Après la recomposition de l’opposition et l’abandon de l’auditorium de la Villa Simone, déjà évoqués dans Le Petit Varois, le conseil municipal du 21 septembre a réservé d’autres échanges. Nouveaux tarifs à la piscine, mutuelle communale remise en concurrence, avenir de La Vague classique ou encore trampolines de Bonnegrâce : tour d’horizon. La Ville confirme bien la tenue de ce conseil dans ses archives municipales.
À la piscine, un nouveau tarif senior qui rappelle des souvenirs :
À compter du 1er octobre, le plein tarif de la piscine municipale reste fixé à 4 euros. Mais la nouvelle grille présentée par Catherine Cazaux de Palo, adjointe aux Sports, introduit deux tarifs à 2,50 euros : pour les seniors, sur présentation du Pass Senior, et pour les personnes en situation de handicap titulaires d’une carte d’invalidité.
À l’oral, l’adjointe a également précisé que la municipalité souhaitait permettre aux policiers, pompiers et jeunes sapeurs-pompiers de venir s’entraîner gratuitement à partir de 7 h 30. La délibération prévoit, elle, que les conditions de cet accès gratuit seront encadrées par une convention.
Mais c’est le Pass Senior qui a provoqué une petite passe d’armes. Patrick Perez, ancien vice-président du CCAS sous la précédente municipalité, a trouvé à la mesure un air de déjà-vu. En substance, l’élu d’opposition a demandé si la nouvelle majorité avait élaboré le dispositif avec ses équipes ou si elle avait retrouvé l’idée dans les « tiroirs » du CCAS.
Frédéric Boccaletti, maire de Six-Fours, lui a répondu avec le sourire, assumant de reprendre les projets qu’il estime intéressants : « Tout ce qui est bon, je garde. » Une façon d’assumer une certaine continuité sur les dossiers jugés pertinents malgré le changement de majorité.
Toujours sur le volet sportif, la commune va également travailler avec la Maison Sport Santé 83. Une permanence mensuelle sans rendez-vous doit notamment être organisée au CCAS, avec information, bilan de forme et orientation. Deux cycles de CAP Sport Santé sont également prévus entre octobre 2026 et juin 2027, avec des séances gratuites d’activité physique adaptée destinées en priorité aux personnes fragiles, sédentaires, atteintes de maladies chroniques ou éloignées de la pratique sportive.
La mutuelle communale remise en concurrence
Autre changement : la mutuelle communale. Jusqu’ici, le dispositif reposait sur un partenariat avec EMOA Mutuelle du Var. La nouvelle municipalité a décidé de lancer un nouvel appel à partenariat.
Lors du conseil, le maire Frédéric Boccaletti a estimé que l’offre n’avait pas été suffisamment réévaluée au fil des années. Son raisonnement : à partir du moment où une commune s’engage dans un dispositif de mutuelle communale et lui apporte sa visibilité, les habitants doivent pouvoir bénéficier d’avantages suffisamment intéressants.
Le partenariat est donc remis en concurrence. Cela ne signifie pas qu’EMOA soit définitivement écartée : la mutuelle pourra de nouveau candidater, mais elle ne bénéficie plus automatiquement du partenariat avec la commune.
Le nouveau dispositif devra être accessible, de manière facultative, à tous les Six-Fournais, sans condition d’âge ni de ressources, sur justificatif de domicile. La Ville ne sera ni assureur, ni souscripteur, ni financeur : elle jouera un rôle de facilitateur et de relais d’information. Parmi les objectifs affichés : améliorer l’accès aux soins et proposer des tarifs compétitifs.
30 000 euros pour trois concerts : la culture relance le débat
C’est sur la culture que les échanges ont été les plus nourris. La municipalité a choisi d’accorder 30 000 euros à l’association Sacrée Musique pour trois concerts : des polyphonies corses le 6 novembre, du gospel le 4 décembre et des chœurs d’enfants le 12 décembre, à l’occasion de l’ouverture du marché de Noël.
Sandra Kuntz, pour le groupe d’opposition Notre énergie pour Six-Fours, a interrogé la majorité sur le montant engagé et sur la place réservée aux artistes du territoire. Corse, Alsace, Paris : l’élue a souligné que les artistes programmés ne pouvaient, selon elle, être qualifiés de talents locaux. Elle a également questionné le modèle économique, évoquant une billetterie susceptible de générer autour de 10 000 euros de recettes qui seraient conservées par l’association.
La discussion a rapidement dérivé vers La Vague classique, dont l’édition 2026 a été maintenue jusqu’à son terme mais qui ne sera pas reconduite sous cette forme.
Frédéric Boccaletti a expliqué avoir tenu à honorer les engagements déjà pris par la précédente municipalité et à laisser se dérouler la programmation engagée. Une continuité qui a toutefois nécessité, selon lui, des dépenses supplémentaires.
Le maire conteste surtout la manière dont le coût de La Vague classique était jusqu’alors présenté. Selon lui, aux sommes directement consacrées à la manifestation venaient s’ajouter d’autres dépenses : bons de commande, déplacements, hébergements, communication ou encore moyens municipaux mobilisés autour de l’événement. Il a notamment affirmé qu’une nuitée pour un artiste avait dépassé 790 euros et évoqué la mobilisation de personnel municipal pour assurer la promotion de la manifestation, citant notamment le déplacement d’une agente de la mairie à Aix-en-Provence pour distribuer des flyers.
Pour le maire, ces dépenses doivent être intégrées au bilan global afin de comparer les dispositifs sur une même base. Il a annoncé qu’un bilan plus complet serait présenté ultérieurement, estimant qu’il existe un écart entre certains chiffres avancés autour de La Vague classique et les dépenses réellement supportées par la collectivité.
Pas question pour autant, a-t-il insisté, de remettre en cause le principe du financement public de la culture. Sans soutien des collectivités, certaines manifestations culturelles pourraient tout simplement disparaître. Mais concernant Sacrée Musique, Frédéric Boccaletti assure que le cadre sera différent : la participation municipale sera limitée, selon lui, aux 30 000 euros votés pour les trois concerts, sans dépense supplémentaire à la charge de la Ville.
Les trampolines de Bonnegrâce vont-ils devoir bouger ?
Un dernier échange a concerné un élément bien connu du paysage de Bonnegrâce : les trampolines installés sur la plage depuis plusieurs décennies. La municipalité avait déjà annoncé cet été que l’activité ne serait pas reconduite à son emplacement actuel à l’issue de l’autorisation en cours, tout en envisageant une installation similaire sur un autre site.
Lors du conseil, l’attachement d’une partie des Six-Fournais à ces trampolines et leur présence de longue date à Bonnegrâce ont de nouveau été avancés. La possibilité de consulter les habitants sur leur devenir a notamment été évoquée.
Le maire Frédéric Boccaletti a écarté cette possibilité, estimant qu’une municipalité ne pouvait pas organiser une consultation à chaque décision d’aménagement. Il a cité le précédent de la consultation organisée autour du retour des concerts au Gaou, tout en présentant ce dossier comme une situation particulière plutôt que comme une méthode destinée à être appliquée systématiquement.








