effroi.

L’Écho d’Oran, reprenant une dépêche envoyée depuis La Seyne, rapporte ce qui est découvert dans son estomac : « Quelle ne fut pas la surprise des personnes présentes en voyant, à l’intérieur de l’estomac, un dauphin (…) un tronçon de cadavre humain allant des reins à la hauteur de la quatrième vertèbre lombaire. »

Les médecins examinent les restes. Selon leurs conclusions, ils appartiennent à un homme adulte dont le corps aurait séjourné longtemps dans l’eau avant d’être avalé par le requin peu de temps auparavant.

Une hypothèse s’impose alors rapidement. Car, sept mois plus tôt, trois marins avaient disparu dans ces mêmes eaux.

Six marins victimes du naufrage

Le 2 mars 1889, une flottille de six torpilleurs quitte Toulon pour participer à des exercices au large de Bandol. Sur le chemin du retour, à hauteur des Embiez, le torpilleur n°102 chavire brutalement.

Les récits publiés à l’époque évoquent une mer formée. Une vague frappe le bâtiment tandis qu’un déplacement de charge sur le pont contribue à son déséquilibre. La presse résume : « Il n’en fallut pas davantage pour le faire chavirer. »

Les autres torpilleurs viennent immédiatement porter secours à l’équipage. Malgré l’intervention des sauveteurs, six marins perdent la vie.

Dans les jours suivants, plongeurs, pontons et remorqueurs participent aux opérations de renflouement. Les scaphandriers retrouvent trois victimes dans la chambre des machines : les quartiers-maîtres mécaniciens Joly et Leheurté, ainsi que l’ouvrier mécanicien Dumarchaix.

Le Petit Troyen décrit les terribles circonstances dans lesquelles l’un d’eux aurait péri : « L’infortuné a dû soutenir une lutte terrible. Il semble avoir péri par le feu, car son visage et ses mains portent de fortes traces de brûlures. »

Les dépouilles sont ramenées au Brusc. L’une d’elles, précise encore la presse, est « enveloppée dans un drapeau tricolore » avant d’être déposée dans la salle des prud’hommes pêcheurs transformée en chapelle.

Après une veillée, les trois hommes reçoivent des obsèques militaires. L’émotion dépasse largement le monde de la Marine. Le Petit Journal du 15 mars raconte que « presque tous les habitants de la ville » ont tenu à participer aux obsèques, avant de conclure : « Le spectacle était des plus émouvants. »

Mais trois des six victimes restent introuvables.

Sept mois plus tard, le requin

C’est ce qui donne une tout autre dimension à la capture du 15 octobre.

Lorsque les restes humains sont découverts dans l’estomac du requin de Pierre Roux, les médecins estiment que le corps est resté plusieurs mois dans la mer. Très vite, le rapprochement est donc fait avec les trois marins du torpilleur n°102 dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

Le tronc humain est recueilli puis inhumé.

Aujourd’hui encore, au cimetière Reynier n°1, une stèle rappelle le sacrifice des six marins morts lors du naufrage du torpilleur n°102.

En 1885, un requin de sept mètres

Aussi spectaculaire soit-elle, la capture de 1889 n’est pourtant pas la première à faire parler du Brusc dans la presse.

Quatre ans auparavant, le 19 mai 1885, L’Avenir de la Mayenne reprend une dépêche du Sémaphore de Toulon consacrée à un autre requin capturé dans une madrague du Brusc.

Et les dimensions annoncées sont impressionnantes : sept mètres de longueur, quatre mètres de circonférence et près de 1 600 kilos.

Le journal décrit « l’un des plus beaux spécimens de la famille des squales » et raconte que « ce monstre marin (…) a pu être ramené (…) sans accident ».

L’ouverture de son estomac réserve, là encore, quelques surprises. Les pêcheurs y découvrent plusieurs quartiers de thons, mais également « un mouton presque entier, dont la chair était toute fraîche et la laine presque intacte ».

Sa présence permet même aux pêcheurs de comprendre pourquoi leurs prises étaient devenues si mauvaises depuis plusieurs jours. Le journal l’explique simplement : « Leur mauvaise fortune s’explique par la présence du monstre capturé ce matin. »

À quatre années d’intervalle, ces deux récits racontent ainsi une facette étonnante de l’histoire maritime du Brusc : celle de requins aux dimensions exceptionnelles capturés tout près de nos côtes.

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Un requin et une découverte macabre

Le 15 octobre 1889, l’agitation gagne le port du Brusc. Le patron pêcheur Pierre Roux vient de ramener dans ses filets un requin gigantesque. La prise attire immédiatement les curieux.

