Pour soutenir l’association Autisme PACA, régie par la loi 1901, et contribuer à changer le regard sur les troubles du neurodéveloppement, un après-midi dansant est organisé le dimanche 30 mars à l’espace Malraux.
Au programme, une ambiance festive et intergénérationnelle : le groupe Love Accord interprétera les plus grands classiques de la chanson française, invitant le public, petits et grands, à venir danser.
Les élèves du studio de danse IDC, parmi lesquels Gabrielle Priolio, Miss Agricole 2025, proposeront également une initiation à la danse, accessible à tous les niveaux.
Pour les plus gourmands, une buvette sera installée avec gâteaux et crêpes maison, préparés par les parents d’enfants autistes, afin de joindre la convivialité à la solidarité.
Jean-Marc Bonifay, fondateur de l’association (voir article ci-contre), ainsi que les membres d’Autisme PACA, seront présents pour accueillir le public, échanger et faire connaître leurs actions.
📅 Dimanche 30 mars
🕑 À partir de 14h
📍 Salle Malraux
🎟️ Entrée : 15 €
📞 Réservations : 06 31 92 80 86
Haut Potentiel, bas bruit :
Jean-Marc Bonifay est un autiste diagnostiqué sur le tard. De son enfance, il n’a gardé en mémoire aucun visage de ses camarades ; en revanche, il peut décrire dans les moindres détails les objets qui se trouvaient dans sa classe.
À huit ans, au lieu de jouer avec les autres enfants pendant la récréation, il traîne partout un carnet. Il y dessine des cathédrales : sa passion pour les édifices religieux est totale.
On le dit étrange, mais à ses yeux, ce sont les autres qui le sont.
Au détour d’une conversation, il lui arrive d’être surpris en voyant son interlocuteur se vexer ou « prendre la mouche ». Pour « mettre un filtre » entre lui et les autres, il garde parfois ses lunettes de soleil sur les yeux.
« Je n’ai aucune habileté sociale, il y a des choses que je ne comprends pas. Certains gestes du quotidien me sont impossibles, comme faire la bise. Mais cela ne signifie pas que je souhaite être impoli ou que je suis méchant. »
En France, avant les années 2000, la compréhension de l’autisme était très limitée.
On pensait alors que ce trouble neurodéveloppemental s’accompagnait obligatoirement de mutisme, d’un manque d’intelligence ou d’une forme de naïveté.
C’est faux.
Jean-Marc Bonifay, lui, avait un haut potentiel intellectuel, mais aussi, étrangement, au milieu de ses pics de compétences, des zones de déficience.
Il faudra attendre ses 35 ans, lorsqu’il consulte pour son fils — qui ne communique pas durant ses premières années— pour qu’un médecin lui apprenne que l’enfant est autiste… tout comme son père.
Le couperet tombe, et son monde se rétrécit.
« Il y a une espèce de honte sociale. Que je ne ressens pas moi-même, mais que les autres m’expliquent. On est différent, et on se retrouve seul. »
Il y a 17 ans, il crée l’association Autisme PACA, avec un premier objectif : permettre aux enfants autistes qui le peuvent d’être scolarisés, plutôt que placés d’office en hôpital psychiatrique.
Il multiplie les manifestations, les passages à la télévision, de France 2 à Canal+.
Il organise, avec l’aide de bénévoles, des congrès nationaux, sensibilise plus de 3 000 professionnels à l’autisme, et apporte son écoute aux familles qui viennent d’apprendre la nouvelle.
Un jour, un ministre l’appelle même chez lui pour parler de son combat.
En 2023, il est fait chevalier de l’Ordre national du Mérite.
Il est le seul homme autiste à avoir reçu cette distinction.
« Je suis quelqu’un qui a un esprit didactique. Ce travail, on le fait à plusieurs. Heureusement que j’ai des bénévoles investis avec moi, car selon le problème, je ne peux apporter aucune solution. Je ne sais pas, par exemple, comment consoler les gens. Nous faisons ce que nous pouvons avec nos moyens. »
📍 À venir : 🧩 Prochain congrès sur l’autisme – Vendredi 25 avril, Salle de la Guicharde, Sanary Gratuit.
💃 Après-midi dansant solidaire – Dimanche 30 mars, à partir de 14h, Salle Malraux
🎟️ Entrée : 15 € – Réservations au 06 31 92 80 86