Une voie de circulation supprimée pendant trois mois pour tester un nouvel équilibre des mobilités
La Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) vont lancer, à partir du 17 juin, une expérimentation de piste cyclable bidirectionnelle sécurisée sur l’avenue de la République. Long de 800 mètres, l’aménagement doit relier les itinéraires cyclables existants entre la base navale et le secteur de Mayol, tout en renforçant la sécurité des usagers du vélo.
Pour permettre son installation, l’avenue passera temporairement de quatre à trois voies de circulation. La voie supprimée sera celle située dans le sens ouest-est, en direction de Mayol. La mise en service de la piste est prévue à la mi-juillet.
Ce choix intervient sur l’un des axes les plus stratégiques de Toulon. L’avenue de la République assure en effet l’accès à l’Arsenal, au port de commerce, aux parkings Mayol, Lafayette et Facultés, tout en accueillant les transports en commun et un important trafic lié aux ferries.
« C’est un projet auquel je tiens beaucoup », a déclaré la maire de Toulon, Josée Massi. «Notre priorité, c’est la sécurité des cyclistes. »

Une expérimentation en conditions réelles
La municipalité a choisi de tester ce nouvel aménagement pendant trois mois avant de dresser un bilan à l’automne.
« Il y a trois mois de test. On fera le point en octobre », a indiqué Josée Massi.
Cette période d’observation permettra d’évaluer l’impact du dispositif dans plusieurs situations : à la fin de l’année scolaire, durant la période estivale marquée par l’afflux des passagers des ferries vers la Corse, à la rentrée de septembre puis lors d’une période de fonctionnement plus classique.
« Pourquoi des travaux maintenant ? Ça va nous permettre de voir les conditions de circulation à la fois pendant l’été, avec les passagers de la Corse, à la rentrée scolaire et en période normale », a expliqué la maire.
L’expérimentation vise notamment à mesurer les conséquences sur la circulation automobile, la cohabitation entre les différents modes de déplacement et l’évolution des usages du vélo en centre-ville.
Pour accompagner le dispositif, des adaptations sont prévues sur plusieurs arrêts de bus, notamment à la Préfecture maritime, à la Station maritime, au Cours Lafayette et à Mayol. La Ville annonce également un encadrement renforcé des livraisons ainsi qu’une mobilisation de la police municipale afin de préserver la fluidité du trafic.
Un projet réclamé depuis près de vingt ans :
L’annonce a été saluée par l’association Toulon Var Déplacements, qui milite depuis de nombreuses années pour la création d’un itinéraire cyclable sécurisé sur cet axe.
« Bravo à Madame le maire qui a eu le courage de faire ce projet qu’on réclame depuis vingt ans », a déclaré Maurice Franceschi, président de l’association.
Pour la municipalité, cette expérimentation s’inscrit dans une politique plus large de développement des mobilités douces. Albert Tanguy, adjoint au maire chargé du dossier, a rappelé que cet aménagement vise également à favoriser les déplacements à vélo tout en contribuant à la réduction de la pollution et des nuisances sonores.
Des échanges ont par ailleurs été menés en amont avec des commerçants, des associations et des représentants des comités d’intérêt local.
Si des ajustements pourront être réalisés à l’issue de la phase d’essai, Josée Massi a réaffirmé sa volonté de voir aboutir le projet : « Il y a trois mois de test. Mais la piste bidirectionnelle se fera, quoi qu’il arrive. »
Pourquoi la piste sera aménagée côté ville ?
Le choix de l’implantation a également été guidé par des considérations paysagères. La municipalité a retenu le côté ville de l’avenue plutôt que le côté port afin de limiter l’impact sur les palmiers qui bordent la promenade. « Si on avait choisi de faire cela côté port, il aurait fallu transplanter 45 palmiers, contre seulement trois côté ville », a expliqué Josée Massi. La maire souligne également le caractère réversible de l’opération. Si des ajustements devaient être réalisés à l’issue de l’expérimentation, leur coût est estimé à environ 500 000 euros. « C’est peu coûteux et réversible. Mais la piste bidirectionnelle se fera, quoi qu’il arrive », a-t-elle assuré.