Mais lorsque l’animal est ouvert, la curiosité laisse place à l’effroi.

L’Écho d’Oran, reprenant une dépêche envoyée depuis La Seyne, rapporte ce qui est découvert dans son estomac : « Quelle ne fut pas la surprise des personnes présentes en voyant, à l’intérieur de l’estomac, un dauphin (…) un tronçon de cadavre humain allant des reins à la hauteur de la quatrième vertèbre lombaire. »

Les médecins examinent les restes. Selon leurs conclusions, ils appartiennent à un homme adulte dont le corps aurait séjourné longtemps dans l’eau avant d’être avalé par le requin peu de temps auparavant.

Une hypothèse s’impose alors rapidement. Car, sept mois plus tôt, trois marins avaient disparu dans ces mêmes eaux.

Six marins victimes du naufrage

Le 2 mars 1889, une flottille de six torpilleurs quitte Toulon pour participer à des exercices au large de Bandol. Sur le chemin du retour, à hauteur des Embiez, le torpilleur n°102 chavire brutalement.

Les récits publiés à l’époque évoquent une mer formée. Une vague frappe le bâtiment tandis qu’un déplacement de charge sur le pont contribue à son déséquilibre. La presse résume : « Il n’en fallut pas davantage pour le faire chavirer. »

Les autres torpilleurs viennent immédiatement porter secours à l’équipage. Malgré l’intervention des sauveteurs, six marins perdent la vie.

Dans les jours suivants, plongeurs, pontons et remorqueurs participent aux opérations de renflouement. Les scaphandriers retrouvent trois victimes dans la chambre des machines : les quartiers-maîtres mécaniciens Joly et Leheurté, ainsi que l’ouvrier mécanicien Dumarchaix.

Le Petit Troyen décrit les terribles circonstances dans lesquelles l’un d’eux aurait péri : « L’infortuné a dû soutenir une lutte terrible. Il semble avoir péri par le feu, car son visage et ses mains portent de fortes traces de brûlures. »

Les dépouilles sont ramenées au Brusc. L’une d’elles, précise encore la presse, est « enveloppée dans un drapeau tricolore » avant d’être déposée dans la salle des prud’hommes pêcheurs transformée en chapelle.

Après une veillée, les trois hommes reçoivent des obsèques militaires. L’émotion dépasse largement le monde de la Marine. Le Petit Journal du 15 mars raconte que « presque tous les habitants de la ville » ont tenu à participer aux obsèques, avant de conclure : « Le spectacle était des plus émouvants. »

Mais trois des six victimes restent introuvables.

Sept mois plus tard, le requin

C’est ce qui donne une tout autre dimension à la capture du 15 octobre.

Lorsque les restes humains sont découverts dans l’estomac du requin de Pierre Roux, les médecins estiment que le corps est resté plusieurs mois dans la mer. Très vite, le rapprochement est donc fait avec les trois marins du torpilleur n°102 dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

Le tronc humain est recueilli puis inhumé.

Aujourd’hui encore, au cimetière Reynier n°1, une stèle rappelle le sacrifice des six marins morts lors du naufrage du torpilleur n°102.

En 1885, un requin de sept mètres

Aussi spectaculaire soit-elle, la capture de 1889 n’est pourtant pas la première à faire parler du Brusc dans la presse.

Quatre ans auparavant, le 19 mai 1885, L’Avenir de la Mayenne reprend une dépêche du Sémaphore de Toulon consacrée à un autre requin capturé dans une madrague du Brusc.

Et les dimensions annoncées sont impressionnantes : sept mètres de longueur, quatre mètres de circonférence et près de 1 600 kilos.

Le journal décrit « l’un des plus beaux spécimens de la famille des squales » et raconte que « ce monstre marin (…) a pu être ramené (…) sans accident ».

L’ouverture de son estomac réserve, là encore, quelques surprises. Les pêcheurs y découvrent plusieurs quartiers de thons, mais également « un mouton presque entier, dont la chair était toute fraîche et la laine presque intacte ».

Sa présence permet même aux pêcheurs de comprendre pourquoi leurs prises étaient devenues si mauvaises depuis plusieurs jours. Le journal l’explique simplement : « Leur mauvaise fortune s’explique par la présence du monstre capturé ce matin. »

À quatre années d’intervalle, ces deux récits racontent ainsi une facette étonnante de l’histoire maritime du Brusc : celle de requins aux dimensions exceptionnelles capturés tout près de nos côtes.

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