Derrière les paysages familiers de Six-Fours se cachent des histoires de pêcheurs, de marins, d’ouvriers et de terres cultivées. À l’occasion des Journées du patrimoine, plusieurs rendez-vous permettent de retrouver ceux qui ont travaillé, vécu et parfois disparu sur ce territoire.
Certains lieux ont changé de visage au point de faire oublier leur première fonction. D’autres ont traversé les siècles en conservant une partie de leur identité. De la Collégiale au Brusc, de la Coudoulière à Pépiole, les Journées du patrimoine sont aussi l’occasion de raconter Six-Fours à travers les femmes et les hommes qui l’ont façonnée.
À la Collégiale, la mémoire des marins disparus
À la Collégiale Saint-Pierre, une tradition singulière rappelle combien l’histoire du lieu est liée à celle des gens de mer. Dans une alvéole de l’enceinte se trouvait autrefois ce que l’on appelait le « reliquaire des morts ».
Lorsqu’une personne disparaissait sans que son corps puisse être retrouvé, notamment en mer, la famille pouvait y déposer l’un de ses vêtements. Celui-ci venait symboliquement représenter le défunt absent afin que son âme puisse trouver le repos. Une pratique qui aurait subsisté jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Cette particularité de la Collégiale, parmi d’autres, sera racontée au cours des visites guidées proposées par Antoine Peretti, président des Amis du patrimoine.
Au Brusc, l’héritage des pêcheurs toujours à flot
Quelques kilomètres plus bas, cette histoire maritime ne se raconte plus à travers un vêtement, mais à bord des bateaux eux-mêmes. Au Brusc, l’association Lou Capian entretient et restaure pointus, bettes et barquettes traditionnelles avec une volonté : continuer à les faire naviguer.
Certaines embarcations ont traversé plus d’un siècle d’histoire. C’est le cas du Notre-Dame du Mont-Carmel, construit à Marseille en 1910 pour des pêcheurs siciliens. Au fil des décennies, la barquette a connu plusieurs vies : bateau de pêche, transport de sable ou encore livraison d’huîtres par cabotage. Elle est aujourd’hui devenue le bateau amiral de l’association.
Préserver ces coques anciennes impose toutefois des contraintes particulières. Le bois nécessite un entretien régulier et ces embarcations doivent notamment rester à l’eau. Dans la lagune protégée du Brusc, des mouillages leur sont réservés afin de permettre la conservation de ce patrimoine maritime tout en préservant le milieu naturel.
Pour les Journées du patrimoine, Lou Capian proposera justement au public d’embarquer à bord de ces témoins de l’histoire locale.
À la Coudoulière, sur les traces des ouvriers
Après les pêcheurs et les marins, une autre population a profondément marqué l’histoire de Six-Fours : celle des ouvriers.
Difficile aujourd’hui, en observant le port de plaisance et les résidences de la Coudoulière, d’imaginer le paysage industriel qui occupait autrefois les lieux. L’argile extraite sur place alimentait alors la fabrication de briques et de tuiles.
Au début du XXe siècle, la tuilerie Romain Boyer prend une ampleur considérable et emploie plusieurs centaines d’ouvriers, parmi lesquels une importante main-d’œuvre d’origine italienne. Carrières, fours et bâtiments industriels structurent alors tout le quartier.
Même le port raconte cette histoire ouvrière : bien avant les bateaux de plaisance, il est aménagé pour répondre aux besoins de la tuilerie.
La visite menée par Claude Majastre permettra de confronter photographies et documents anciens au paysage actuel et de retrouver ce qu’il subsiste de cette Six-Fours industrielle.
À Pépiole, bien avant pêcheurs et ouvriers
Pour comprendre l’histoire du territoire, il faut enfin remonter beaucoup plus loin. Autour de Notre-Dame de Pépiole, les recherches archéologiques témoignent d’un espace rural exploité dès l’Antiquité, avec la présence probable d’un domaine agricole romain.
Les visites proposées par Gérard Valentin permettront de découvrir cette histoire ancienne et celle de la chapelle.
L’eau, indispensable à l’exploitation de ces terres méditerranéennes, constitue d’ailleurs un autre fil de l’histoire locale. À l’espace Jules de Greling, une vingtaine de panneaux retraceront son évolution, « de l’aqueduc antique au canal de Provence ».
EN PRATIQUE
Collégiale Saint-Pierre – Visites guidées
Samedi : 9h30-12h et 14h30-17h. Dimanche : 9h30-12h. Avec Antoine Peretti. Navettes gratuites depuis l’espace Adrien-Scarantino, premiers départs à 9h15 et 14h15.
Notre-Dame de Pépiole – Visites guidées
Samedi et dimanche : 15h30-18h. Avec Gérard Valentin. Navettes gratuites depuis le parking du stade Antoine-Baptiste, chemin des Hoirs. Premier départ à 15h15.
Port du Brusc – À la découverte des pointus
Samedi : 10h-13h. Sorties en bateau avec Lou Capian, quai de la Prud’homie.
Maison du Cygne – Sur les pas de la tuilerie Romain Boyer
Samedi : 14h30-17h. Diaporama sur l’histoire de la tuilerie, puis reconnaissance des lieux avec Claude Majastre.
Espace Jules de Greling – « L’eau à Six-Fours, de l’aqueduc antique au canal de Provence »
Du samedi 19 au dimanche 27 septembre : 14h-18h, tous les après-midi. Exposition d’une vingtaine de panneaux avec les Amis du patrimoine.
Maison du Cygne – Danses folkloriques
Dimanche : à partir de 15h. Dans les jardins, avec Lou Raioulet.








